PRÉFACE
bilier et du costume qui sont des éléments indispensables de la composition.
Nous n’avons pas la prétention d’avoir tout dit, mais nous avons essayé d’ouvrir les yeux et l’esprit de l’élève et de le mettre à même de trouver tout seul, par déduction, les choses que nous ne lui dirons pas.
G’est là, à notre avis, le but que doit se proposer celui qui enseigne : faire voir, faire penser, aiguiser, s’il se peut dire, le cerveau de l’élève, provoquer ses recherches et lui donner les moyens en même temps que le désir de s’instruire tout seul.
Il n’y a plus aujourd’hui à plaider la cause du dessin ; cette étude, reléguée naguère au rang d’art d’agrément, occupe maintenant la place qui lui convient ; on apprend à l’enfant à dessiner comme on lui apprend à lire et à écrire, non pas que l’on veuille faire de tous des artistes, ce qui serait un but ridicule et un résultat fâcheux, mais, parce que faire dessiner l’enfant est un des meilleurs moyens de développer en lui le sens de l’observation et l’esprit d’analyse, et de le forcer à se rendre compte de ce qu’il voit; parce que celui qui sait dessiner possède une langue de plus, langue la plus claire, la plus précise, et comprise de tous; parce que enfin l’objet que l’on a dessiné se grave dans la mémoire d’une manière ineffaçable, et que la connaissance des formes peut devenir, dans la plupart des circonstances de la vie, un avantage de premier ordre.
Et maintenant, nos pères, qui n’avaient pas apprécié à sa juste valeur le côté utile du dessin, avaient-ils tort d’en faire un art d’agrément? Oh! que non pas! Dessiner est une des sources les plus pures de la joie intellectuelle. Rien n’est plus attrayant que cette prise de possession d’un objet qui consiste à le dessiner, à en saisir d’abord l’aspect d’ensemble, puis petit à petit en fouiller du crayon tous les détails, en faire comprendre les parties cachées et à résumer enfin tout cela dans une large synthèse. Et encore, ne double-t-on pas le plaisir du voyage en prenant des croquis des pays que l’on parcourt, croquis que plus tard, au logis, on reverra avec tant de plaisir et qui vous feront revivre des jours si vite envolés?
Mais il est temps de finir ce trop long préambule et d’entrer dans le