PLANCHE II
Fig. i, 2, 3, 4 : Radis. — 6, 7, 8, 9. io. — Lignes ondulées : 11, 12, ij 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20. — Feuilles naissantes dfe bourgeons et pétales demi-ouverts de (leurs. — 2t, 22. — Disposition du Céleri sur la tige : 23, 24, 25, 26, 27. — Chicorée frisée : 28. — Aconit, servant de couronnement au Pinacle 9, dont on peut voir la disposition des feuilles cotylédonées à la base, ainsi que les feuilles caulinaires qui ferment la branche couronnée par la fleur : 29. Agrafes lormées de feuilles cotylédonées, disposition très heureuse d'appui de balcon.
LE MONITEUR DU DESSÏN
des feuilles de Ruprich-Robert, l’étude des manuscrits et des dessins sur étoffes, complète avec Sédille.et les céramistes la manifestation de 1889.
Avec les dessinateurs d’affiches et la fondation de l’école de la rue Vavin, inspirée et soutenue par les dessinateurs du Livre, une protestation s’est produite, encouragée par les expositions et iesconcours organisés par les écoles d’art, les sociétés, les grands magasins. Nous avons vu et nous voyons encore des coteries d’écoles se former, conspuant par un silence offensant plus traître que l’anonymat, ou stigmatisant l’œuvre ou l’artiste par les phrases consacrées (d’artiste incompris de synthèse d’un style inanalysable). Le professionnel qui fait de la critique d’art n’a pas de ces subtilités, c’est la coterie des rats de Bibliothèques qui écrit ainsi, et non le journal spécial d’architecture, celui qui recherche au contraire ceiix qui ont donné au bâtiment d’aujourd’hui l’échelle de mouluration ample qui appartient à la pierre, échelle si bien appliquée dans les nouveaux Palais et comprise par tous ceux qui voudraient y voir inscrits les noms des Sédille, des Garnier, des Vaudremer, etc.
Il y a, Dieu merci ! une pléiade d’architectes qui saura bien s’opposer par leurs œuvres à la vague art nouveau, qui s’annonce en renversant tous les ordres. Il est temps que les architectes s’aperçoivent du trop d’importance donné dans les écoles d’architecture aux cours de modelage. Nous comprenons que l’élève architecte apprenne à modeler assez pour se rendre compte d’une forme que le plan seul ne peut compléter, mais on ne pourra remplacer l’ornemaniste spécial, qui a, dix fois plus d’expérience en la matière en raison du travail de vingt architectes différents pour lesquels il collabore, par un Monsieur qui a fait dans l’atelier des travaux d’amateur avant de devenir architecte, et qui rélègue notre corporation au métier de casse-cailloux. Si on le veut ainsi, les cours de composition d’ornement et de son histoire, les motifs détachés d’étude d’architecture, de plante ornementale, etc., tout cela n’a plus de raison d’être, c’est vers la fermeture des écoles, des
bibliothèques et des musées qu’on se dirigeà grands pas.
Un ornemaniste du temps de Richelieu égaré au xxe siècle et s’inspirant de l’architecture monumentale en se fourvoyant apparemment au point de confondre dimensions avec proportions dans la moulure,, en rompant les horizontales et les verticales si ennuyeuses des boîtes à loyer, supprimant les consoles à coussinet, le§ tailloirs des chapiteaux qui ne supportent rien, et remplaçant tout cela par des bandes ou armatures qui ne sont ni clouées, ni supportées, courant de haut en bas et sur toutes les longueurs des façades, appliquées sur des nus ondulés (Louis XV) art nouveau; interrompant les ressauts et les croisements de. moulure par des ornements agrafés et par une nouvelle idée de pénétration, qui n’a rien du fondu au feu ni du bas-relief; des feuilles cotylédonaires et de la chicorée, tout cela est de l’art nouveau. Tel est l’architecte Schœllkopf, telles sont ses façades. La dernière faite à Paris, boulevard Berthier, en forme de poupe de galère d’opéra-comique avec ses sabords, ses Dauphins et ses rocailles, exprime un sentiment, une idée symbolique bien nouvelle. Nous voulons croire que l’architecte artiste, mettant un frein à son architecture protestataire, voudra bien, pour le prochain siècle, et avec le talent qu’il a, il le peut, se rapprocher de la famille.
Qu’il examine les éléments nouveaux que nous avons relevés dans ses façades, qu’il en diminue l’échelle, et en relevant suivant son tempérament dans les œuvres de ses collègues, en se solidarisant comme jadis les architectes de la renaissance rouennaise (1), il aura sa place marquée dans les précurseurs de l’art nouveau français. H. Despois de Folleville.