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DES PERSPECTIVES ET PROJECTIONS

(. Premier article.)

Dans le numéro d’octobre dernier, M. Aimé Pinault nous a donné un essai de classification des tracés scénographiques qui me paraît nouveau, comme nous l'affirme du reste l’auteur de l’article; dans son aperçu historique fort intéressant, il nous fait remarquer que, contrairement à une idée un peu trop étroite, ce que l’on est convenu d’appeler la perspective n’est pas une annexe de ce qui se nomme la Géométrie Descriptive, mais constitue au contraire le point de départ de cette- dernière. Pour ma part, je considère ceci comme une chose acquise, et l’on peut voir, par un article paru dans le Moniteur de juillet 1898, comment l'on arrive à passer aisément d’un système projectif à l’autre ; il est curieux de se rendre compte des raisons qui peuvent motiver cette façon de voir plus rationnelle. Comme le dit fort bien M. Pinault , la .Géométrie descriptive repose essentiellement sur la projeclion orthogonale, ainsi l’a voulu Monge son créateur; il est assez naturel qu’il en fût ainsi, car ce dernier avait surtout en vue de ramener les méthodes de trait (charpente, coupe des pierres, topographie) à un même point de départ théorique, se souciant peu de la perspective qui semblait plus spécialement réservée aux artistes. La codification des tracés connus antérieurement manquait donc de généralité.

Monge lui-même devait s’en apercevoir, et ses dernières leçons à l’École normale, leçons éditées après sa mort, nous présenteront une théorie de la perspective, celle-ci dérivée, bien entendu, des principes de sa Géométrie descriptive, dont la base est, nous l’avons vu, la projection orthogonale.

Depuis Monge, la géométrie s’est enrichie

d’une mine fort importante ; celle qui a pour base la projection polaire ou conique, et nous fait connaître, grâce surtout à Poncelet, les propriétés projectives des figures ; il y a donc lieu de retourner l’ordre actuel et.de généraliser comme il convient, en débutant par le trait de la projection conique.

J’ai pensé qu’il pouvait être intéressant de compléter l’article de M. Aimé Pinault en plaçant ici en parallèle et dans leur ordre normal les problèmes fondamentaux des tracés perspectifs ou projectifs le plus communément employés. Précisons tout d’abord les deux points importants qui suivent :

i° En résumé, projeter un corps ou faire sa perspective sur un plan (je laisse de côté la projection sur toute autre surface ), c’est imaginer une série de droites ou projetantes assujetties à une loi particulière et simple, c’est déterminer leur intersection avec le plan ,ou surface du dessin, c’est réunir convenablement les traces ainsi obtenues pour en créer la projection ou perspective de l’objet, son image figurative et conventionnelle.

Autant de lois imaginées pour le mouvement des lignes projetantes, autant de systèmes perspectifs et projectifs.

20 Pour que notre dessin ait une utilité pratique, il faut que nous puissions retrouver sur l’image figurative les dimensions réelles du corps de l’espace, de façon â réaliser ce dernier matériellement : nous allons, montrer, en passant du cas général aux cas particuliers, que la même méthode graphique nous donnera satisfaction dans les divers systèmes adoptés de façon à peu près générale.

Nous ne retiendrons ici que les trois cas consacrés pàr une pratiqùe’dë plûsîeurs siècles, et nous examinerons dans notre deuxième article la projection conique ou perspective centrale , 1 et la projection cylindrique oblique ou perspec-1 tive cavalière.

( A suivre .)

F.-J. Pillet.

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Table des Matières

TABLE DES MATIÈRES

5e année : du 15 Avril 1901 au 15 Mars 1903

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