‹ Le dessin pratique pour tousChapitre 203 sur 207 · SUR LA LEÇON DE DESSIN · texte numérisé non relu

SUR LA LEÇON DE DESSIN

Nous ferons connaître, pour terminer, l’impression particulière du jury sur chacune des catégories de leçons.

Les leçons de géométrie pratique sont généralement les mieux réussies. Toutefois les applications ne sont pas toujours bien préparées, ni bien personnelles; sous ce rapport la faculté d’invention et le goût font un peu défaut.

Le dessin géométral laisse à désirer. Les aspirants perdent leur temps à expliquer des choses insignifiantes, au détriment des constructions qui sont la partie importante de la leçon. Ils sont hésitants : on sent qu’ils ne sont pas suffisamment préparés, qu’ils sont imparfaitement au courant des conventions de ce genre de dessin. Ils paraissent avoir peu pratiqué eux-mêmes croquis et mise au net.

Le défaut caractéristique des leçons de perspective exacte , c’est le. manque de méthode et d’assurance. Sans doute, on saî-t

Conseils aux condidats sur la leçon de dessin

mettre en perspective un solide d’après son géométral, même avec amplification du tableau; mais les tracés sont mécaniques, ils procèdent trop souvent de règles empiriques, leur justification ne se fait pas ou est insuffisante. Cela tient à ce que les connaissances théoriques préliminaires ne sont pas méthodiquement établies dans des leçons antérieures; il semble qu’on ne voit pas les diverses étapes à franchir pour passer des généralités, des principes, au but final. Ainsi, on ne sait pas, d’une démonstration faite à l’aide d’un dessin théorique simple, déduire les notions relatives au plan et à la ligne d’horizon, la propriété fondamentale des droites parallèles entre elles et par suite les perspectives des droites parallèles entre elles et par suite des droites de front (horizontales et verticales), des perpendiculaires au tableau, des horizontales à 45 degrés sur le tableau. La méthode du double point de fuite n’apparaît pas bien comme méthode générale pour la construction de la perspective d’un point. On ne sait pas utiliser au début, pour les problèmes élémentaires (perspective du carré, du cercle, d’une figure quelconque située sur le géométral, etc.), les constructions au-dessous de la ligne de terre dans l’hypothèse du géométral amené dans le prolongement du tableau par une rotation d’arrière en avant autour de cette ligne. La théorie des trois échelles est connue pratiquement, mais elle n’est pas raisonnée; on ne se rend pas compte qu’elle constitue une méthode générale pour la détermination de la perspective d’un point de l’espace, défini par 'ses distances à trois plans rectangulaires deux à deux, distances qui se mesurent sur trois axes rectangulaires issus d’un même point choisi à volonté (base du tableau, vertical et perpendiculaire au tableau). On arrive ainsi à s’affranchir de toute construction graphique au-dessous de la ligne de terre, en empruntant les éléments du tracé aux figures géométrales de l’objet.

Les leçons qui sont l’objet des critiques les plus graves sont celles de perspective à vue. Il est à croire que la plupart des candidats ignorent réellement ce mode de représentation des objets. Ils s’égarent en

des considérations théoriques qui épuisent le temps imparti à la leçon et finissent toujours par appliquer les tracés de la perspective géométrique. Il est donc indispensable d’attirer d’une façon spéciale l’attention des candidats sur ce point.

Pour le jury :

Le Président de la Commission , Paul Colin,

Inspecteur général .

[A suivre .)

Académie des Beaux-Arts. — Par suite de son entrée en loge pour le concours du grand prix de Rome (peinture), JfUu Alice Rondelay, élève de M. Humbert, a droit au prix Léon Berteaux, 200 francs, décerné pour la première fois en 1905.

Ce prix a pour origine la donation entre vifs, faite à l’Académie des Beaux-Arts, à la date du 7 juillet 1903, par M. et Mme Léon Berteaux, statuaires, d’un litre de rente de 200 francs destiné à la création d’un prix annuel, de même somme, à décerner à l’élève femme, sculpteur ou peintre, qui sera admise à monter en loge pour le concours du grand prix de Rome, soit en peinture, soit en sculpture.

Nomination de M. Gustave Michel. — Par

arrêté ministériel en date du 9 mai 1905, pris sur la présentation du conseil supérieur de l’enseignement des beaux-arts, M. Gustave Michel , statuaire, a été nommé, sur la proposition du sous-secrétaire d’Etat des beauxarts, professeur de modelage aux cours du soir de l’Ecole nationale des beaux-arts, en remplacement de M. Injalbert, appelé à d’autres fonctions.

Nous adressons toutes nos félicitations à notre sympathique et distingué collaborateur .

Page 1