CHAPITRE XVI
MYOLOGIE
Tout le monde connaît ces masses charnues qui adhèrent aux os et qui, sous le nom de viande, se vendent dans les boucheries. Ces masses sont là divisées en morceaux plus ou moins gros. Les os rencontrés sont coupés à l’aide de la scie, et les morceaux de viande ainsi apprêtés montrent dans leur coupe de petites séparations blanchâtres qui limitent des portions de chair de formes diverses. Ces séparations se prolongent dans la profondeur de la viande et sont souvent très résistantes.
Si, au lieu de découper la viande en vue de la boucherie, on suit avec soin ces séparations ; si l’on isole les portions de chair les unes des autres pour aller reconnaître les points où chaque portion est fixée à l’os, on a fait de la dissection. Les portions de chair ainsi séparées sont les muscles. Les muscles sont composés de fibres contractiles maintenues dans une enveloppe appelée aponévrose, et adhèrent généralement à l’os par un tendon plus ou moins long et inextensible. Quand, sous l’action des nerfs, partis du cerveau ou de la moelle épinière, la masse fibreuse d’un muscle entre en contraction, ce muscle se raccourcit, tire sur les tendons inextensibles par lesquelles il se termine, et par conséquent rapproche les pièces osseuses entre lesquelles il est situé. Les fibres, pour se raccourcir, forment une sorte de zigzag qui augmente leur épaisseur; il s’ensuit qu’en devenant plus court un muscle en action devient plus gros que quand il est au repos.
Si vous voulez soulever une barre de fer par un bout et en appuyant le coude au niveau de la barre de fer, vous aurez une peine infinie ; si au contraire vous prenez cette barre vers son milieu et que vous placiez votre bras au-dessus, vous enlèverez facilement le fardeau. Nous verrons que, conformément à cette loi, les muscles ont d’autant plus de force qu’ils agissent sur l’os dans une partie voisine de son milieu, et qu’ils ont leur point d’appui en surplomb.
La plupart des apophyses que nous avons étudiées ont pour effet d’éloigner 'le point d’appui d’un muscle de l’os sur lequel il doit agir, et par conséquent d’augmenter la force de ce muscle.