‹ Le Deuxième centenaire de l'érection du diocèse de QuébecChapitre 21 sur 114 · XXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVI INTRODUCTION

ù longtemps, si coiirageusemeiU et sous tant de formes; ce n'est pas en vain que nos compatriotes^ pionniers de la foi, ont parcouru le désert, que nos missionnaires, à l'heure présente, évangélisent Les nations de T Occident et peuvent se dire comme au temps des Brébeuf et des Lallemaiit avec un saint et noble orgueil : Ge&ta Dei per Francos ! »

Le temps a marché ; il a amené bien des changements. Cependant en toute sincérité, nul ne saurait penser que les motifs de douter de notre avenir se soient accrus, et que nos espérances ne soient pas aussi intimement liées qu'elles Tétaient alors, aux destinées du catholicisme.

La Louisiane a subi depuis, de bien terribles épreuves. Les séductions de son climat, les effets énervants de l'esclavage, les rapports de ses riches planteurs avec la société européenne, avaient déposé dans son sein des germes de faiblesse qui ont dû contribuer à ses malheurs ; malgré cela le courage qu'elle a montré dans la lutte a justifié les sympathies que notre commune origine lui avaient values. r^a répression ({ui se poursuit après la guerre civile lui donnera, par une réaction inévitable, cette énergie vitale, cette foi en elle-même, ce désir de revanche

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qui fout les nationalités vigoureuses. Le régime qui r opprime aujourd'iiui et qui est décrit eu termes éuergiques daus la lettre du véuérable Archevêque de la Nouvelle-Orléaus que uos lecteurs trouveront daus ce volume ne peut durer bien longtemps ; <[ui sait si plus tard dans celte partie de l'Amérique la race française débarrassée de F institution funeste, qui ne lui donnait qu'une prospérité trompeuse, ne se relèvera point et ne grandira point à proportion de ses malheurs et avec Paide d'une immigration à laquelle nos descendants ne seront pas étrangers ?

Les Acadiens nous ont fait assister depuis quelques années à une véritable résurrection. Ils forment aujourd'hui un élément important dans trois des provinces du golfe Saint-Laurent, ils y ont multiplié alors que l'on ignorait presque leur existence ou du moins que l'on soupçonnait à peine leurs progrès et leur vitalité ! Doués d'une aptitude très grande pour le commerce et la navigation, à mesure que l'instruction sera répandue parmi eux — ils ont déjà un collège classique, des couvents et des écoles — leur part d'influence augmentera avec celle de? autres populations catholiques dans lesquelles ils t'ompteront pour une proportion de plus en plus considérable.

Pour ce (jui est des Canadiens-Français il semble que leur rôle sur ce continent s^'tend avec les chan-

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gements xjolitiques les plus redoutés et à travers les (iJfFicultés les plus formidables. L'union des deux Canadas en 1841 a mis leur force compacte au service des catholiques du Haut-Canada, a développé dans les deux sections de la nouvelle proviiK^e un système d'instruction publique où les droits des minolités sont respectés : elle a doté la race française d'institutions libres et Ta initiée à la pratique du régime constitutionnel pour lequel du reste elle avait lutté si longtemps, enfin elle a développé les ressources matérielles du pays, et a fait de Montréal ht métropole commerciale des provinces anglaises.

La confédération en 1867 a rendu à la province de Québec son autonomie, a mis à l'abri nos institutions les plus chères, nous a permis de pousser à notre aise les progrès matéiiels inaugurés pendant h» troisième période de notre histoire et nous a conféré une sorte de protectorat à l'égard des autres populations françaises et même catholiques de toutes les ])rovinces qui forment la nouvelle Puissance.

L'émigration qui s'est faite aux Etats-Unis a ete déplorée à bon droit comme alFaiblissant singulièrement notre importance dans la confédération. Klle a été à plusieurs reprises le sujet d'enquêtes et d'études de la uart des gouverneuKMits et des législa-

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