INTRODUCTION. LV
politiciiKMlouiiait à la colonie quelque stabilité. Le j^ouveriieineiit royal ])()nvait changer: l'église ne (•liang(^ait pas. La conquête par l'Angleterre fit voler rn éclats, d'nn seul coup, tout l'appareil de l'adniinistration : elle ne toucha pas à l'Eglise. Gouverneurs, int(>ndants, conseillers, vt commandants, tout était parti : les principaux seigneurs avaient lui loin de la colonie, et le peuple qui n'avait jamais appris à se gouverner, ^à s'aider en quoique ce fût, se trouva soudainement livré a lui-même, à ses pro* près conseils. La confusion,, sinon l'anarchie s'en serait suivie, sans les cures des paroisses, qui dans l'exercice d'une double paternité, moitié spirituelle, moitié temporelle, devinrent plus que jamais les couservateurs de l'ordre dans tout le Canada.
)) La con(|uète par l'Angleterre fut la grande crise de r histoire du Canada. C'était le commencement d'une vie nouvelle. Avec l'Angleterre arrivait le protestantisme et l'Église Canadienne grandit plus pure et meilleure en présence d'une religion ennemie. Le progrès matériel, l'activité intellectuelle plus grande, une éducation véritable, quoique bien timide et bien isolée, un patriotisme ardent et de bon aloi, tout cela date df^ la paix de 1763. L'Angleterre imposa à la pointe de l'épée, au Canada, qui ne s'en souciait guère, le bienfait d'une liberté rationelle et paisible. »