‹ Le Deuxième centenaire de l'érection du diocèse de QuébecChapitre 34 sur 114 · LETTRE DE MGR. L'ARCHEVÊQUE DE QUÉBEC, EN DATE DU 29 MAI · texte numérisé non relu

LETTRE DE MGR. L'ARCHEVÊQUE DE QUÉBEC, EN DATE DU 29 MAI

Au premier octobre de cette année, il y aura deux cents ans que Québec, d'abord constitué en A'icariat apostolique en 1658, a été érigé en diocèse. Pour notre terre d'Amérique où tout est comparativement nouveau, c'est une existence déjà remarquablement longue, et bien peu de diocèses dans le Nouveau- Monde peuvent s' enorgueillir de remonter aussi haut.

La bulle d'érection, donnée le 1er octobre 1674,

la

par Clément X, assignait pour territoire au nouveau diocèse toutes les terres de l'Amérique du Nord alors possédées ou qui seraient possédées plus tard par le roi très-chrétien, et non soumises par le Saint-Siège à la juridiction spirituelle d'aucun autre évêque catholique. En étudiant l'histoire de la Nouvelle- France, on se convaincra facilement que la juridiction des Evèques de Québec a dû s'étendre sur toute la vallée du Saint-Laurent et sur celle du Mississipi et de ses tributaires, ainsi que sur les territoires situés au Nord et cà l'Ouest, excepté la Californie. Immeiise région que F imagination peut à peine embrasser ! Les enfants de la France et du Canada l'ont pourtant parcourue d'un bout à l'autre, les un? pour la conquérir et y trafiquer, les autres pour la découvrir et y annoncer l'Evangile.

A cette époque reculée, il y avait à peine deux mille catholiques dispersés sur cette vaste étendue. Aujourd'hui on y compte huit Archevêques, quarante-cinq Evéques et sept Vicariats Apostoliques, cinq millions au moins de catholiques et plus de quatre mille prêtres. Et qui sait quels seront ces chiffres dans un autre siècle !

Monseigneur l'Archevêque de Québec se propose de célébrer, à la fin de septembre, un triduum solennel pour rendre grâce à Dieu de la protection et de la bénédiction accordées à ce diocèse, pendant ces deux siècles, et pour en demander la continuation. Désirant donner à cette célébration toute la solennité possible, il a invité tous les Archevêques, Evêques et Vicaires Apostoliques, dont les diocèses ont jadis fait partie de celui de Québec, à venir

joindi'o leurs actions de grâces et leurs prières aux nôtres dans cette circonstance, ou du moins à y envoyer quelques prêtres pour les. représenter.

Notre église métropolitaine, la mère féconde de tant d'églises disséminées surplus des trois-quarts de l'Amérique septentrionale, accueillera avec un bonheur indicible ces représentants accourus des régions si diverses et si éloignées les unes des autres, aujourd'hui, comme alors, intimement unies par la même foi et par la môme soumission filiale, au prince des pasteurs. Dans T Eglise Catholique, la division des territoires, loin de conduire à la désunion des esprits et des cœurs, resserre de plus en plus les liens qui les unissent ensemble : elle manifeste d' une manière plus éclatante cette merveilleuse unité qui fait la force et In beauté de cette épouse du Christ.

Le premier rameau détaché de cet arbre gigantesque a été la vallée du Mississipi avec tout le territoire à l'Ouest, tel qu'attribué aux Etats-Unis par le traité de 1783. Le Saint-Siège, en établissant un Evoque à Baltimore, le 6 novembre 1789, mit sous sa jiuidiction tout le territoire des Etats-Unis. L'Evoque de Québec continua d'exercer son pouvoir spirituel sur tout ce qui appartenait encore à l'Angleterre dans rx\mérique du Nord.

En 1796, Terreneuve fut constitué en Vicariat Apostolique.

En 1817, Halifax devint le siège d'un autre vicaire Apostolique, dont la juridiction s'étendait sur la Nouvelle-Ecosse, le Nouveau-Bnmswiclv et l'Ile du Prince-Edouard.

En 1826, le nouveau diocèse de Kingston reçut en partage tout le Haut-Canada, aujourd'hui Province Ecclésiastique, divisé en quatre diocèses partie avec un vicariat apostolique.

Dix ans plus tard, le populeux district de Montréal fut érigé en diocèse qui, à son tour, donna naissance à ceux d'Ottawa, (1847) et de Saint-Hyacinthe, (1852), Ottawa renferme la vallée de la rivière de ce nom dont la rive droite appartient à la Province d'Ontario.

En 1843, l'Orégon, la Colombie et Vancouver, évangélisés par des missionnaires envoyés de Québec, furent divisés en diocèses et formèrent une nouvelle province ecclésiastique.

Quatre ans après, Mgr. Provencher, qui depuis 1818 gouvernait l'immense territoire du Nord-Ouest, d'abord comme vicaire-général de l'Evêque de Québec, et ensuite (1870) évêque de Juliopolis, in partibus m fidelium., suffragant et auxiliaire de l'Evêque de Québec, fut nommé évêque de Saint- Boniface.

En 1852, le diocèse des Trois-Rivières fut démembré de celui de Québec, en même temps que celui de Saint-Hyacinthe l' était de Montréal.

Malgré tous ces démembrements successifs, le diocèse de Québec avait encore le long du Saint-Laurent un espace de deux cents lieues. En 1867, le diocèse de Rimouski lui en enleva plus de la moitié.

Aujourd'hui il comprend, au nord du fleuve, les comtés de Portneuf, Québec, Montmorency, Charlevoix, Chicoutimi et partie de celui du Saguenay, jusqu'à la rivière Portneuf, à vingt lieues en bas de

Tadoiisac, ; au sud du fleuve, les pai'oiss<>s de la Rivière-du-Louj) et de Saint-Antonin dans le comté de Témiscouata, puis les comtés .de Kamouraska, rislet, Montmagny, Bellecliasse, Dorchester, Lévis, Beauce, Lotbinière, Mégautic et le township de Wolfestown dans le comté de Wolfe.

Au nord, il s'étend jusqu'à la limite de la Province de Québec, c'est-à-dire, jusqu'à la haulenrdes terres, (]ui séparent la vallée dn Saint-Laurent d'avec celle de la Baie d'Hudson, limite encore assez peu connue, mais que les cartes les plus récentes mettent à une centaine de lieues du fleuve.

Au sud, le diocèse de Québec confine aux Etats- Unis qui, à la ligne orientale du comté de Kamouraska, ne sont qu'à une douzaine de lieues du fleuve, tandis qu'à l'extrémité occidentale du comté de Beauce, l'Etat du Maine est à quarante lieues du Saint-Laurent.

Estimé à vol d'oiseau, le contour irrégulier de ce diocèse peut former une ligne de cinq cents lieues, et renferme une superficie de quinze mille lieues environ.

D'après le recensement de 187L la population totale de ce territoire est de 331,285; dont 312,455 catholiques et 18,830 non catholiques.

Il y a 170 paroisses et 19 missions ou nouveaux établissements qui reçoivent, à des intervalles plus ou moins longs, la visite d'un curé voisin, chargé de leur administrer les secours spirituels en attendant qu'on puisse leur accorder un prêtre résidant. Actuellement le nombre des prêtres est de 299 dont 31

^'()lll employés à T éducation, li y a 024 religieuses dont. 128 sont exclusivenieut consacrées au soulagement des malades ; 218 ne s'occuxjent que de l'éducation et les autres sont vouées à V éducation et à d' autres œuvres de charité. Il y a cinq Jésuites et cinq Oblats de Marie Immaculée, tous résidant à Québec et employés dans le ministère; au mois d'octobre prochain les Rédemptoristes auront une maison dans la même ville.

Les collèges classiques sont au nombre de trois ; le Séminaire de Québec, fondé en 1663, le collège de Sainte-Anne, fondé en 1827 et celui de Chicoutimi érigé le 15 août 1873.

Les Frères de la Doctrine Chrétienne, au nombi-e de cinquante, ont six maisons dans Québec et troi^s dans diverses paroisses de la campagne.

Le collège de Lévis donne un excellent cours commercial.

L'Université-Laval fondée en 1852 par le Séminaire de Québec, compte 22 professeurs actifs et 276 élèves dans les quatre facultés réunies.

Tel est en résumé l'état présent du diocèse de Québec, après deux siècles d'existence durant l'administration du quinzième successeur de Mgr. de Laval.

L'humble arbrisseau, planté par cet illustre et saint prélat est devenu un grand arbre qui, malgré les amputations fréquentes et considérables qu'il a subies, étend encore au loin ses branches vigoureuses.

MANDEMENT DE MGE. L'ARCHEVÊQUE DE QUÉBEC. ELZÉAR-AI-KX ANDRE TASCHEREAl" .

ï\'ir la miséricorde de Dieu et la Grâce du Saiiit- Sié.ae Apostolique, Archevêque de Québec.

Ai( Clergi' séculier cl régulier, aux Corumunaiilcs licligieùses et a tous les Fidèles de P Archidiocèse de Québec^ Salut et Bèitédiction en Notre-Seigneur:

Dans quelques semaines, Nos Très-Ghers Frères, il y aura deux cents ans que le Souverain Pontife Glément X, d'heureuse mémoire, a érigé le diocèse de Québec, gouverné depuis quinze ans déjà par l'illustre François de Montmorency-Laval, en qualité de Vicaire Apostolique. Dans un pays nouveau comme le nôtre, où tout est, jjour ainsi dire, d'hier, une pareille du^pe est un fait remarqual^le et digne d'être célébré. Cest pourquoi, j'ai résolu d'en faire la mémoire au premier octobre prochain, qui est le propre jour où fut signée la bulle d'érection du diocèse de Québec.

Deux sentiments devront en ce jour s(* partager nos cœurs : la reconnaissance et la confiance.

Oui, N. T. G. ¥. ^ rendons grâce en tout temps et pour toutes choses^ au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ^ à Dieu le Père. Gratias agentes semper pro omnibus^ in nomine Domini Nostri Jesu Christi^ Deo et Patri (Eph. V. 20),

Rendons grâce à Dieu de toute miséricorde, qui

a voulu que ce beau et vaste contiuent lui fût cousaci'é dès sa découverte par des croix plantées ça et là le long de nos fleuves et de nos lacs, et que ce signe du salut fût porté jusqu'à ses ^trémités les plus reculées.

Quand les premiers chrétiens venus de l'Europe remontèrent notre majestueux Saint-Laurent, ils ne virent de tous côtés que des forets à perte de vue, habitées par des peuplades errantes assises à l'ombre de la mort^ ensevelies dans les erreurs de l'idolâtrie. La religion commença dès lors à remplir sa mission divine ; le Christ avait dit : Je suis venu allumer le feu sur la terre et que veux-je sinon que ce feu s'étende de de plus en plus ? (Luc XIL 49). O saints missionnaires ! pénétrez donc dans ces immenses forêts, portez-y le flambeau de la vérité et de la charité comme le veut le prophète Royal (Ps. LXXXIL 15). Sicut ignis qui comhurit sylvam et flamma comburens montes. Allez verser vos sueurs qj votre sang sur cette terre bénie d'où surgiront, jusqu'à la fin des siècles, des moissons abondantes pour le Père de Famille. D'un océan à l'autre, depuis le pôle nord jusqu'au golfe du Mexique, les vallées immenses de deux fleuves larges et profonds, quelle étendue de territoire à découvrir, à parcourir, à évangéliser !

Ah ! si le jjremier évoque de Québec, le i»ieux et zélé de Laval, revenait sur la terre, (\uv\ cri d' admiration et de reconnaissance il pousserait du fond de son cœur, en voyant les progrès qu a faits T Evangile dans ce continent! L'Eglise de Québec, si petite, si humble, si faible dans ses commencements, chargée néanmoins de ])orter la junole divine et la bonne

nouvelle dans nn territoire pins vaste que l'Europe entière, cette Eglise n'a i)oint failli à sa mission, elle n'a pas snccombé sons le fardeau et aujourd'hui elle l'ompte avec orgueil les provinces, les diocèses et les vi(^ariats apostoliques dont elle est la mère féconde.

Ces merveilles, ce n'est pas une main d'homme (jui les a opérées; à Dieu seul doit en revenir la gloire ; à Dieu seul donc reconnaissance sans borne ! A l'exemple des Machabées, chantons des hymnes^ bénissons Dieu hautement^ parce 'gu'il est bon et que sa

ce -gules' su

miséricorde s'étend dans tous les* siècles. — Et conversi., hymnnm canebant et benedicehant Deum in cœliim.^ quo- Jiiam bonus., quoniam in sœculum misericordia ejus iIMach. IV. 24).

Après avoir ainsi jeté un regard de complaisance sur le passé, nous pouvons bien contempler l'avenir avec une ferme confiance et compter que Dieu, qui a béni si prodigieusement cette église, ne laissera pas son ouvrage inachevé.

Cette ferme confiance ne doit pas néanmoins ralentir en nous la ferveur de la prière. Vous le savez, N. T. G. F., Dieu aime que nos cœurs soient toujours dirigés vers lui, comme vers un père plein de bonté ; ce qu'il veut faire de bien à ses créatures, il désire que nous le lui demandions pour reconnaître son souverain domaine ; la prière nous donne occasion d' approcher de son trône et de venir réchauffer nos cœurs au contact de cette charité infinie qui est Dieu lui-même — Deus charitas est (I. Jean IV. 8). Toutes ces merveilles admirables que sa main toutepuissante opère à chaque instant dans l'ordre surnaturel, Dieu aime à nous y associer par la prière qui,

montant vers son trône comme un parfum de bonne odeur, redescend sur nous comme une rosée bienfaisante toute imprégnée de grâce et de bénédiction.

Voilà pourquoi, N. T. G. F., après avoir entonné l'hymne de la reconnaissance pour de si grands bienfaits, nous ne devons jamais cesser de tenir nos cœurs et nos mains élevés vers le trône de la grâce pour y obtenir miséricorde et trouver grâce dans un secours opportun. — Adeamus cum fiducia ad thronum gratiœ^ ut misericordickn inveniamus in auxilio opportuno. (Hébr. IV. 16). Demandons cà Dieu qu'il continue de verser sur notre chère Eglise, et sur celles qui en sont sorties, ses bénédictions les plus abondantes jusqu'à la consommation des siècles, afin que, suivant la parole d'Ieaïe (L IV. 3) elle s'étende encore à droite et à gauche.^ et que sa postérité ait les nations pour héritage et habite les villes maintenant désertes. — Ad dexteram et ad levam penetrabis : et semen tuum gentes hercditabit et civitates désertas inhabitabit.

Afin que notre reconnaissance se manifeste avec plus d'éclat et que nos prières soient plus efficaces, nous avons invité les cinquante-neuf évoques, dont les diocèses ont autrefois fait partie de celui de Québec, à venir rendre grâces avec nous et à unir leurs prières aux nôtres dans cette circonstance solennelle. Bon nombre d'entre eux ont déjà promis de venir ou d' enroyer quelqu' un pour les représenter^ et ainsi s'accomplira au milieu de notre cité la consolante promesse du même prophète (LI. 3). La joie et Vallégresse y paraîtront de tous côtés ; on y entendra

les actions de grâces et les cantiques. — Gaudium et lœtitia iavenientur in ea, gratiarum actio et vox taudis.

Mais voici, N. T. G. F., une autre voix bien plus autorisée qui daigne s'unir à nous dans ce concert de reconnaissance et de prières.

Notre Saint-Père le Pape, à qui nous avons demandé, pour cette occasion, la faveur d'une indulgence plénière et la faculté de donner la bénédiction apostolique, nous a accordé volontiers ce double bienfait. Nous savons de bonne source qu'il a manifesté sa joie et son admiration à la 'vue de la bénédiction répandue sur notre Eglise de Québec, devenue la mère féconde de tant d'autres églises dans l'Amérique du Nord. Pour mieux exprimer les sentiments de son cœur paternel, il a voulu y ajouter deux autres faveurs qui demeureront comme un monument éternel de la belle fête que nous allons célébrer.

L'Eglise de Notre-Dame de Québec, d'abord humble chapelle ou se réunissaient les rares familles qui composaient alors toute la population française et catholique de ces vastes régions, devint successivement paroissiale, cathédrale et métropole. Le Saint- Père a voulu lui conférer le titre plus auguste de Basilique Mineure.

Basilique signifie maison royale ; et de même que les palais des princes sont distingués des autres demeures et participent au respect qu'inspire la majesté royale, ainsi les basiliques tiennent un rang à part dans la hiérarchie des édifices consacrés à Dieu.

Il y a dans la ville de Rome cinq basiliques qu'on appelle majeures à cause de leur antiquité,

de leur splendeur et des souvenirs qu'elles sont destinées à perpétuer. En dehors de la ville sainte, aucune église ne porte le même titre, mais il y a des basiliques mineures en nombre assez restreint, décorées de ce titre par un bienfait tout spécial du Siège Apostolique.

Il est donc vrai de dire, N. T. G. F., que pour témoigner tout l'intérêt qu'il porte à la belle fête que nous allons célébrer, l'Immortel Pie IX a daigné placer l'église de Notre-Dame de Québec au nombre de celles qui figurent au premier rang en dehors de la ville de Rome.

Salut donc, ô vénérable basilique ! consacrée à la Vierge-Immaculée, reine des anges et des hommes î vraie maison royale où tant de pontifes ont reçu l'onction pontificale qui les a établis pasteurs, nonseulement pour l'église de Québec, mais aussi pour un grand nombre de diocèses qui lui doivent le jour, ô liaison- P\oy aie où, depuis deux siècles, tant de Lévites sont venus recevoir l'imposition des mains qui leur a conféré le Sacerdoce-Royal (I. Pierre IL 9). C'est de votre sanctuaire qu'ils sont ensuite partis pour aller évangéliser, les uns, les côtes brumeuses de Terreneuve, les autres, les rivages lointains de l'Océan pacifique ; ceux-ci ont dirigé leurs pas vers les froides régions du Nord-Ouest, ceux-là ont suivi le cours du Mississipi et ont porté jusque sur les bords du golfe du Mexique la bonne nouvelle envoyée de Québec ! Réjouissez-vous donc, ô vénérable basilique, car il est écrit : Des enfants vous sont nés pour succéder a vos pères ; vous les établirez princes sur toute la terre. Ils se souviendront de votre nom de

ijènèration ru (jéncration. Et pour cela les peuples publieront éternellement vos louanges.— Pro patribus tuis natl sunl tibl filu: constitues eos principes super omnem terram. Memores erunt nominis tuis in omni generatione et generationem. Proptereà populi confitebuntur tibi in seternum (Ps. XLIV. 17i.

A ce privilège si honorable pour le diocèse de Québec, l'Immortel Pie IX a voulu ajouter le don d'une magnifique mosaïque qui représente la Sainte-Vierge. Elle sera placée dans notre basilique et y demeurera comme un monument perpétuel de l'amour et de l'intérêt paternel que notre bien-aimé Pontife porte à ses enfants du Canada. Ce sera pour nous un nouveau motif de prier avec ferveur le Dieu infiniment bon de prolonger les jours de notre père, et de lui donner la suprême consolation de voir le triomphe de la Sainte-Eglise catholique sur tous ses ennemis. O Dieu de clémence ! dirons-nous avec le Prophète Royal, laissez-vous fléchir en faveur de vos serviteurs ; comblez-nous de votre miséricorde dés le matin et remplissez-nous de consolation^ afin que nous puissions nous réjouir à proportion des jours où nous avons été humiliés et des années où nous avons éprouvé des maux. — Lsetati sumus pro diebus quibus nos humiliasti ; annis quibus vidimus mala. (Ps. LXXIX. 13...).

A ces causes et le saint nom de Dieu invoqué, nous réglons ce qui suit : '

lo Le mardi, 29 septembre courant, commencera dans la basilique de Notre-Dame de Québec un Triduum durant lequel il y aura indulgence plénière en faveur de tous ceux qui s'étant confessés et ayant communié, visiteront la dite basilique et y prieront

pour la conservation et l'augmentation de la foi dans tout ce vaste territoire qui a été autrefois ou qui est encore, sous la juridiction des Evèques de Québec. Le Saint-Sacrement demeurera exposé ces trois jours, depuis la messe de cinq heures jusqu'à celle de 8 heures inclusivement. Le mardi et le mercredi, à 6 heures du soir, il y aura salut et bénédiction du Saint-Sacrement.

2o Le jeudi, i)remier octobre, qui sera le dernier jour du dit Triduum^ il y aura à 9 heures, messe solennelle pontificale avec bénédiction apostolique et Te Deum.

3o Le dimanche suivant, on chantera le Te Deum après la messe paroissiale ou conventuelle dans toutes les Eglises, où cette messe se célèbre avec chant. Si cette messe nest pas chantée on pourra se contenter de la réciter.

Sera le présent mandement lu et publié au prone de toutes les églises ou chapelles paroissiales et autres où Ton lait T office public, ainsi qu'au chapitre dans les communautés religieuses, le premier dimanche après sa réception.

Donné à Québec sous notre seing, le sceau de r Archidiocèse et le contre-seing de notre secrétaire, en la fête de la Nativité de la Bienheureuse et Immaculée Mère de Dieu, huit septembre mil huit cent soixante-qmitorze.

Y K.-A. Arch. de Québec.

Par Monseigneur,

Page 1