‹ Le deuxième centenaire [microforme]Chapitre 115 sur 151 · ADRESSE AU SAINT PÈRE · texte numérisé non relu

ADRESSE AU SAINT PÈRE

(Traduction.) Très-Saint Père !

Réunis à Québec pour célébrer le deuxième centenaire de l’érection du Siége Episcopal de cette ville, ne formant tous qu’un cœur et qu’une âme, nous tournons nos regards vers Votre Paternité, pour Lui exprimer notre piété filiale, notre reconnaissance et nos vœux les plus ardents. :

[l est indubitable, Très-Saint Père, que cette Eglise de Québec, qui, aujourd’hui, semblable à une mère très-féconde est remplie d’allégresse en se voyant entourée de cinquante-neuf églises que, dans le cours de deux siècles, elle a enfantées en Jésus-Christ, a toujours été pleine de siéié et de dévouement envers le Saint-Siége. Nous, ses enfants, et les enfants de ses enfants, nous avons sucé avec le lait maternel cette même piété filiale de laquelle ni la vie, ni la mort, ni aucune autre chose, ne sauraient nous priver. Daignez, Saint Père, accepter cette trop faible expression de la reconnaissance dont nous sommes pénétrés, à l’occasion de ce grand et vraiment royal privilége que Votre Sainteté a accordé à l’ Eglise de Québec, notre mère, en lui conférant le titre de Basilique Mineure et en lui donnant une mosaique

-très-précieuse.

Mais hélas ! au milieu de la joie dont nos cœurs débordent à cette occasion, nous ne saurions oublier que le vicaire de Jésus-Christ, le Père et le Docteur infaillible de tous les chrétiens, est plongé dans la tristesse, captif, dépouillé du patrimoine de Saint Pierre, menacé et abreuvé chaque jour d’outrages par les ennemis de la croix de Jésus-Christ et de la vérité.

Quelle a été notre douloureuse surprise en apprenant que cette Sainte et Vénérable Congrégation de la Propagande, qui, pour nous et pour un très-grand nombre d’autres églises, est la dispensatrice des bienfaits du Saint-Siége, a été privée de ses revenus temporels et comme réduite à l’indigence ! Nous n’ignorons pas non plus que des églises ont été dépouillées ou même détruites, que des religieux et des religieuses ont été chassés et que l’on a promulgué des lois qui tendent à étouffer tout sentiment de religion et de justice.

A la vue de ces calamités, nous unissons notre douleur à la vôtre et nous élevons nus mains suppliantes vers le Dieu Tout-Puissant. Nous savons que : Votre Paternité a une très ferme confiance que Jésus- Christ accomplira certainement cette parole solennelle par laquelle il a établi Pierre comme fondement “aussi indéfectible qu'infaillible, de son Eglise, contre laquelle les portes de l'enfer ne prévaudront jamais. Une espérance semblable vit dans nos cœurs : nous “aussi, nous croyons et avons confiance. Mais comme les temps et les moments sont en la main de Dieu, ei que les jours de deuil peuvent être abrégés par la prière, nous ne cesserons point de demander que

Votre Paternité avec ces mêmes yeux qui ont vu et pleuré l’affliction de l'Eglise, en contemple la joie et le triomphe et puisse admirer les grandes et incompréhensibles merveilles que le Seigneur veut faire. Ainsi-soit-il ! Aïinsi-soit-il !

Après avoir exprimé ces vœux qui surgissent du fond de nos cœurs, nous, vos fils très-dévoués, Très- Saint Père, nous implorons votre bénédiction apostolique sur l’ Eglise de Québec et sur tous les diocèses qui lui doivent leur origine, afin que toutes les parties de ce vaste territoire soient consacrées au Seigneur et remplies de fruits pour la plus grande gloire de Jésus-Christ notre Dieu.

Québec, 1er octobre 1874.

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