LETTRE DE MGR. AUG. MARTIN, ÉVÊQUE DE NATCHITOCHES
Natchitoches, 22 août 1874.
A sa Grandeur MGR. TASGHEREAU, D. D., Archevêque de Québec.
Monseigneur,
AI
Depuis la lettre que j'ai eu l'honneur d'écrire : votre Grandeur en réponse à l'invitation qu'elle à bien voulu m’adresser de prendre part à la grande solennité bi-centenaire de la fondation de la hiérarehie catholique en Amérique, par l'érection du siége de Québec, invitation que j'avais été + heureux d'accepter, j'ai dû me résoudre à entreprendre un nouveau voyage de recrutement en Bretagne, trésor de bons et dévoués prêtres, où je puise depuis vingt ans. Malheureusement ce voyage ne saurait coïncider avec l’époque de la solennité de Québec. Dans l'intérêt même du but que je me propose, je ne
ES ue
pourrai le faire qu'après janvier: et, sans parler de la dépense, mes 7? ans et leur cortége d'infirmités ne me permettent guère de m'exposer à cette double fatigue. Je le regrette extrêmement, surtout depuis la seconde lettre de votre Grandeur, et l'invitation, dont vous voulez bien m’honorer, de prècher dans votre métropole le jour mème de la grande solennité.
J'ose espérer que votre Grandeur voudra bien accepter mes raisons et mes excuses. Seul, je souffrirai de ce sacrifice forcé. Je ne me résignerai point facilement cependant à ne point visiter une fois avant de mourir le berceau de l’église Américaine, théâtre de tant d’héroïques dévouements, et serai trop heureux, Monseigneur, de reconnaître person: nellement l'honneur que vous m'avez fait.
Veuillez, cependant, agréer avec l'expression de mes sincères regrets, celle du profond respect avec lequel j'ai l'honneur d’être
De votre Grandeur, Le bien humble serviteur et frère, + AUG. ManiE, Ev. de Natchitoches,
(Traduction) RÉPONSE DE MGR. J. CAMERON, COADJUTEUR DE L'ÉVÊQUE D’ARICHAT.
Arichat, 25 août 1874. Au Très-Révérend E. A. TascyerEgau, D. D.
Monseigneur, Mon absence de chez moi m'a empêché d’accuser
téception de la gracieuse faveur de Votre Grâce du
8 du courant, et de l'invitation à da solennité du fer octobre prochain.
J'ai promis, il y à à peu près six semaines, de prècher à l’occasion de la dédicace de deux nouvelles églises qui doivent être ouvertes au service divin vers la fin de septembre, et si je puis m’arranger de manière à ne pas désappointer les Révds. Messieurs, immédiatement intéressés à cette cérémonie, ce sera avec le plus grand plaisir que je me ferai l'honneur d'assister à la fête de Québec.
Soit que les circonstances me permettent ou non d'être présent à cette auguste assemblée qui doit rendre le premier octobre à jamais mémorable dans les annales de l'Amérique du Nord, je veux assurer Votre Grâce que nos plus vives sympathies et nos plus ferventes prières accompagneront vos pieux efforts à remercier dignement NotreSeigneur Bienaimé des abondantes bénédictions qu’il a bien voulu répandre sur cette partie nouvelle, mais importante et pleine de promesses, de sa Vigne, et que mon cœur chérira toujours de la plus vive affection la bonne Eglise-Mère de Québec.
J'ai l’honneur d’être, Mon cher Seigneur et Archevèque,