Marche des Prêtres (d'Athalie) avec orchestre
et orgue... Visrhon NAT Re Corine MENDELLESHON, Orchestre : les MM. du Septuor Haydn, avec plusieurs autres : artistes et amateurs, Orgue : M. Ernest Gagnon.
2. Ave Regina Cœlorum, (Chœur,)....... ess ROSSINI. (Sermon en langue anglaise.) 3. Laudate Dominum ....., 1... Apax.
4. Gratias agimus, (terzetto,) de la messe solennelle de. …..,,..., Vider tte vole . Rossnr.
Madame Legendre et MM. Plamondon et Legendre. 5. O Salutaris, sur l’ Adagio de la sonate pathéti-
que des. Re Len ic roue ... BeeTHovex.
Mademoiselle Dessane.
6. Stabat Mater, quatuor et chœur... ........ Rossinr. À Guatuor: Madame Legendre, Mademoiselle Dessane et MM. Plamondon et Legendre, 7. Tantum ergo.
8. Allegro en mi bémol (orgue.)......, ... +... LereBuRz- Way, M. Gustave Gagnon,
La Marche des prétres jouée avec orgue et grand orchestre pendant l’entrée d’un clergé nombreux dans le chœur, a produit un effet splendide. La basilique était beaucoup plus remplie que la veille et les décorations présentaient le même coup d'œil resplendissant,
Après l'Ave Regina, Mgr. Lynch est monté en chaire pour s’excuser de ce que l’état de sa santé ne lui permettait pas de faire le sermon du jour, comme la
ue
chose avait été arinoncée. Il fut ensuite remplacé par le révérend A. J. O’Reilly dont la parole pleine de chaleur religieuse et patriotique a été écoutée avi dement par nos frères d’origine irlandaise. Nous donnons ci-après le sermon de M. O’Reilly.
Nous avons goûté beaucoup le Gratias agimus de la messe solennelle de Rossini. Cette musique fine et distinguée du grand maëstro a été d’ailleurs parfaitement rendue par Madame Legendre et MM. Legendre et Plamondon. Nous devons faire la même remarque pour l'O Salutaris sur la sonate pathétique de Beethoven, chantée par Mlle. Dessane. Nous avons rarement entendu avec autant de plaisir cette admirable mélodie. Le premier chœur du Siabat n’a peut-être pas eu tout l’effet désirable. En revanche M. Gustave Gagnon, dans l’ Allegro en mi bémol, s’est relevé par un cou de maître des quelques hésitations que nous avions pu remarquer dans son morceau de la veille.
SERMON DU Révr. A. J. V'REILLY.
(Traduit de l'anglais.)
Ce n’est pas un trait nouveau dans l’histoire de l’église catholique, de voir ses prélats et son peuple se presser avec ferveur autour des anciens autels de, leur foi, La reconnaissance, —une vertu qui est agréable à Dieu—est inséparable des souvenirs bénis du passé. Après que la sombre nuit de la persécu-
mt AURE ius
tinn eut passé sur l’église au berceau, quand le Labarum victorieux l’eut placée sur le trône des Césars eteut donné la croix pour étendard aux légions de l'empire, elle n’oublia pas les humbles autels qu’elle avait vénérés, ni les reliques des martyrs qu’elle avait invoqués aux jours de la tribulation. Les chrétiens se rassemblèrent en pleurant auprès du tunbeau des catacombes ; des autels d’or et des temples magnifiques s’élevèrent comme l’expression d’une mémoire reconnaissante. À travers les tempôètes et les sinistres des âges, les monuments superbes de leur zèle et de leur piété rappellent au souvenir l'amour et la dévotion des premiers chrétiens pour les autels primitifs de la catholicité. Ils transmirent à leur postérité ce sentiment qui à transpiré, par la tradition, à travers les siècles ; et aujourd'hui les pélerins affluent de toutes les contrées pour s’agenouiller avec respect et reconnaissance au pied des autels qui sont imprégnés du sang de leurs fondateurs.
On trouva, il y a quelques années, à Rome, la tombe d’un martyr depuis longtemps perdue. Le vénérable Pontife qui bouverne l’ Eglise en ces temps d’épreuve, s’agenouilla, entouré de ses‘prélats et de ses cardinaux, au pied de l’autel, sur le porphyre de laquelle le deuxième siècle avait vu s’offrir le saint sacrifice ; il s’assit sur le siége de pierre d’où ses prédécesseurs préparaient leurs enfants à baisser la tête sous le glaive des exécuteurs. Les Actes des martyrs, lus sur les touchants monogrammes des tombeaux voisins ; le-souvenir des persécutions qui qui avait conduit tant de vivants dans ces sépulcres
1 de
de la mort, étaient un thème émouvant ct d’un intérêt palpitant pour le Saint-Père, victime lui-mêmede tant d’outrages et d’injustices. Les yeux baignés de larmes il pria ce Dieu, qui ne fut jamais invoqué en vain, du fond des cryptes des catacombes, de lui donner la force de ses prédécesseurs martyrisés, afin de bien gouverner dans la tourmente le vaisseau ballotté de l’ Eglise, et de déjouer les machinations de ses ennemis qui, en ce moment, complotaient sa ruine dans les diverses capitales de l’Europe.
Monseigneur, Révérends Pères et chers Frères, la scène touchante de Pie IX sagenouillant, au milieu de ses cardinaux et de ses prélats, au pied de l'autel des Catacombes, me parait avoir plus qu’une analogie fugitive avec la majestueuse célébration du deuxième centenaire de cette vénérable Basilique où nous voyons les prélats et les zélés Missionnaires du vaste continent d'Amérique, s’agenouiller avec respect et gratitude autour des premiers autels de leur foi.
On ne saurait douter que le fidèle troupeau des martyrs rassemblés dans les sombres souterrains qui couraient sous la capitale païienne du monde, sussent combien la lutte de la foi contre l’ orgueil et les préjugés du monde paien serait longue et multiple; cependant quelle consolation n’eût-ce pas été pour eux, pendant ces heures sombres d’épreuve, si devant leurs yeux ravis eût passé la vision de la catholicité d’aujourd’ hui, leur montrant ses deux cent millions de fidèles, sa croix surmontant la couronne des rois, ses lois dans le cœur et les conseils des nations, et son influence ressentie en des contrées au-dessus
desquelles ne plana jamais l'aigle invincible des Légions romaines. N’'eût-il pas été aussi consolant pour les braves pionniers de la Chrétienté, en ce pays, eux qui fondèrent cette grande et vieille cité de Québec, s’il leur eût été permis de contempler la scène qui fait maintenant la joie de cette assemblée et mérite tant de félicitations. Avant eux ce n’étaient que vastes prairies et forêts interminables. que lacs aussi grands que des mers, et torrents gigantesques, tels qu’il ne s’en étaient jamais vus dans le vieux monde, parsemant une immense région dans laquelle erraient les enfants basanés de tribus indomptables et idolâtres ; aujourd’hui ce vaste continent est un jardin productif et riche ; là où il n’y avait hier qu’une forêt solitaire mille cités brillent maintenant au soleil ; un peuple heureux et généreux a augmenté la puissance et la population d’une nation puissante. En 1790, il y a un siècle à peine, il n’y avait que 21 prêtres dans toute l'Amérique qui compte maintenant 4,800 prêtres, desservant, sous les ordres de 61 évêques, cinq millions et demi de fidèles et 6,000 autels.
Salut! vénérables tabernacles de Québec, les enfants de l'Eglise Catholique d'Amérique, s’agenouillent en ce jour à vos pieds pour remercier le grand dispensateur de tous biens des bénédictions du Christianisme, et pour exhaler le grand cri de reconnaissance du Psalmiste royal: «Non fecit taliter omni nationt. »
La rapide croissante de l'Eglise américaine n’est pas le trait le moins remarquable de cette solennité. Toutes les œuvres de Dieu croissent en perfection
se OÙ
suivant les lois prôpres au développement des êtres ; la larve et la chrysalide se transforment en brillant papillon, le bouton se change en fleur et l'enfant devient homme. Dans les champs plus vastes de la nature les théories saisissantes du développement ne sont ni impossibles ni invraisemblables. On dit que, au commencement, tout ce qui est matière: fut créé en une masse informe qui, mise en mouvement, fut obligée, d’après des lois secondaires définies, de trouver son équilibre propre; ainsi il est passé en système que certains mondes n’ont encore aujour- ‘ d'hui décrit qu’un très-petit arc de l’incommensurable orbite de leur évolution. «L'esprit public a bien voulu acquiesser graduellement à l’idée que, non-seulement il y a six mille ans, mais en remontant jusqu’à des millions et millions d'années, ce monde a été un théâtre de vie et de mort. Les géologistes ont scruté les mystères enfouis au cœur des rochers. L’œæil perçant de l’analyse scientifique a mesuré l’âge et la puissance de la matière, depuis les mollusques, habitants des abîimes, jusqu’au dépots qui vont s’épaississant à travers la succession de siècles infinis dans les sombres et impénétrables cavernes de l'océan. Sur les feuilles d’un livre de pierre sont imprimés des caractères plus intelligibles et plus clairs que ceux que forme l’encre del’histoire, reportant l'esprit bien Jsin en arrière dans les abimes du temps, et ne Gonnant aux périodes bibliques qu'une terminalogie figurative pour exprimer la durée dans l’esprit de Dieu. »
Ainsi en est-il dans l’ordre moral.
«Le royaume des cieux est comme un grain de
sénevé qui est la plus petite de toutes les semences, et qui, lorsqu'il à poussé, est plus grand qu'aucune autre herbe, et devient un arbre, et d’une telle dimension, que les oiseaux du ciel viennent habiter sur ses branches. » Math. 13. Le Christianisme n’est pas venu sur la terre avec le fracas du tonnerre ou la clarté du soleil, mais bien plutôt comme le grain de semence qui atteint peu à peu son entier développement,comme, sur l'océan des âges, les rides aux cercles qui s’élargissent toujours pour aller se briser sur le rivage des terres les plus éloignées.
Messeigneurs, Révérends Pères et très-chers Frères, le premier observateur venu peut faire remonter l’origine et le développement rapide de l'Eglise d'Amérique à un fait bien connu dans l’histoire des deux derniers siècles. La commémoration du deuxième centenaire de l'établissement de l'Eglise Américaine que l’on célèbre avec tant de splendeur et d’äpropos, dans e tte ancienne et grande basilique, est inséparable d’une respectueuse allusion à l’histoire d’une Île verdoyante et bien éloignée dans l'Est, autrefois habitée par une nation qui forme encore un peuple par sa fidélité au patriotisme et ses aspirations à l'indépendance, mais qui, par sa situation géographique, a gravité vers un plus puissant pouvoir qui l’éclipsait.
Par une sage combinaison de la Providence, lorsque l’ Angleterre, aveuglée par la violence du fanatisme religieux, laissa peser sa main d’airain sur cette contrée sœur, les enfants exilés d'Irlande trou: vèrent un refuge sur ce libre continent de l'Ouest.
Les horreurs du code pénal qui se déchainèrent sur : l1la
se 09e
l'Irlande comme les tourmentes des anciens jours, la clôture des écoles, le meurtre des prêtres et des nobles et une confiscation illégale de trois cents ans, sont écrits dans les annales de la tradition et répétés au foyer de chaque Irlandais ; et pourtant ces mêmes lois sanguinaires et démoralisatrices déployèrent les voiles des vaisseaux d’émigration qui arrachaient les Irlandais de leur patrie, et poussèrent sur ce grand pays ce courant d’émigrés qui à chaque instant en grossit la population et demande de nouvelles églises et de nouveaux siéges épiscopaux.
Dans les derniers rapports statistiques je trouve qu’il y a cinq millions et demi de catholiques aux Etats-Unis, desquels 3,831,740 sont venus d'Irlande durant les vingt dernières années. Plus des deux tiers des catholiques d’ Amérique sont donc Irlandais. Maltraités pour nos fautes—nos ennemis n’en ont peut-être aucune à se reprocher—ridiculisés à cause de notre amour enthousiaste de la patrie suffrante, on ne connait pas le caractère sacré de nos sentiments ‘patriotiques ; mais enlevez l'élément irlandais de l'Eglise en Amérique, et il ne vous restera plus , qu'une vaste plaine parsemé, ça et là, de quelques chênes robustes d’origine étrangère, qui seuls témoigneront du site d’une forêt préexistante. En conséquence c’est la nation irlandaise qui réclame à la face du ciel la plus honorable mention dans la solennité d'aujourd'hui. Dans leur exil et leur infortune, ses fils donnent aujourd’hui la main aux vrais et fidèles enfants de la France catholique qui réclament l'honneur d’avoir élevé les premiers autels ae ce euple grandissant.
Se répandre est un des’principes de la nature. Pendant quelque temps la fleur croit; elle repose la vue par sa beauté, et ses parfums rafraichissent la brise. Alors sa riche carolle s'incline chargée de graines d’or qu’un vent favorable transporte en d’autres jardins et sème par la contrée; et l’année suivante, mille fleurs s’épanouiront pour une qui embellissait le champ de la nature. Aïnsi la race irlandaise est devenue fleur d’une grande valeur morale, riche par l’odeur des vertus qui plaisent le plus au ciel, la pureté et la patience dans les épreuves. La Providence miséricordieuse qui enjoignit à l'orage d’emporter la semence de cette plante et de la semer en d’autres contrées, contemple aujourd’hui dans la race irlandaise la croissance prolifique d’une tige aimée.
La dispersion des familles est sans doute pour un peuple une grande source de faiblesse et de malheur, mais les actions de la divine Providence sont mues par des ressorts cachés ; c’est le fait de l Etre Suprême de faire naître des bénédictions de maux apparents, et nous avons aujourd’hui le spectacle d’une grande bénédiction provenant de la dispersion du peuple irlandais. Par là je n’entends point parler de la prospérité et de la liberté nationale qu’il a su acquérir en d’autres contrées, ni de ses moyehs et de son intelligence qui ont enrichi les colonies et le grand continent d'Amérique. Je vois pour mes compatriotes une auréole de bénédictions surpassant de : beaucoup toutes les satisfactions de la vie matérielle . bien loin dans l’avenir je prévois pour eux l'honneur le plus grand et le plus durable qui puisse être
Fi
accordé à l’homme, un privilége qui subsistera pendant les âges sans fin de l'éternité.
La vision qui passe mainienant devant moi n’est autre que celle du jugement derttier. Je vois toutes : les nations du globe rassemblées dans la vallée de Josaphat. Dégouté à l'aspect des innombrables millions de nos semblables qui gémisent sous le coup de la loi de la rétribution éternelle, je me tourne vers la réunion éclatante des élus, et là, m’imaginant que les nations peuvent se rassembler sous leur propre drapeau, je m'aperçois que le plus grand nombre de ceux qui sont sauvés s’abritent sous la bannière qui représente la nation et les intérêts irlandais.
Cette seule pensée contre-balance une agonie de 300 ans de persécution, nos maisons dévastées, nos sanctuaires pillés, et les sentiments d’indignation d’une race foulée aux pieds, et emmenée sur des vaisseaux d’émigration en deça de l'Atlantique, afin d'être l'instrument du ciel pour l'établissement de la Catholicité en d’autres pays. La foi de l'Irlande persécutée a été entrainée sur l'aile de vents propices vers les prairies de ce vaste continent, pour fleurir dans les 61 églises mentionnées dans cette solennité et pour être finalement emportée par la mains des anges aux jardins éternels du paradis : « quic non sunt condignæ passionis hujus temporis ad gloriam quæ revelabitur in nobis.»
L’Evangéliste nous dit que lorsque le Fils de Dieu monta au Ciel, ses disciples s’arrêtèrent, dans un bien pardonnable retard, à fixer leurs yeux sur le nuagé
LS Ne
brillant qui l’avait caché à leurs regards. Alors un ange leur apparut et leur dit : « Hommes de Galilée pourquoi restez-vous ici à contempler les cieux ?» Sans doute que l'ange en connaissait la raison; et pourtantilsembla leur reprocher ce fait. Les commen tateurs disent qu’il voulait leur rappeler que le monde leur restait à convertir ; que le vautour du paganisme couvrait de ses sombres aîles chacune des nations de la terre, et que des millions d’âmes s’engouffraient, avec le sceau de l’immortalité, dans les abîmes de la damnation éternelle.
Messeigneurs et Révérends Pères, en nous agenouillant aujourd’hui au pied de cet autel un sentiment de sympathie doit se joindre à notre reconnaissance. Nous sommes comme des soldats qui, au milieu de la bataille s'arrêtent pour contempler le terrain qu’ils ont gagné afin de s’encourager, sans doute, à se replonger ensuite au plus épais de la mêlée. Autour de nous cependant il y en a des milliers qui sont dans les ténèbres de la mort. Les écoles de l'erreur fleurissent à l’ombre des cathédrales représentées à cette solennité. Il y a encore 30,000,000 d'individus de toutes les variétés de croyance qu’il faut amener au bercail. Autour de ces autels ne prierons-nous pas le Tout-Puissant de dissiper les ténèbres qui entourent tant et de si nobles âmes sur ce vaste continent. Comme l’ange au trône du Père Eternel nous lui demanderons :
« Combien de temps encore, Seigneur, serez-vous sans pitié pour Jérusalem ? » Et sans doute que lorsque la célébration de cette grande solennité reviendra,