U APPENDICE
AU down hewn,
A good man in the dust ;
Evcr may lie groan
Whû now from tliis war-play
Of wending thinketli.
I am old of life ;
II 3 n ce stir will I not,
And I by the lialf
Of my lord,
By sucli a loved man
To lie am thinking.
UN EXT l{ AIT DU POEME DE BEOVULF
Nous n'avons pas résisté an désir de citer, à côté de l'intéressant document que donne M. Freeman, un autre morceau, non moins curieux, extrait de Btovulf{a). Ceci est un poëme épique, également en anglo-saxon, mais qui remonte à une antiquité l)ien autrement reculée, à l'époque où les peuples qui parlaient cette langue, confinés encore dans la basse Scandinavie, n'avaient pas même abordé les bouches de l'Elbe et les rivages germains. Plus tard , au cinquième ou sixième siècle, il fut remanié, et, de nos jours, les trois mille vers et plus dont il se compose ont été traduits en entier par les savants allemands.
Le passage que nous a rappelé la ballade sur la bataille de Maldon caractérise aussi d'une manière frappante l'étroite amitié qui liait les compagnons à leur seigneur. Le héros de la vieille épopée, Beovulf, prince des Geôlâs{b), Veredôs ou Goths, devan- (*ant ses guerriers qui le suivent, s'est attaqué à ce dragon invincible qu'on retrouve dans les fables
[^ii) Prononcez Biovidf.
[h) Prononcez Gh.ôlàs.
'210 AIM^ENDICE.
])rimitives de luu^ les peuples. Le iiiuiisli'e vomil sur le vieux roi de si terribles jets de tlamme et le serre de si près que celui-ci va succomber. V'oici ce qui arrive, d'après le récit même du poëte, que nous avons essayé de reproduire en vers, littéralement, sur le texte anglo-saxon de Moritz Heyne, éclairci par la version allemande de Karl Simrock (Paderborn, 1873) («).
Alors s'enfuit la troupe à l'aspect du danger. Des nobles jeune élite ; autour de lui pressée, Loin d'achever la lutte, elle veut se ranger A l'abri dans un bois. En son âme offensée, Un seul, brave et loyal, sent bouillir sa valeur.
Pour la première fois, au sein de la tempête Du combat, il suivait le Chef et le Seigneur Qui le combla de dons. A l'aider il s'apprête. Son cœur ne faillit point, et de sa faible main Xe laissa pas tomber le glaive de son père.
Viglàf, aux Compagnons déclarant son dessein,
Exhale en mots nombreux une douleur amère :
« Mon âme a retenu — depuis qu'il nous donna
« L'aie dans ses festins — notre promesse fière
« Au noble Chef et maître, alors qu'il nous orna
« Nous, ses guerriers, d'anneaux. La salle de la b ère
o Entendit nos serments. Notre bras empressé
« Devait, s'il le fallait, de sa munificence
Il Payer un jour les dons : cottes en or tressé,
« Casques, glaives tranchants. C'est nous de préférence
j Qu'il a voulu choisir dans le camp tout entier,
« En partant pour tenter cette rude aventure,
« Parce qu'il vit en nous le cœur le plus altier,
{a) 11 faut voir aussi l'attachante analyse et les extraits qu'en donne M. Taine dans sjn Histoire de la littérature anglaise.
AFPIlNDICE. 217
« Pour maniei' l'épée une adresse plus sùi-e,
« Et pour porter le casque un front plus vigoureux.
« II comptait cependant, seul nous sauvant peut-être,
« Accomplir cet exploit par un effort heureux,
« Lui, le Pasteur du peuple et notre Seigneur-maître.
« Ce jour funeste a lui
« Où le Chef des guerriers a besoin de notre aide « Et de vaillants lutteurs. Allons, courons à lui,
Défendons le héros, avant qu'enfin il cède « A l'effroyable ardeur de ce feu consumant. u Quant à moi, Dieu le sait, je ne sens qu'une envie : « A la flamme livrant ce corps mon vêtement, , « Pour l'anneau d'or du Chef lui dévouer ma vie. « Oui, ce serait grand'honte avec nos boucliers « De rentrer au pays, chacun dans sa demeure, u Si l'horrible dragon, sous nos coups déployés, « Ici ne s'abattait : il ne faut pas que meure a Le roi des Védéras. Nous ne suivrions pas « Nos usages anciens, si notre Chef et maître, « Avec tant de guerriers, les héros des Geôtâs, « Souffrait et tombait seul. Tout en commun doit être « Entre le Chef et nous, le brillant bouclier, « Et l'armure tressée, et le casque et la lance, « Tout ! » A ces mots, Viglâf au Chef qui va plier Court, et par la fumée et la flamme s'élance, S'érriant, le héros ! son bouclier levé : « Courage, cher Beovulf,
à ton secours j'arrive I »