‹ Le développement du capitalisme en RussieChapitre 18 sur 138 · Â^ OS · texte numérisé non relu

Â^ OS

22,9 15,6 33,5 29,4 36,4 42,6 chevaux et plus 7,2 12,4

Total 100 100 8,6 100 100 52,8 100 100 100 9,8 3,2 100

On voit par là que les rapports d'ensemble entre les groupes sont, cette fois encore, les mêmes que nous avons déjà constatés (concentration de la terre achetée et affermée entre les paysans aisés, passage à ces derniers des terres des pauvres, etc.). De même sont absolument analogues les rapports entre les groupes en ce qui concerne le travail salarié, les « petites industries » et les « courants progressifs » dans l'exploitation :

tchevsk. Pour ce dernier district, les chiffres ne comprennent pas les communes suburbaines. Quant à l'affermage, nous prenons les chiffres globaux en réunissant l'affermage des lots concédés et celui de la terre affermée en dehors des lots. L'étendue des terres données à bail a été établie par nous approximativement, d'après le nombre des feux cédant tout leur lot. Les chiffres obtenus nous permettent donc d'établir la quantité de terre dont jouit chaque groupe (lot + terre achetée + terre prise à bail — donnée à bail).

Instruments perfectiennes (pour ■^ m 2 M le district (l'Eletz)

■~ о ca ■r I « ai

Groupes d'exploitants wSS ê'Si: Wi:S2 S âS HisS

Sans chevaux 0,2 59,6 0,7 0,01 0,1

A cheval unique 2,3 37,4 1,1 0,2 3,8

Avec 2 à 3 chevaux 4,9 32,2 2,6 3,5 42,7

» 4 » et plus 19,4 30,4 11,2 36,0 53,4

Total 3,5 39,9 2,3 2,2 100

Ainsi, dans la province d'Orel également, nous observons la décomposition de la paysannerie en deux types diamétralement opposés : prolétariat rural d'une part (abandon de la terre et vente de la force de travail) et bourgeoisie paysanne d'autre part (achat de terre, affermage en grand, surtout de lots, progrès de l'exploitation, louage d'ouvriers et de journaliers, omis ici, adjonction à l'agriculture d'entreprises industrielles et commerciales) . Toutefois, l'étendue de l'exploitation agricole des paysans est, en général, bien moindre que dans les cas examinés plus haut : ici, le nombre des gros détenteurs de surface ensemencée est infiniment plus petit et la décomposition de la paysannerie, à en juger par ces deux districts, apparaît donc moins accusée. Nous disons « apparaît », voici pourquoi : premièrement, si nous observons ici que la « paysannerie » se transforme bien plus vite en prolétariat rural en dégageant de son sein des groupes à peine visibles de bourgeois ruraux, en revanche nous avons déjà eu l'occasion de voir des exemples contraires, alors que ce dernier pôle de la campagne devient particulièrement visible. En second lieu, la décomposition de la paysannerie agricole ici (nous par-

Ions dans ce chapitre de la seule paysannerie agricole) est estompée par les « petites industries » qui prennent un développement particulier (40% des fam.illes). Or, dans cette rubrique aussi vient se ranger, à côté d'une majorité d'ouvriers salariés, une minorité de marchands, de revendeurs, d'entrepreneurs, d'exploitants, etc. Troisièmement, la décomposition de la paysiannerie est estompée encore par l'absence de données sur les aspects de l'agriculture locale qui sont le plus liés au marché. Le développement de l'agriculture commerciale, travaillant pour le marché, ne vise pas à étendre les emblavures pour vendre du blé, mais à produire du chanvre. Le plus grand nombre des opérations commerciales portent sur cette denrée, et les tableaux reproduits dans le recueil ne distinguent justement pas ce côté de l'agriculture chez les différents groupes. « Les chènevières fournissent le principal revenu aux paysans » (c'està-dire le revenu en argent. Recueil sur le district de Troubtchevsk, p. 5 des descriptions par localités, et beaucoup d'autres passages) ; « l'attention des paysans se porte principalement sur la culture de chanvre. . . Tout le fumier. . . sert à engraisser les chènevières » {ibid., p. 87) ; les prêts consentis sont « gagés sur le chanvre » ; c'est avec le chanvre que l'on acquitte les dettes {ibid., passim). Pour amender les chènevières les paysans aisés achètent du fumier aux pauvres {Recueil sur le district d'Orel, t VIII, Orel 1895, pp. 91-105) ; on prend et on donne à bail des chènevières dans sa commune ou dans d'autres {ibid., p. 260), une partie des «entreprises industrielles» où s'observe la concentration dont nous avons parlé, traitent le chanvre. On voit donc combien incomplet est le tableau de la décomposition, où manquent les renseignements sur la principale denrée marchande de l'agriculture locale*.

* L'auteur du recueil pour le district d'Orel nous apprend (tableau 57) que, chez les paysans aisés, la quantité de fumier par tête de gros bétail est près de deux fois plus élevée que chez les pauvres (391 pouds

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