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Devoir ne pourra point se désintéresser de la politique, cet art difficile de diriger les affaires temporelles des peuples. La chose publique requiert des administrateurs. Les hommes d'État ont leur rôle à jouer, et qui n'est indifférent ni au maintien de l'ordre, ni au progrès de la société. Les politiques ont leurs épreuves et leurs mérites. Le Devoir, qui le sait, ne cessera point, j'en suis sûr, de les aider à solutionner les problèmes que chaque jour pose devant eux. Pour cela je lui souhaite de continuer à voir les questions par le haut, d'un point de vue général, d'émettre sur toute question publique des idées qui guident les gouvernants, éclairent pleinement les gouvernés. Mais pour mieux conseiller les uns et renseigner les autres, le Devoir s'arrête à d'autres sujets que ceux qui se rattachent directement à la politique. Celle-ci s'élèvera chez nous, les chefs qui la dirigent sentiront davantage la nécessité de se hausser à la taille d'hommes d'État dès qu'il existera ici, pour apprécier leurs actes, une opinion mieux avertie, plus ferme en ses décisions. Pour la former, cette opinion, lui fournir les données à l'aide desquelles on juge sainement les autorités civiles, il faut l'entretenir d'autres choses que des sujets qui gonflent d'ordinaire les discours des politiciens.
Ce sont toutes les questions d'intérêt général qu'il convient de discuter devant elle. Les citoyens auront conscience de leurs multiples obligations, chacun d'eux ae ceptera la part qu'il doit prendre au progrès, si on leur prouve qu'ils doivent être étudiés, guidés, soutenus sous d'autres aspects que celui d'électeur. Ils rendront des verdicts