PREFACE
Les applications rationnelles de la médecine hydrobalnéaire sont tellement rares, à notre époque dite de lumière et de progrès, que lorsqu'on rencontre sur le sujet un ouvrage approfondi dans son exposé, à la hauteur de la science moderne, et dont l'auteur se fait remarquer par sa pratique et par sa logique, on se fait non seulement un plaisir, mais un devoir de le lire, et de méditer ses divers chapitres.
L'impression que le travail de M. le D*" Duhourcau^ « Le diabète sucré et son traitement hydrologique », m"a laissée, a été telle, que je n'ai pas hésité à répondre favorablement à la demande que mon disciple et savant confrère a bien voulu m'adresser, celle de faire unesorte d'introduction à son œuvre.
Cette demande, en me faisant honneur, m'a donné l'occasion de constater une fois de plus que, seuls, les médecins hydrologues qui veulent consciencieusement et savamment scruter les coins et recoins d'une question hydropathique, sont capables de la placer sur son véritable terrain, et de lui faire faire un pas sérieux: dans la voie du progrès.
Pour appliquer correctement les enseignements de^ l'hydrologie à la cohorte sans fin des maladies chroni-
XII PRt;FACE
ques, il faut avoir préparé sa pratique spéciale, par des études également spéciales d'histoire naturelle, de chimie et de médecine. Telle est la règle qu'impose aujourd'hui la marche ascendante de la science. Telle est la voie que commence à suivre la jeune génération, à l'exemple de quelques praticiens déjà anciens, dont on saura plus tard apprécier à leur juste valeur les efforts et les services rendus.
M. Duhourcau a cherché à montrer que, sans la chimie, l'hydrologie ne saurait que rentrer dans les pseudosciences empiriques. C'est déjà un ç^^rand pas ; constatons-le en commençant notre exposé. Mais nous ne saurions dire, cependant, que le vide à combler dans les combinaisons hydropathiques du diabète n'existe plus après la lecture du travail du médecin de Cauterets. Une portion reste encore à niveler.
Suivons-le dans ses grandes divisions du sujet.
Dans un court historique, le D"" Duhourcau a tracé à grands pas les principales phases de l'étude du diabète.
Il arrive, avec une série de savants, à donner de cette maladie une définition qui nous paraît être plutôt une description symptomatique, et sur laquelle nous reviendrons plus loin. Pour le moment, appelons-la : maladie sucrée^ glucosurie, ou diabète.
En admettant que l'hérédité peut transmettre la maladie en question, il reste démontré pour M. Duhourcau, comme pour tous, que des maladies constitutionnelles, générales, rhumatisme, goutte, lithiase biliaire,, nervosisme, peuvent marcher de pair avec le diabète, chez les familles diabétiques. Les causes qui affaiblissent l'organisme, l'énergie vitale, dans tous les éléments anatomiques. peuvent causer la maladie sucrée, comme elles causent les précédentes.