‹ Le diabète sucréChapitre 128 sur 654 · Brault. {Presse médicale, 1901, 29 niai · texte numérisé non relu

Brault. {Presse médicale, 1901, 29 niai

2. D’après les recherches de Jknskx (Zeitschrift fur pliysiol. Chemie, 1902. XXV. p. 520) le myocarde, après quinze jours d’inanition, pourrait conserver son glycogène, alors que les muscles des membres en ont perdu les neuf dixièmes. Toutefois, le cœur d’unegrenouille intoxiquée par la strychnine peut perdre complètement son glycogène (Jk.nskn, id., p. 533) bien qu'il continue à battre régulièrement. Ainsi, chez cet animal, le glycogène ne serait pas indispensable au fonctionnement du myocarde.

Lèi-ine.

130 RÉSERVES GLYCOGÉNIQUES

1 artère nourricière. — Voici à cet égard une expérience personnelle :

('iuen 2187. — A 8 heures du matin, on lie l'artère iliaque primitive gauche. Huit heures plus tard, on sacrifie l’animal; on en enlève les deux gastro-cnémiens et on y dose le glycogène (ils ne renferment, ni l’un ni l’autre, de sucre en quantité notable).

Glycogène p. 100.

Muscle droit sain 0,69

— gauche 0.51

Soit une diminution de 27 p. 100.

SIGNIFICATION BIOLOGIQUE DE L’EUZOAMYLIE ET DE L’AZOAM YLIE

11 est presque inutile de faire remarquer que l’un ou l’autre de ces états ne nous permet pas de préjuger la question importante au point de vue du diabète, de la quantité de sucre produit, dans un temps donné.

En effet, la proportion d’hydrates de carbone accumulée dans le foie n’indique pas celle qui en est sortie : l’abondance du stock ne nous indique pas le bilan des affaires : ce qu’il faudrait connaître c’est le mouvement d'entrée et de sortie.

Les déductions qu’on peut tirer de la connaissance de l’euzoamylie et de l’azoamylie sont donc limitées. Il faut môme ajouter que l’importance du glycogène, au point de vue du diabète, a été certainement surfaite, puisque, comme nous le verrons dans le chapitre prochain, il est loin d’ètre la seule source de sucre dans l’économie. Mais d’autre part, il ne faut pas exagérer en sens inverse, et méconnaître qu’il constitue une réserve d’hydrate de carbone, particulièrement nécessaire, puisque la marmotte, pendant l’hibernation, et l’homme inanitié transforment en glycogène une partie de leurs autres réserves. —

IMPORTANCE DU GLYCOGENE

Si le glvcogène est indispensable, c'est probablement parce qu’il présente l’avantage de pouvoir être consommé plus rapidement que la graisse. On a même soutenu que la destruction de celte dernière n’était possible que si elle était mise en train par celle du glycogène1.

Et cependant, ce n’est pas l'hydrate de carbone le plus immédiatement utilisable. Nous avons déjà vu dans le chapitre I qu'il existe une autre réserve dans le sang, le sucre virtuel — qui, en quelques secondes peut augmenter d'un cinquième au moins le glvcosc du sang*.

Mais il est possible que le glycogène soit plus qu’une simple réserve : on l’a considéré comme capable de jouer tm rôle antitoxique vis à vis de divers poisons. Et celle idée, qui, au premier abord, semble un peu aventurée, trouve un appui dans un fait curieux, l’action antitoxique du sucre. 11 est donc admissible que si un animal abondamment pourvu de glycogène résiste mieux, toutes choses égales, à l’action de substances toxiques, c'est non seulement parce que l’euzoamylie est un signe d’énergie vitale1, mais aussi parce que la

t. C’est à ce point de vue qu’il faut se placer pour expliquer l’accumulation de glycogène dans le foie a la tin de la grossesse. Loind’ètre un signe de ralentissement de la nutrition, comme l’a pensé CKahhin. elle est le résultat d’un processus qui permit de fournir des matériaux à la glande mammaire Je partage a cet égard l'opinion de Porcher. ( Bulletin de la Société medicale tics hôpitaux de Lyon, 1 905, p. 194.) C’est également comme réserve disponible qu’il faut envisager le glycogène dans les tissus en voie de développement, et particulièrement dans les tumeurs malignes. — Voir Wolkf ( Zeitschrift fiir klin. Medicin . 1904, LI, p. 407).

2. Hirsch. M celles et Roli.y ont prétendu que le glycogène est indispensable a la production de ('hyperthermie de la piqûre. Mais Senatok et Richtek [Zeitschrift fur klinische Med., 1904, 1,1 V. p. 30) ont prouvé que 1 hyperthermie ne fait pas défaut après la piqûre même chez l'animal privé à peu près complètement de glycogène hépatique.

•1 D après Achertin et Hébert [Société de liiologic. 6 juin 1908) on observe une surcharge glycogénique des cellules hépatiques chez les animaux ayant bien résisté à une intoxication chronique alcoolique ou absinlhique et une dégénération graisseuse seulement chez les animaux cachectiques et mourants.

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zoarnvline, par clle-môme, serait susceptible de neutraliser des poisons1.

I . Voir sur ce sujet : Rooeh. Action du foie sur les poisons. ( Thèse de Paris, 1887). — P. Teissieh et Guinard. (C. II. de P Acad. des Sciences, 22 et 20 juillet 1805 el Archives de mcd. exper. et d'anat. pathologique, 1807, t. IX). — Zac.ari. [Giornale internaz délie Scienze Mediche, 1804, XV). — d’Amato. (Labor. du prof. Armanni). — Re«t. (Z ieglers Iteitrâge) XXXIII). — Pour la bibliographie du glycogène jusqu'à l'année 1002, voir Crkmf.k. [Ergebnissc der Physiologie, I. Wiesbaden, 1002).

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