‹ Le diabète sucréChapitre 467 sur 654 · EXAMEN HISTOLOGIQUE · texte numérisé non relu

EXAMEN HISTOLOGIQUE

Quant à l’examen microscopique, il permet presque toujours d’y décéler diverses altérations de l’épithélium, et, principalement dans le cas où la glycosurie est abondante, une lésion spéciale fort curieuse.

Lésion d’Armanni-Ehrlich. — Celte lésion, qui est localisée au niveau des anses de llenle, a été signalée incidemment, cl

t. C. Neuberg. Ueber die quantitative Bestimmung des Phénols im llarn. [Zeitschrift fi'ir physiol. Cliemie, 1899, XXVII, p. 127).

LÉSION D'ARMANNI-EHRLICH

d une manière d’ailleurs peu exacte, par le professeur Armanni. Cliez un diabétique, dans les tubes droits de la région médullaire, il a vu des cellules épithéliales transformées en grosses vésicules transparentes *.

La même altération a été aussi indiquée par le professeur Ebstein l 2. « Dans son cas, la lésion se trouvait limitée à une portion spéciale des canalicules urinifères, la zone limitante de llenle. Elle portait sur la branche grêle et sur la branche large à épithélium sombre de l'anse ». Les noyaux cellulaires étaient bien conservés; mais un certain nombre de cellules étaient très tuméfiées. 11 la désigne par le nom de gonflement diabétii/ue de l' épithélium rénal, qui a, dit-il, sur celui de dégénérescence hyaline, proposé par Armanni, l’avantage de ne rien préjuger quant à la nature de l'altération.

L’n peu plus tard, Ebstein a, de nouveau, insisté sur cette lésion qui a été aussi mentionnée par Ferraro*. Cet auteur croit qu’elle est due moins aux qualités anormales du sang et de urine qu’au trouble apporté à la nutrition des épithéliums par l’altération des vaisseaux. Mais cette interprétation est erronée, ainsi que l’ont montré Ehrlich* et Straus*.

Etudiant la diffusion de la matière glycogène dans l’économie des diabétiques, Ehrlich reconnut avec la gomme iodée que la lésion, dite hyaline, des anses de llenle est en réalité, une

l Caxtaxi. Le Diabète sucré. (Trad. franç.,par Charvkt), Paris, 1870. p. 337, 344. et PI. lit, fig. 6.

2. Ebstein. Ueber Druscncpithelnckrosen l»ei Diabètes mellitus. (J)eutschcs A ic h. fiir il. Med., 1881. XX VIII. p. 143).

3. Ebstein Weiteres über Diabètes mellitus. (. Dcutschcs Archiv fiir kl. Med., 1882. XXX, p. 1).

4. Ferraro (P.). Nuove ricerche sulle alterazioni degli organi nel diabete. (Il Morgagni, 1883. p. 71).

O. Ehrlich. Ueber das Vorkommen von Glycogen im Diabètes und in normalen Organ. (Zeitschrift fiir kl. Med., 1883, VJ, p. 33).

6. Stbacs. Contribution à l'étude des lésions histologiques du rein dans le diabète sucré (Archives de Physiol., 1883, II, p. 344, et 1887, 11, P 76).

SYMPTOMATOLOGIE DU DIABETE

infiltration des cellules épithéliales par de la matière glycogène. Elle sérail, d’après lui, presque constante dans le diabète et pathognomonique de cette maladie. 11 l’attribue à l'anhydrisation du sucre de l'urine résorbé par les cellules des tubes, au point où ils sont le pi us étroits.

D’après Straus, cette infiltration serait moins constante que ne l'avait pensé Ehrlich. 11 croit que le sucre, source de la matière glycogène, provient non de l’urine, mais du sang, attendu que, précisément au niveau des anses, de très gros capillaires sont interposés entre les tubes. Mais, si l’opinion de Straus était exacte, on devrait observer une infiltration de glycogène dans beaucoup d’organes riches en vaisseaux.

L’explication d’Ehrlich ne paraît pas d’ailleurs complètement satisfaisante, et il est possible que la pathogénie de l’infiltration glycogénique soit plus compliquée : Des travaux plus récents semblent prouver qu’elle est souvent un résultat de l’irritation du tissu, une réaction de la cellule. Si l’on injecte de l’eau salée à 10 p. 100, sous la conjonctive d’un animal, la rétine s’infiltre de glycogène ’.

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