‹ Le diabète sucréChapitre 582 sur 654 · Lannois. (Lyon médical · texte numérisé non relu

Lannois. (Lyon médical

TUBERCULOSE PULMONAIRE

galion à l'apophyse mastoïde. La destruction des tissus explique la fréquence des abcès cérébraux, et justifie l’intervention chirurgicale précoce, qu’il faut recommander dans les cas où l’état général des malades n’est pas trop grave *.

CYSTITE ET PNEUMATl’RIE

On rencontre parfois, dans l’urine de diabétiques, des champignons qui n’ont donné lieu à aucun symptôme-. Mais certains d’entre eux déterminent la fermentation de burine et le développement de gaz dans la vessie, d’où la pneumaturie, complication d’ailleurs rare chez les diabétiques de l’un et de l’autre sexe*.

TUBERCULOSE PULMONAIRE

Une des infections les plus communes chez les diabétiques esi l’infection par le bacille de Koch, et c’est presque toujours par le poumon qu’elle débute. La tuberculose pulmonaire conduit à la mort près de la moitié des diabétiques de nos hôpitaux* et le quart des diabétiques qui sont dans l’aisance.

1. Voy. Kubnig. ( Centralblatl fur Chirurgie , 1880). — M. Raynaud.

[Annales des maladies de l'oreille, 1881, n° 2 — Khaskk. Deutsche med.

Wochensch ., 1881, nu 35). — Ishael. ( Iterliner kl. Wochensch., 1881, p 705).

— kiHCHNEH. (Congres internat d'otologie. Râle, 1885). — Schwabach.

( Deutsche med. Woch., 1885. ny 52). — Wolf. (Archiv fur Ohrenheil kunde , XXV et XXVI). — Kuhn. (ld., XXIX — koii.siH. (Archiv fiir Ohrenheilk., 1889, XXIV, p. 61é — Sr.HNEBKi.K. Thèse de Lyon, 1899, p. 71). — Muck. ( Zeitschrift fiir Ohrenheilkundc, XXXV, p. 215 — Can-

nois. ( Congrès international de médecine, Paris, août 1900,. — Yehnieume. (Annales de la Société de médecine <le Gand, 1903 . — Eii.enstkin. (Zeitschrift fiir Ohrenheilk. , XL 11, p. 263).

2. W. Gentzsch. Ueber pathogène Sprosspilze bei I). (Inaug. Dissert., lena, 1908).

3. Voir pour la bibliographie F. Mubi.leh. ( lierl . kl. Woch., 1889, n°4i).

— V. Noohdkn. ( lier Diabètes, 4” édition, p. 349).

4. laie des principales causes de la fréquence de la phtisie chez le diabétique hospitalisé est certainement l’infection du milieu nosocomial. Il est probable que celle-ci diminuera avec les progrès de l’hygiène hospitalière.

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COMPLICATIONS DU DIADÈTIi

Causes de l'infection tuberculeuse. — L’excès de glycosc dans les humeurs et dans les tissus paraît favorable au développement du bacille, soit directement, soit indirectement, en diminuant la résistance des tissus; des recherches très précises à cet égard font encore défaut. Outre le sucre, quelques substances qui contribuent à constituer la dyscrasie diabétique peuvent jouer peut-être un rôle favorisant. La simple dénutrition, qui existe dans tout diabète grave, agit certainement comme cause prédisposante. La preuve en est donnée par la fréquence de la tuberculose pulmonaire chez les vaches laitières. Aussi ne peut-on s’étonner qu’elle soit plus commune chez les diabétiques présentant une dénutrition intense.

Elle n'est, d’ailleurs, pas spéciale aux diabétiques cachectiques, et tous les cliniciens ont pu l’observer chez des diabétiques dont la nutrition paraissait bonne, et la maladie peu grave. Tapret l’a vue se développer chez un goutteux, qui n’avait que quelques grammes de sucre par litre1. Dieulafoy cite un malade d’Hutinel qui, devenu diabétique à la suite d’un traumatisme, contracta ensuite une tuberculose pulmonaire2. Aucune espèce de diabète n'est donc à l’abri de cette complication.

Évolution de la tuberculose. — Celle-ci débute, le plus souvent, d’une manière insidieuse, par le développement plus ou moins lent des granulations ou bien, d’une manière plus aiguë, par une broncho-pneumonie, qui devient caséeuse. Mais môme dans ce cas, la marche de la maladie n'est pas nécessairement très rapide, et, souvent, la fonte des portions caséeuses ne se fait qu’en quelques mois. Chez les diabétiques arthritiques on peut môme compter, souvent, sur une évolution lente des lésions si, par un traitement convenable, ils amendent leur hyperglycémie. La phtisie n’est donc pas, chez le diabétique, toujours mortelle

1. Sauvage. Du diabète dans ses rapports avec la tuberculose pulmonaire. ( Thèse de Paris , 1895).

2. Dieulafoy. ( Clinique médicale , 1901-02, tome IV, 13u leçon). On sait que te diabète d'origine traumatique est le plus souvent bénin.

TUBERCULOSE PULMONAIRE

à brève échéance, et l’on est parfois heureusement surpris de sa bénignité relative.

J'ai longtemps observé à ma clinique un homme de trente-six ans, alcoolique, diabétique depuis quelques années, et tuberculeux depuis l’année précédente. A son entrée, on constatait sous la clavicule droite de la matité et de gros râles, qui avaient fait admettre l’existence probable de cavernules. 11 est à croire que celles-ci n’ont pas existé réellement; car, un an après, la matité au sommet droit était bien moindre, et on ne pouvait déceler d'autres signes d’auscultation, chez ce malade, qu’un certain degré d’obscurité du murmure et quelques râles très fins. Il n’avait pasde fièvre et rendait, par jour, l litres d’urine renfermant 30 grammes d urée et 300 grammes de sucre. Pas d’acétonurie.

A côté de ces cas si remarquablement bénins', on observe quelquefois des pneumonies caséeuses â évolution rapide, et, beaucoup plus rarement, une tuberculose miliaire aigué2.

Symptomatologie. — On a dit que la phtisie diabétique chronique présentait quelques particularités, par exemple la rareté relative des processus pleuraux, et aussi celle des hémoptysies que l’on a expliquée par l’artérite oblitérante (Leyden) \

On a noté aussi qu'en général on n’observe guère chez ces malades la fièvre, les sueurs profuses, la diarrhée et l’abondance de l'expectoration, si communes chez la plupart des phtisiques vulgaires'. Ces remarques ne sont pas sans fondement, mais il

1. Voir aussi un cas de Labbê. fiazette des hôpitaux , 1908, 30 juillet).

2 Letcli.k. bulletin de la Société anatomique, 1878. p. 490).

3. Leyden. [Zeitschrift fur klinische Medicin, 1882, IV, p 298).

4. Yoy. sur la phtisie diabétique: Bouchardat. [La Glycosurie, p. 56,

60. 353). — Lècorché. [Traité du Diabète, Paris. 1877. p 283; .— Richardson. Med. Times and Gazette. 1878 — Dreschkf.ld [Med. Chron., 1884.

I. p 5). — Gregoraci. ; Tesi per le libéra docenza. Napoli, 1895). — Williamson. [Diab. me II., 1898). — Blimbsfeld. Therap. Mnnatshcfte. 1889. n° 2). — Letcllr. [Bulletins et Mémoires de la Société médic. des liôpit. de Paris, 21 juin 1901, p 690). — Cronkr. [Deutsche med. Woch., 1903, 5 nov.). — Thorspecken. .Münchener med. Woch., 12févr. 1907). — Shively. v New- York Med. Journal, 1908, mai 16).

COMPLICATIONS DU DIABÈTE

y a de nombreuses exceptions, et plusieurs cliniciens disent avoir eu l’occasion de noter, les uns des hémoptysies, les autres l’abondance des crachats, etc.

On sait qu’à la période consomptivc de la tuberculose, la glycosurie diminue et peut même faire défaut. Dans un cas, Zaudy a vu disparaître de l’urine non seulement le sucre, mais, ce qui est assez extraordinaire, l’acétone et l’acide diacétique qu’elle renfermait '.

On a prétendu, il y a une quarantaine d’années, que la phtisie pulmonaire chez les diabétiques était de nature spéciale ; car, plusieurs observateurs des plus compétents, Wilks, Ililton- Fagge, Dickinson, Leyden, etc., n’avaient pas constaté l’existence de granulations tuberculeuses dans les poumons de ces malades; mais Immermann et Hiitimeyer-, etc., ont eu des résultats positifs à cet égard. 11 est probable que dans les cas où la recherche des bacilles avait été infructueuse on avait eu surtout affaire à un processus ulcéro-gangréneux, qui, dans les poumons des diabétiques, prend parfois une grande importance1 2 3 4. La symbiose de divers microbes avec le bacille de Koch influe beaucoup sur l’évolution des lésions’.

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