‹ Le Diable a ParisChapitre 27 sur 123 · PARLONS DE LA LÉGÈRETÉ DE LA PARISIENNE · texte numérisé non relu

PARLONS DE LA LÉGÈRETÉ DE LA PARISIENNE

J'ai dit quelque pari que le peuple Français, le plus léger de la terre, au dire de lui-môme et des autres nations, avait inventé la guillotine, la roue, le vers alexandrin, le poème épique, la tragédie classique, les robes à panier, le bouilli de bœuf, le cheval de roulier, et tout ce qu'il y a de plus calotte de plomb au monde. C'est lui, ce même peuple français, qui a laissé s'accréditer l'opinion que la Parisienne avait la légèreté de l'hirondelle, et la subtilité d'un parfum.

La Parisienne est très-légère en dansant, c'est vrai, mais elle ne danse pas toujours. Quand elle aime, par exemple, elle ne se résout pas à chaque instant en fumée d'encens ou de myrrhe. Elle est sérieuse comme la passion, quand la passion l'étreint et la domine; alors il n'y a ni Espagnole au teint bruni, ni Italienne au poignard de carton à lui comparer.

Que de Parisiennes ont suivi en Egypte, en Italie, en Russie, ces nuées d'officiers à qui elles avaient donné leurs cœurs à quelque bal champêtre, sous l'époque consulaire ou impériale ! Ni les sables du désert, ni les glaces de la Bérésina, ne les ont arrêtées sur le chemin de leur dévouement. Elles ont nettoyé le fusil, lavé le linge, pansé la blessure, salé la soupe, égayé la marche de leurs héroïques maris. 11 n'est aucun point du globe où l'on ne retrouve la Parisienne sous les traits de modiste, de limonadière, de maltresse d'hôtel garni, .le suis sur qu'elle est déjà établie en Chine, domiciliée à Hong-Kong avec cette J:..,, très-miriliquc enseigne :

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