‹ Le Diable a ParisChapitre 71 sur 123 · LES PASSANTS A PARIS · texte numérisé non relu

LES PASSANTS A PARIS

phateur, qui lui rappelle qu'il est homme el que tous les hommes se ressemblent.

— Pour l'homme occupé qui court à ses affaires, le passant n'est qu'un obstacle matériel.

— Pour un homme de mauvaise humeur, un passant c'est un ennemi.

— Pour un homme malheureux, un passant est un indifférent de plus.

— Pour un homme amoureux, un passant n'est rien.

— Pour un observateur, un passant est une observation.

— Pour un philosophe, un passant est une fraction de son système.

— Pour un homme coupable, un passant est un danger ; — pour un homme ivre, c'est un ami.

— Pour un jaloux et pour un ambitieux, c'est un rival.

— Pour un avare, c'est un voleur.

— Pour un pauvre, c'est l'espérance, — cent fois déçue !

— Pour l'homme qui n'a rien, un passant est toujours un homme qui a quelque chose.

Le passant n'est donc qu'un être relatif, qui, par lui-même, ne saurait être autre chose qu'un passant, et qui n'acquiert de valeur particulière qu'à la condition d'être rencontré et jugé.

La rue est le royaume du passant ; quand il a disparu, le royaume est vide, la solitude et le silence s'en emparent, et il n'y reste pas trace de son passage.

La rue, n'est-ce pas la terre tout entière? Qu'y reste-t-il de l'homme quand il a passé?

Mais dans la rue comme sur la terre tout entière, alors même qu'il ne resterait rien de lui quand il a passé, l'homme est quelque chose quand il passe. — Car le passant, c'est — les passants, — c'est-à-dire le sang le plus chaud qui puisse courir dans les veines d'une grande cité.

A voir tous ces contrastes se rencontrant sans se heurter, sans se voir, — la joie a côté de la misère, l'homme qui rit à côté de l'homme qui pleure,

le vice à côté de la vertu, l'oppresseur à côté de sa victime; à voir celle mêlée s.uis but, des intérêts, des sentiments el des mouvements les plus

>es LE TIROIR l»L DIABLE.

opposés, les [lires et les meilleurs, ee llux et ce reflux monotone dont la pensée semble être dans ce mot : « Ote-toi de là que j'y passe, » vous pourriez croire que l'égoïsme l'a emporté, et qu'il ne se rencontre dans Paris (pie des individus et pas de société.

Détrompez-vous : il arrive qu'à des heures solennelles, ces membres cpars se rejoignent soudain; ces forces, tout à l'heure isolées, trouvent un centie commun; ces unités, qu'on avait si soigneusement séparées, se groupent d'elles-mêmes et s'aperçoivent qu'elles sont un nombre : les mains se serrent, les cœurs s'embrasent, et dans cette foule, où d'abord vous n'aviez vu (pie des passants-, il vous faut saluer bientôt ce formidable peuple de Paris qui n'est chez lui que quand il est dans la rue, auquel on ne croit que quand il se montre, et qui a été, toutes les fois qu'il l'a fallu, — et en dépit de tout et de tous, — le premier peuple de la terre.

P J STAHL

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Parisiens de Pane. — 1 .

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— P'pa! qu'est-ce que c'est donc que l'Assurance sur la Vie?., c'est pour quoi n pas? El sur la grêle, P'pa, c'est pour qu'on n'ait pas la petite vérole.. . hein, P'pa

— Non, hèta, c'est pour la grêle dans les champs, une manière à eux de vacciner les pommée de teire

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Tiens donc ça dans l'œil, innocent I... c'est mieux, et plus commode. Oui, mais je ne peux pas

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