‹ Le Diable à ParisChapitre 138 sur 188 · bo · texte numérisé non relu

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— PARIS — GKOGRAPHIE —

vint attaquer on descendant le cours de la Seine; puis ils prirent part au mouvement national soulevé par l'héroïque Vercingétorix , et durent se soumettre avec toute la Gaule. Leur histoire devient alors fort obscure, et l'on sait seulement que l'administration romaine les classa dans la Lyonnaise.

Il faut arriver aux règnes de Constantin et de Julien, au ive siècle, pour retrouver la trace historique de ce petit peuple, destiné à jouer un rôle immense dans l'avenir. Au temps de Julien, les Parisiens étaient sobre- et chastes; ils fuyaient les théâtres et leurs représentations lascives. si l'on en croit cet empereur, et ils se distinguaient déjà par cet esprit gaulois que quinze siècles n'ont pu affaiblir. L'empereur Julien résida pendant cinq hivers consécutifs, de o55 à 361 , soit dans le palais de la Cité, soit dans le palais des Thermes qu'il éleva sur la rive gauche de la Seine; à cette époque, quelques villas s'étaient dispersées sur les deux rives du fleuve, et un camp romain occupait l'emplacement actuel du Luxembourg.

Le christianisme avait fait son apparition dans la contrée dès le milieu du m'' siècle; mais son premier évêque historiquement reconnu, Yictorinus, n'occupa le siège épiscopal de Paris qu'en 3/i6. Cent ans après, un de ses successeurs, Marcellus, le patron du faubourg Saint- Marceau, détruisit les derniers vestiges du paganisme, et fonda une église sur le mont Cetardus, qui porte aujourd'hui le nom de Mouffetard.

Cependant, le vaste empire romain se désorganisait sous l'influence d'un militarisme despotique; les barbares se jetèrent sur la Gaule; Attila et les Huns s'avancèrent vers Paris, qui ne fut protégé que par la miraculeuse intercession de sainte Geneviève , que depuis lors il reconnut pour sa patronne. Lutèce devint capitale sous la première race des rois francs; Clovis \ resida, et il fonda une basilique en l'honneur de saint Pierre et de saint Paul, sur le mont Leucntiiius, connu aujourd'hui sous le nom de montagne Sainte-Geneviève; Childebert bâtit une église de Saint-Vincent qui a été remplacée par l'église romane de Saint-Germain des Près; d'autres églises se fondèrent, sur les ruines desquelles se sont élevées plus tard Notre-Dame, Saint-Germain l'Auxerrois , Saint- Laurent, et la Cité s'entoura de fortifications.

Pendant toute l'époque carlovingienne, Paris fut très-négligé, et son importance naissante décrut sensiblement. Les rois Francs ne l'habitaient plus. Vers 1«' milieu du i\' siècle, les pirates normands pillèrent cette eapitale délaissée et en chassèrent les habitants. Ses désastres fuient

grands alors; la famine l'éprouva cruellement; Charles le Chauve fit plusieurs tentatives pour repousser les barbares du Nord, et deux fois il les éloigna à prix d'or, mais la ville ne retrouva quelque sécurité que lorsque les rois de la troisième race en firent leur résidence. Robert, au xc siècle, reconstruisit les églises détruites parles pirates, et se bâtit un palais dans la Cilé. Louis VI défendit les têtes de pont qui reliaient l'île aux deux rives de la Seine par le grand et le petit Chàtelet; peut-être même entoura-t-il d'une muraille la ville de la rive droite où s'était concentré tout le commerce de Paris, tandis que les écoles et les abbayes commençaient à se fonder sur la rive gauche, et, parmi elles, celle d'Abélard qui fut si florissante au commencement du \ne siècle. Avec Philippe-Auguste. Paris prit une grande importance; il fut protégé par une enceinte, qui, sur la rive gauche, commençait à la Tournelle et finissait a la tour de Nésle, et qui, sur la rive droite, allait de la tour Barbeau à la tour de Nesle. espace aujourd'hui compris entre le pont de la Tournelle, l'Institut , la rue Culture-Sainte-Catherine et la colonnade du Louvre. Soixante-sept tourelles, sans compter les donjons des portes, défendaient celte muraille crénelée. Philippe-Auguste éleva également la tour du Louvre qu'une chaîne rattachait à la tour de Nesle, en barrant le cours du fleuve; il fit paver la Cité, activa les travaux de Notre-Dame, commencée en 1163, et protégea fort l'Université contre les bourgeois. Ceux-ci à cette époque nommaient leur prévôt des marchands, véritable officier municipal, assisté d'échevins. qui marchait l'égal du prévôt de Paris, L'homme du roi.

L'accroissement de la capitale progressa toujours. Pendant le xme siècle, les vides de l'enceinte de Philippe-Auguste se remplirent. Saint Louis fonda les nouvelles églises de Sainte-Catherine et de Saint - Nicolas, les couvents des Jacobins, des Grands-Augustins, des Cordeliers, des Carmes et des Chartreux, l'établissement des Quinze-Yini:t>. l'Université, c'est-à-dire l'ensemble des écoles, les collèges d'Harcourt et de la Sorbonne, et dans son palais il érigea cette admirable Sainte-Chapelle, qui est un (k^ chefs-d'œuvre de l'art ogival du xiiiL siècle. De celte époque date la police régulière de Paris, qui fut commandée par le chevalier (11! i^Urt.

Sous Philippe le Bel, les bourgeois revendiquèrent pour la première fois leurs droits, eu se révoltant contre le roi qui les accablai! d'impôts excessifs; le roi dut s»- réfugier dans l,i tour du Temple, qui appartenait a Tordre si riche i\o> Templiers, anéanti, en 1314, par le supplice de

Jacques Molay, leur ::rand maître. C'est à Philippe le Bel que Paris dut h, fondation de sou parlement, qui s'installa au palais de justice. Sous g gui cesseurs, la capitale fut souvent en état d'insurrection; le prévôt des marchands, Etienne Marcel, et les bourgeois imposèrent plusieurs i,»is leur volonté; cet habile administrateur, assassiné par Jean Maillard, en 1358, avait commencé une nouvelle enceinte pour défendre la partie méridionale de Paris, enceinte qui fut complétée par Charles V; sur la rive droite, elle s'étendait depuis la tour de Bois, près des Tuileries actuelles, jusqu'à la tour Billy. près du boulevard Bourdon, et en dehors se dressait cette formidable et célèbre prison d'État, nommée la Bastille. Non loin, s'élevait l'hôtel Saint-Pol qu'habitait Charles V.

Après lui, Paris passa par les troubles sanglants des Maillotins, des Cabochiens, des Armagnacs, des Bourguignons et de la domination anglaise, dont le représentant résida au palais des Tournelles. En 1429, Jeanne d'Arc vint camper sur la butte Saint-Roch, assiégea la ville, mais ne put s'en emparer. Les étrangers n'en furent chassés qu'en 1436, et Charles Vil en prit possession sans y établir sa résidence. Louis XI, qui l'habita peu, accrut ses privilèges, et y fonda une école de médecine.

Ce fut François Ier qui s'occupa activement de la grande ville; il protégea son enceinte par une suite d'ouvrages bas, reliés par des courtines et invulnérables aux coups de l'artillerie. La construction du nouveau palais du Louvre fut confiée à Pierre Lescot. Sous Louis XII - élevèrent plusieurs monuments de la Renaissance, entre autres l'hôtel Cluny, et le Louvre commença à devenir un palais. Les troubles religieux ensanglantèrent la capitale sous Charles IX, et le signal -de la Saint- 3arthélemy y fut donné par la cloche de Saint-Germain l'Auxerrois, dans la nuit du 2/t août J572. Aux troubles religieux succédèrent les dissensions civiles; la Ligue établit ses barricades dans les rues de Paris insurgé, et Henri III dut prendre la fuite; ce roi, déclaré déchu du trône, revint assiéger « sa bonne ville, » et périt alors sous le poignard de Jacques Clément.

Pendant le règne d'Henri IV, les grands travaux de la capitale furent poussés avec ardeur; le roi résolut de réunir le Louvre de François Ier ;iu\ Tuileries de Catherine de Médicis, construites par Philibert Delorme, «•t il lit continuer la galerie du bord de l'eau; Androuet du Cerceau acheva L'hôtel de ville <-t rattacha à la Cité l'ilot où s'élève la statue du roi. Sous Louis XIII, il fallut agrandir une troisième fois l'enceinte de Parô. et embrasser dans la nouvelle les Tuileries et la butte Saint-Roch,

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