SCENE I
MARGOT, se réveillant.
Jacquot!... Jacquot!... Mon homme n'est pas à côté de moi!... (Se levant.) Ah ! mon Dieu ! où suisje? Ah! ça... (Regardant la queue de sa robe.) mais qu'est-ce que je traîne après moi?... On dirait d'une queue de cerf- volant... Est-ce qu'on voudrait menlever?... (Touchant ses oreilles.) Et puis . qu'est-ce que j'ai donc là ?... Tiens, des petits bouchons de carafe l...(Se regardant dans la glace) Ah ! grands dieux! mais ce n'est pas moi... c'est la grande dame... les
traits de la marquise si méchante... Ah ! mon Dieu f mon Dieu, comment que ça se fait?... Eh ! mais, je me rappelle... l'escamoteur me la dit à l'oreille... t Vous prendrez la place de la marquise... tout le monde s'y trompera... Mais ne paraissez pas élonné; agissez et parlez comme si vous aviez toujours été une grande dame. » Ma foi, puisque j'y suis... tàtons-en un peu de la grandeur, et profilons des avis du sorcier... Oui, j'allons agir et parler comme si j'avions toujours été une grande dame.
Air de Don Pasquale.
Oui, j'allons être marquise
Et femme de plus grand ton ;
J'allons être un peu bien mise,
Et m'carrer dans mon salon.
De ma nobless' je suis fière,
Je peux fair' mon embarras;
Car, en qualité d'sav'tière,
L«s quartiers n'me manqu'ront pas.
Oui, etc.
Ah ! justement voilà mes gens... mes laquais...