ACTE il. SCENE V
LE MARQUIS
Gui, marquise... je suis votre époux... parla sembleu !
MARGOT
Voilà qu'il jure à présent !...
Mélicerte, je t'en préviens, je ne me connais plus.. Il lui prend la main.
Air : Est-il supplice égal ?
Je me sens tout en feu, Je tourne au Richelieu, Mon cœur est un cratère ; Trop longtemps mis à jeun, Je deviens un Lauzun, Et même un Létorrière!
(Il tombe à genoux.) Quoique mari, tu sais que je suis veuf,
Je suis époux sans femme...
Mais ce matin, roué de l'OEil-de-Bœuf, Je veux flamme pour flamme!
ENSEMBLE
Je me sens tout en feu, etc.
MARGOT, à part.
Ah ! j'ai peur d'un tel feu !
Et jouer un tel jeu Ici ne me plaît guère.
Jacquot n'est pas défunt !
Un «poux, jen ai l'un ;
Je ne veux pas la paire.
(Pendant la reprise, il veut baiser la main de Margot, qui se dégage et s'échappe en riant.)
LE MARQUIS
Mélicerte !... Elle s'enfuit!... elle me délaisse!... quand depuis deux ans... Volons après elle!... (Ilessaie en vain de se relever, puis il appelle.) Champenois !... Bourguignon !...
les valets, entrant.
Qu'y a-t-il, monseigneur?...
LE MARQUIS
Relevez votre illustre maître... Vous ne pouvez pas ?... appelez-en deux autres...
les valets, appelant.
Tourangeau!... La Ramée!...
Ils arrivent, et se mettent en devoir de relever le Marquis.