‹ Le diable amoureuxChapitre 30 sur 45 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

La porte s'ouvre , et la fiancée de Frédéric sort de la chaumière dans le costume nuptial dont on l'a parée aux yeux de Phœbée : son voile est baissé; elle est suivie d'une foule de jeunes fdles également vêtues de blanc; mais, tandis que Frédéric va chercher Thérésine, la mère de Lilia, la fausse fiancée lève son voile et laisse voir aux spectateurs le malin diable, qui a pris la place de la mariée et s'applaudit de sa ruse. Thérésine et Frédéric s'appro-

client. Le démon baisse vivement son [voile; |mais il est bientôt victime de sapropre ruse , car il va falloir qu'il subisse la cérémonie religieuse du mariage, et d'abord la pieuse bénédiction de la mère de Lilia. C'est avec effort que Frédéric fait agenouiller Urielle devant ïhérésine. Le diable dissimule de son mieux , mais semble fort mal à son aise pendant la bénédiction de la paysanne.

Le cortège se dirige ensuite vers l'escalier de la chapelle, sur un air de marche villageois; mais, à mesure qu'on avance, la fiancée semble se troubler davantage. A ce moment, les portes du temple s'ouvrent lentement, et l'on aperçoit, au fond, l'autel paré de cierges allumés. Le prêtre, dans ses habits sacerdotaux, s'avance sur le seuil de l'église pour recevoir les nouveaux époux. La mariée, de plus en plus agitée sous son voile, paraît résister à Frédéric qui l'entraîne vers l'autel.

Tout-à-coup le ciel s'obscurcit, le tonnerre gronde dans le lointain ; la musique devient plus sombre et plus lugubre. Le comte a déjà fait gravir les premiers degrés du rocher à sa compagne, lorsque le prêtre chancelle à son tour , un tremblement universel s'empare de lui, et, au moment où les fiancés vont franchir les dernières marches pour pénétrer dans le lieu saint, le prêtre se recule avec horreur comme repoussé par une force surnaturelle. Les cierges de l'église s'éteignent; les portes se referment violemment ; le tonnerre éclate ; et la foudre vient frapper la fausse fiancée, qui tombe inanimée dans les bras du comte éperdu.

La plus vive terreur s'empare de la foule ; on fuit l'église avec horreur. Frédéric entraîne la prétendue mariée sur la place, la dépose inanimée sur un banc de mousse, enlève le voile qui la couvre, et reconnaît, avec effroi, le diable à la place de celle qu'il aime.

La consternation est générale... Chacun court, chacun s'agite, on se désespère... on cherche Lilia de tous les côtés.

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