SCÈNE IX
Le cortège, attiré par cet étrange spectacle, entoure la nouvelle danseuse et l'examine avec admiration. Le visir
lui-même paraît éprouver la plus vive séduction : il s'approche bientôt d'Urielle , la regarde avec amour , et met toutes ses richesses à ses pieds... Urielle lui désigne Frédéric comme son maître, et lui répond qu'elle dépend de lui seul... « Que veux-tu pour elle? » demande le visir au comte... — Elle! s'écrie-t-il en montrant Lilia. Le vieillard refuse , et Urielle termine alors son pas avec tant de charmes et de grâces, que le visir, transporté, n'hésite plus, et, courant à Frédéric : « Troc pour troc , » lui dit-il en lui indiquant Lilia... Le comte, au comble de la joie, s'empresse de consentir : il court à la jeune captive et la serre dans ses bras, tandis que le visir s'approche d'Urielle, qui rit sous cape de la passion du vieillard. « J'ai tenu ma promesse, ))semble-t-elle dire à Frédéric, « songe à la tienne. » Le comte, tout à son amour, entraîne Lilia vers son navire, dont l'équipage accourt à sa rencontre. Le visir, de son côté, fait approcher le palanquin qui renfermait Lilia , et y faifr monter Urielle : la malicieuse créature s'y place en lui riant au nez , et disparaît au moment où le visir va monter près d'elle.