‹ Le diable au moulin operacomique en un acteChapitre 10 sur 34 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

et de fleurs... avec de belles campagnes tout alentour. . Et, ma fine, s’il en est du meunier comme du moulin...

BO.MFACE.

Oh!... r meunier... c’est une autre histoire! Et quand tu connaîtras mieux r compère Antoine, quand tu entendras de tes oreilles ce qu’en disent ses voisins, ses domestiques, tous ceux enfin qui ont affaire à lui, tu verras que j’ai raison quand j’ te dis, moi, que ce n’est pas 1’ mari qu’il te faut.

Tenez, mon oncle, j’ai toujours eu dans l’idée qu'on faisait le diable plus noir qu’il n’est, et c’est un tort; parce que les filles sont curieuses, et que ça leur donne envie de le voir.

BOSIFACE.

Pour lors, te v’ià servie à souhait. Car c'est bien le diable en personne que ce gars-là... et, si j’ n’avais pas été l’ami de son père, il y a longtemps que je ferais faire mes moutures ailleurs. Un gaillard qui rie peut vivre en paix avec personne, qui veut que tout lui cède, et qui, au moindre mot, s’emporte, casse, brise tout ce qu'il trouve! 11 te battrait, sais-tu?

MARTHE

Je parie que non! Voyez, avec vous, il ne s’emporte jamais.

1IOMFACE.

Parce que je suis calme de mon naturel... et ça lui impose... mais 1’ dos tourné... bonsoir! Je te dis que tu mourrais à la peine... Heureusement j’ suis là pour t’empêcher d’ faire une folie... j’ réponds de ton bonheur, entends-tu, fillette?

MARTHE

Et c’est pour l’assurer qu' vous voulez me faire épouser vol’ voisin Vinchon, un grand benêt que je ne peux pas souffrir.

BOMFACE.

Qu’est-cc que tu as à lui reprocher?

MARTHE

Rien,

BONI FACE

Alors, pourquoi t’es-tu entichée de ce gueux d’Antoine, dont il n’y a que du mal à dire?

MARTHE, riant.

C’est p’t-ètre ça qui m’y a fait penser.

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