DUETTO
(Dès qu’Antoiue à disparu, Toinette et Fargeau sc rapprochent vivement aprè* avoir fermé la porte.)
FARGEAU
Le v’ià qui s’éloigne !
TOINETTE
Enfin l’on respire !
FARGEAU
Car tant qu’il est là....
TOINETTE
C’est un vrai martyre!
FARGEAU
On n’os’ pas mouver!...
TOINETTE
On n’ose rien dire!
FARGEAU
Sans toi d’puis longtemps je serais ben loin.
TOINETTE
Moi, j’aurais laissé not’ malt’ dans son coin.
E N S E M B I, K, en sc serrant l’un contre l’autre.
Oui, c’est la peur
Qui nous rassemble;
Et j’ sens mon cœur Qui bat, qui tremble Au bruit d’ ses pas Dès qu’ tu t’en vas!
TOINETTE
D’abord j’ me déplaisais ici.
FABGEAU.
A m’en aller J’ pensais aussi...
TOINETTE
Faut dir’ que j’ te croyais plus bêle.
FABGEAU.
Moi, j’ te trouvais sans agrément.
TOINETTE
Merci du joli compliment.
FABGEAU.
Le tien n’est guère plus honnête.
TOINETTE
A tout propos J’ te tournais 1’ dos.
FEABGAU.
Ton air farouche M’ fermait la bouche!
TOINETTE
Mais notre maître est si méchant !
FABGEAU.
Et j'ai si peur de sa colère !
TOINETTE
Que, p’tit à p’tit, nous rapprochant.
FABGEAU.
Nous avons fini par nous plaire.
TOINETTE
Si bien qu’cnfin...
FABGEAU.
Un beau matin...
En me serrant contr’ ton épaule )' me sens frémir...
FABGEAU.
J’ me sens tout drôle!
TOINETTE
Était-c’ de peur?
FABGEAU.
Ou de bonheur?
TOINETTE
Je n’en sais rien.
FABGEAU.
Mais c’ que j' sais bien,
G’est que je t’aime!