‹ Le diable au moulin operacomique en un acteChapitre 6 sur 34 · DUETTO · texte numérisé non relu

DUETTO

(Dès qu’Antoiue à disparu, Toinette et Fargeau sc rapprochent vivement aprè* avoir fermé la porte.)

FARGEAU

Le v’ià qui s’éloigne !

TOINETTE

Enfin l’on respire !

FARGEAU

Car tant qu’il est là....

TOINETTE

C’est un vrai martyre!

FARGEAU

On n’os’ pas mouver!...

TOINETTE

On n’ose rien dire!

FARGEAU

Sans toi d’puis longtemps je serais ben loin.

TOINETTE

Moi, j’aurais laissé not’ malt’ dans son coin.

E N S E M B I, K, en sc serrant l’un contre l’autre.

Oui, c’est la peur

Qui nous rassemble;

Et j’ sens mon cœur Qui bat, qui tremble Au bruit d’ ses pas Dès qu’ tu t’en vas!

TOINETTE

D’abord j’ me déplaisais ici.

FABGEAU.

A m’en aller J’ pensais aussi...

TOINETTE

Faut dir’ que j’ te croyais plus bêle.

FABGEAU.

Moi, j’ te trouvais sans agrément.

TOINETTE

Merci du joli compliment.

FABGEAU.

Le tien n’est guère plus honnête.

TOINETTE

A tout propos J’ te tournais 1’ dos.

FEABGAU.

Ton air farouche M’ fermait la bouche!

TOINETTE

Mais notre maître est si méchant !

FABGEAU.

Et j'ai si peur de sa colère !

TOINETTE

Que, p’tit à p’tit, nous rapprochant.

FABGEAU.

Nous avons fini par nous plaire.

TOINETTE

Si bien qu’cnfin...

FABGEAU.

Un beau matin...

En me serrant contr’ ton épaule )' me sens frémir...

FABGEAU.

J’ me sens tout drôle!

TOINETTE

Était-c’ de peur?

FABGEAU.

Ou de bonheur?

TOINETTE

Je n’en sais rien.

FABGEAU.

Mais c’ que j' sais bien,

G’est que je t’aime!

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