‹ Le diable aux champsChapitre 26 sur 88 · DAMIEN, EUGÈNE, MAURICE · texte numérisé non relu

DAMIEN, EUGÈNE, MAURICE

damien. — En attendant, tu fais tes affaires, propriétaire que tu es! Voilà ta maison louée!

maurice. — Pas sûr ! mais je m'en moque !

eugène. — As-tu remarqué comme elle a dit ce mot-là : a Je m'en moque? »

damien. — Oui, j'ai cru qu'elle allait dire mieux! Drôles de femmes qu'on voit à présent! Je croyais qu'on ne trouvait ces genres problématiques qu'à Paris, et ça vient vous relancer au fond des montagnes !

eugene. — Est-ce que ça vous monte la tête, à vous autres?

maurice. — A première vue, non! Ça me fait l'effet du Champagne, et je ne l'aime pas.

damien. — Moi, je dis que pour être le but de ces femmeslà, aventurières ou princesses, il faut être comme monsieur Gérard : avoir cinq pieds huit pouces et une barbe de sapeur, couleur de feu, monter sur des chevaux qui me casseraient les reins, parler chien, renard , piqueurs, steeplechase, être enfin fort comme un Turc, riche comme un juif et bête comme une oie. Or j'ai trop d'amour-propre pour m'y frotter.

maurice. — Tu as raison , toi ! Allons philosopher avec nos hommes graves. Ils sont très-gentils au fond ! Sexe enchanteur! pourquoi n'as-tu pas souvent une miette microscopique du bon sens d'un homme comme Jacques?

damien. — Bah! un homme comme Jacques a peut-être,

lorsqu'il était jeune, mis toute sa cervelle en miettes pour une femme comme ça î

maurice. — J'en doute.

eugene. — Oui sait ?

damier.— Voyons, sommes-nous amoureux?

maurice. — Non.

EUGÈNE. — Non.

DAMIEN. — Non.

maurice.— Alors, chorus! et rentrons au salon en chantant la Marseillaise!

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