‹ Le diable aux champsChapitre 57 sur 88 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

JACQUES, traversant la cour avec Ralph. — Oui certes; mais il faut bien qu'il vivo de sa profession. Il est pauvre! Ah! est-ce que PÉtat no devrait pas assurer l'existence de ces hommes dévoués? Est-ce que la médecine et l'instruction devraient être vendues en détail aux consommateurs? (n ouvre la porte de sa cour.) Ah ! c'est vous, Florence ! qu'y a-t-il donc?

floreîsce. — Une chose bizarre, comique en apparence, sérieuse au fond. Prètez-moi votre carriole couverte et votre petit cheval.

Jacques. — Mon domestique est couché; mais venez, je vais vous aider à atteler.

Florence. — Oh ! ce n'est pas tout ! Je vous demande de venir avec moi et de passer la nuit en route ; rien que la nuit. Vous pourrez être ici au point du jour.

Jacques. — Fort bien. Ralph, prêtez-moi votre imperméable, (souriant à Florence.! Je suis un vieux, moi!

Ralph. — Je vais le chercher.

(Florence et Jacques entrent, daus récujrie.)

Florence. — Ah! monsieur Jacques! que vous êtes bon, et que je me reprocherais de vous occasionner ce dérangement et cette fatigue, s'il ne s'agissait que de moi!

jacques. — De vous! Ce serait bien assez pour me récompenser d'un si petit désagrément... Tenez, préparez le collier du cheval, pendant que je vais lui donner une poignée d'avoine. — De quoi s'agit-il?

Florence. -— Il s'agltde moi indirectement. Il s'agit, avant tout, de ce grand devoir dont nous sommes tous les compagnons.

jacques. — Oui, le devoir de Dieu, n'est-ce pas? -—"Allons, Coco, ne t'amuse pas à flairer. Mange ton avoine, mon garçon ; nous sommes pressés !

Florence. — Je vais vous dire cela en deux mots.

Jacques. — Bien, dites vite. Je lui passe son harnais, et je vous écoute.

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