‹ Le diable aux champsChapitre 6 sur 88 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Chez Jacques.

JACQUES, RALPH, achevant de souper.

ralph. — Voilà d'excellent café! J'admire qu'un homme perdu, comme vous l'êtes si souvent, dans la recherche ou la contemplation des idées abstraites, sache se créer une sorte de bien-être intérieur.

jacques. — J'ai un bon domestique, et je tâche de le laisser se croire le maître, voilà tout. Je ne m'aperçois pas beaucoup du plus ou du moins de bien-être qu'il me procure; mais puisque vous le remarquez, vous qui vous y entendez davantage, je lui ferai compliment du parti qu'il sait tirer de nos faibles ressources. Voulez-vous faire une partie d'échecs ?

ralph. — La lune est belle, si nous faisions un tour de jardin avant de nous enfermer? Il n'est que neuf heures.

jacques. — Volontiers! Mais, tenez, il est bien petit, mon jardin, et c'est bientôt fait, le tour de mes carrés de fleurs et de légumes. Ma haie a une entrée dans le parc voisin, qui est fort beau, et où j'ai la permission de me promener à toute heure. Il vous sera plus agréable de regarder la lune à travers la voussure splendide des vieux chênes et dans le miroir des larges bassins, qu'à travers mes espaliers et dans le fond de mon puits.

ralph. — Je ne me déplais nulle part avec vous; allons où vous voudrez.

(ils marchent et entrent dans le parc.)

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