‹ Le diable aux champsChapitre 71 sur 88 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Dans le village.

UN GROUPE D'ENFANTS âe î.uii à dix ans.

fanchette. — Non, je ne veux plus jouer à la marelle ; vous faites trop de poussière, et je veux garder ma coiffe blanche pour la noce de la Maniche.

cadet. — Tu y vas donc, toi, aux noces?

fanchette. — Dame !

sylviiset. — Et moi itout, j'y vas, parce que je sais danser.

fanchette. — Ah bien, nous danserons tous deux.

pierrot. — J'irai aussi, moi, pour manger de la galette.

fanchette. — Si tu n'es pas prié?

pierrot. — Ça m'est bien égal, j'irai tout de même.

fanchette. — Toi ! tu n'iras pas seulement à la tienne, de noce ! Tu n'es pas assez sage.

pierrot. — Si fait, je veux y aller, à ma noce !

cadet. — A quoi que ça sert de se marier ? C'est des bêtises !

sylvinet. — Eh bien, tu ne veux pas te marier, toi? Tu veux être soldat, peut-être bien !

cadet. — Oui, je veux être pompier, comme mon parrain, monsieur Maurice. Il m'a promis que je serais pompier.

pierrot. — Moi, je veux me marier. Ça me fait peur, la pompe. Veux-tu nous marier tous deux, Fanchette?

fanchette. — Oui, si tu veux te moucher.

sylvinet. — Ah ! le v'ià qui se mouche ! Faisons la noce !

fanchette. — Allons, Pierrot, mon petit homme, fais-moi danser.

pierrot. — Puisque je ne sais pas!

cadet. — Faut apprendre.

pierrot. — Non, ça m'ennuie.

sylvihët. — Eh bien , Fanchette, dansons à trois.

pierrot. — Si elle danse, je lui flanque une pierre!

fanchette. — Oh ! le vilain méchant! Je me démarie d'avec toi.

pierrot. — Je ne veux pas. Je te flanque une pierre !

cadet. — Viens-y, mon gars ! Je prends mon sabot!

pierrot. — Et moi une pierre!

fanchette. — Fouaillez-moi ce malicieux, bien fort.

SYLviNET. — Non, il me ferait du mal !

cadet. — Moi, je vas le taper, Fanchette... Veux-tu te marier avec moi?

fanchette. — Oui ! Le v'ià qui me jette des pierres !

cadet. — Attends ! attends !

fanchette. — Le v'ià qui se sauve, laisse-le, va! Tiens, le v'ià qui pleure! Est-il bête!

sylyinet. — Allons, Pierrot, faut pas pleurer, c'est des bêtises ; et faut passe marier, c'est des batailles.

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