LEE
Si, d'aventure, tu te rappelles avoir récemment
Vu quelque part des bribes de la présente narration ne Va pas, pour cinq sous, crier trop vite : ( Au voleur.»
Je ne te vole pas même un liard, puisque tu vas enfin lire la seule version originale et complète du
récit—didactique et tout de terroir —qui fait l’objet des incomparab
les et délicieuses Pages suivantes.
Avant d'attaquer mes derniers chapitres, médite cette parole très vraie de l’un de nos écrivains: « On réussit parfois, au moyen d’un simple badinage « de bon aloi, à accomplir ce que ne saurait faire « une démonstration sérieuse et compliquée. » (1)
Et, surtout, ne vas pas voir dans ces pages une pochade inutile et sans but, une charge inopportune, non motivée ; une fantaisie ou un caprice.
Songe que la déprimante littérature «jaune» a si bien faussé le goût de certaines catégories de lecteurs—pourtant intelligents—que beaucoup d’entre eux ne lisent plus guère les choses sérieuses, si elles ne sont assaisonnées d’une sauce quelconque.
Or, chacun son tempérament, chacun son goût ; mais j’éprouve toujours un appétit féroce, une vraie fringale, dès que je flaire urie sauce « canayenne, »
Je la trouve meilleure.
De là l’idée—et elle est d’un bon naturel—d’en offrir à ceux qui manquent d’appétit.
« Un homme averti en vaut deux. »
Lecteur averti, si maintenant le cœur t’en dit mange de la sauce.
Ou rapporte moi incontinent la saucière.
A défaut de quoi tu ne reverras plus tes cinq coppes. ..
(1) Le même écrivain, Ephrem Chouinard, a su faire lire l’histoire de tout un empire à une foule de gens qui n’en auraient jamais ouvert un chapttre s’il n’eut écrit la biographie humoristique de quelque soixante « Grandes Rois de Angleterre. »
Primo : Avec amour : AUX HOMMES DES CHAMPS,
surtout à ceux qui s’imagineraient, à l'instar de Baptiste Pinette, qu’il faut nécessairement cultiver grand pour gâgner beaucou:.
£EcunDo: Avec non moins d’affection :
à AUX CITADINS,
et spécialement à ceux qui se plaignent du coût élevé de la vie,
TerrTio : Triomphalement :