‹ Le diable [microform]Chapitre 52 sur 182 · Luc, XXII, Intvavit autem Satanas in ludam · texte numérisé non relu

Luc, XXII, Intvavit autem Satanas in ludam

2. Jean, xiii, 2 : Et cœna fada, çum diaboLus jam misisset in cor ut traderet eum ludas Simonis Iscariotœ.

désignation qui" lui fut faite par Jésus lui-même. Voici ces mystérieux versets :

« En vérité je vous' le dis, un de vous me

» trahira.

» Les disciples se regardaient donc les uns les » autres, ne sachant qui il voulait dire.

» Un d'eux, celui que Jésus aimait, était penché » sur la poitrine de Jésus.

» Simon Pierre lui fit signe et lui dit : « De qui » veut-il donc parler? »

» C'est pourquoi, relevant la tête de dessus la )) poitrine de Jésus, il lui demanda : « Qui donc, )) Seigneur, est celui-là? »

» Jésus répondit : a C'est celui à qui j'aurai offert » du pain trempé. » Et ayant trempé du pain, il le » donna à Judas fils de Simon Iscariote.

» Et à peine celui-ci en eut-il pris une bouchée, )) que Sata?i entra e?i lui ^ . »

Si les choses s'étaient passées comme le porte le récit qui précède, il en faudrait conclure que la trahison de Judas Iscariote ne fut que le résultat d'un maléfice de Jésus lui-même. Il est certain que le malheureux ne valait ni plus ni moins que ses confrères ; personne, en effet, ne parut se douter que la prédiction du maître le concernât plutôt qu'un autre, d'où, il ressort qu'il n'était pas plus suspect que ne l'était, par exemple, Simon Pierre ou le disciple bien-aimé. La seule chose que l'on reproche plus particulièrement à Judas serait d'avoir montré de l'humeur contre la pieuse femme qui, dans la maison de Simon le Lépreux, oignit de parfums les pieds de Jésus. Je dois faire observer que saint Jean est le seul qui mette cette mauvaise humeur sur le compte du traître ; l'évangéliste saint Marc dit que

l'onction fut blâmée de plusieurs, et êaint Mathieu, qu'elle le fut de tous les disciples. Saint Luc affirme bien, d'autre part, que « Satan entra dans Judas » avant la fête des azymes, d'accord en cela avec les deux premiers évangélistes, Mathieu et Marc, qui placent, eux aussi, le pacte du misérable avec les princes des prêtres et les anciens d'entre le peuple la veille ou même Tavant-veille de cette fête ; mais ils sont formellement contredits par saint Jean. Ce dernier dit en propres termes que ce fut après la cène que le Diable mit dans le cœur de Judas le dessein de trahir, ce qu'il- confirme en ajoutant quelques versets plus loin qMeSata7i entra en lui à la suite de la bouchée de pain trempé : post bugoellam introivit in eum Satanas.

Si Ton veut bien faire abstraction de l'idée chrétienne et que l'on se place pour un moment sur un terrain neutre, celui, par exemple, où se trouverait un homme qui,, n'ayant jamais entendu parler de Jésus, lirait* pour la première fois le chapitre XIII de l'évangile de saint Jean et le comparerait ensuite aux récits de maléfices épars dans l'histoire de la sorcellerie, que peut-on raisonnablement conclure de ce que raconte l'apôtre ? Pour moi^ après avoir fait l'effort que je viens d'indiquer et avoir écarté pour un instant le nimbe qui encadre la noble figure de la divine hostie du Calvaire, je trouve que le récit du disciple bien-aimé ne diffère point de mille et un du genre des suivants :

1° Une vieille sorcière du nom de Françoise Secrétain ayant, le 4 juin 1S98, donné et fait manger « une crouste de pain » à une petite fille de huit ans, Louise Maillât, cette enfant fut aussitôt possédée de cinq démons ^

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