CHAPITRE IH
La recherche du bacille de Koch.
La recherche du bacille de Koch est la recherche la plus concluante pour faire le diagnostic de tuberculose. Le plus simple procédé consiste à rechercher le bacille dans Les expectorations des malades ou dans les produits suspects. |
Sa constatation est la seule qui ne laisse aucun doute sur la nature tuberculeuse de la lésion, sous réserve qu’elle a été entourée de toutes les garanties techniques exigibles. Que les bacilles soient peu nombreux ou très nombreux, dit Sergent, qu’ils soient longs ou courts, uniformément colorés, granuleux ou moniliformes, peu importe pour le diagnostic.
Rist, Charles Richet fils ont soutenu que l’expectoration bacillifère apparaitrait en même temps que les premiers signes cliniques. Pour ces auteurs, la tuberculose fermée évolutive n'existerait pas; il n'y aurait de tuberculose fermée que la tuberculose cicatrisée, que la sclérose; toute tuberculose en évolution serait histologiquement ouverte et s’accompagnerait nécessairement d'élimination bacillaire.
Un résultat négatif a-t-il une valeur quelconque? Un seul examen négalif n'en a aucune. Ne pas trouver des bacilles une première fois ne signifie pas que le lendemain on n’en trouvera pas. Les bacilles peuvent être rares et les examens doivent être répétés, car tout vrai tuberculeux en activité doit un jour ou l’autre cracher des bacilles.
Il faudra donc s’entourer de toutes les garanties qu'offre le laboratoire, et que nous allons signaler, avant de se prononcer.
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Les aptitudes tinctoriales très particulières du bacille de Koch facilitent sa recherche."
C’est un bâtonnet de largeur uniforme, de longueur variable, droit ou un peu incurvé. Après coloration par le procédé de Much, les bacilles apparaissent formés de granulations séparées par des espaces clairs, de manière à simuler une chaïînette de coccl.
Dans certaines circonstances (cultures âgées), on rencontre des formes plus longues et surtout des formes qui rappellent Les champignons (Metchnikoff, Nocard et Roux). La même disposition a été retrouvée dans les cavernes. Sa constitution chimique a donné lieu à beaucoup de recherches. Il renferme toute une série de substances qu’on peut extraire par des dissolvants appropriés : alcool, xylol, éther, pétrole, et qui sont des acides gras, des graisses neutres, une cire, des corps analogues à la cholestérine et-à la lécithine (Aronson, Auclair). On a extrait
ainsi plus de 40 p. 100 de matières solubles. La plupart de ces
substances sont acido-résistantes.
ILest, en effet, alcoolo et acido-résistant et doit être coloré par des méthodes spéciales. Il prend le Gram avec une technique modifiée : celle de Much qui a ainsi montré que certaines lésions tuberculeuses renferment des bacilles colorables par son procédé, alors que les autres méthodes de coloration ne permettent pas de les déceler.
Il a fallu éviter la confusion avec toute une série de baculles
“acido-résistants (gangrène pulmonaire, dilatation des bronches, smegma); pour cela, on a utilisé son alcoolo-résistance qui ne permet pas de le confondre : c’est le procédé de Ziehl-Neelsen, employé dans les méthodes directes. D'ailleurs, en cas de doute nous verrons plus loin que l’inoculation au cobaye peut apporter une solution.
IL faut enfin signaler que le bacille de Koch sécrète des toxines et comporte dans ses éléments constitutifs des substances nocives par elles-mêmes. Koch constata que les bacilles tués par la chaleur produisaient un abcès par inoculation sous-cutanée. En traitant les bacilles par l'éther et le chloroforme, Auclair a
obtenu deux poisons différents qu’il appela. éthéro-bacilline et chloroformo-bacilline ; tous deux ont une action surtout locale : le premier produit les lésions caséeuses, le second les lésions fibreuses. Si on filtre sur bougie les cultures en bouillon glycériné, le filtrat obtenu est nettement toxique. C’est la lymphe, la première tuberculine de Koch (A. T.) constituée par les poisons diffusibles. L'avantage le plus apparent de cette découverte de Koch est l'application à la clinique, dans un but diagnostique,
de l'épreuve de la tuberculine.
Les méthodes directes. — Il s’agit de constater la présence du bacille par un examen direct, par les cultures ou par l'inoculation des produits pathologiques. Quand les bacilles sont très nombreux, le procédé est simple ; dans le cas contraire, l'examen aura d'autant plus de chance de donner un résultat qu'il portera sur une plus grande quantité de bacilles, d'où les méthodes d'homogénéisation qui ont pour but de liquéfier tous les éléments du produit pathologique, sauf le bacille de Koch qui est très résistant ; on obtient un liquide homogène, les bacilles contenus sont ensuite concentrés par une technique appropriée. On peut avoir recours aux procédés de Spengler, Jacobson, Bezançon et Philibert, Dahms, qui ont pour base l'action dissolvante de la lessive de soude, de l’eau de Javel ou le mélange avec des liquides de densité différente, la centrifugation. Ces bacilles sont enfin colorés par la méthode de Ziehl.
Ils se montrent le plus souvent homogènes, parfois granuleux, tantôt longs, tantôt courts, ordinairement isolés, plus rarement en amas. Leurs nombre est variable -— parfois 100 et plus par champ de microscope ou un seul sur toute une préparation — (échelle de Gaffky). On a voulu tirer du nombre et de la morphologie des bacilles de Koch des indications sur le mode évolutif de la maladie (Piéry et Mandoul; granulations de Much). Il n'est pas possible de donner à ces constatations une valeur absolue. Bon nombre de malades éliminent, de temps en temps, de formidables décharges bacillaires — aussi bien les tuber- . culeux du rein par leurs urines que les tuberculeux du poumon
Ar
pâr leurs crachats — sans que, cependant, leur état général en soit modifié; inversement, un nombre peu élevé de bacilles peut correspondre à toutes les phases de la tuberculose pulmonaire. D'ailleurs, chez un même sujet, on peut voir le nombre des bacilles varier beaucoup d’un jour à l’autre.
Quand il y a désaccord entre les probabilités cliniques et des examens négatifs répétés ou si la fétidité des crachats, le manque de netteté d'un examen d’urines permettent de penser aux bacilles acido-résistants, il n'y a, pour plus de précision, qu'à praliquer l’inoculation au cobaye.
- La culture du bacille de Koch est peu Shin yes. En 1915, Pétroff a mis au point une technique précise qui a donné, avec tous les produits pathologiques, de très bons résultats (Moser, Limousin). È
Dans un liquide céphalo-rachidien, que l’on centrifugera toujours, le bacille souvent n’est pas décelable; Bezançon et Griffon recommandent la gélose-sang pour cultiver le bacille de Koch; il en est de même pour un exsudat (plèvre, péritoine, articulations). :
Pour le sang, que l’on emploie la recherche directe ou qu'on pratique l’inoculation (Jousset), la constatation de la bacillénue tuberculeuse semble rare (L. Bernard, Rist, Armand-Delille), limitée à quelques cas de granulie ou de septico-pyohémie tuberculeuse (septico pyohémie tuberculeuse; présence du bacille dans le sang. Sabrazès, Eckenstein et Muratet, Comptes rendus de la Sociité de biologie, 1909).
Il n'y a donc pas là de procédé pratique pour le diagnostic.
Dans les urines, l'examen au Ziehl-Neelsen est indispensable (bacilles acido-résistants du smegma). Dans les cas douteux, on inoculera au cobaye le culot de centrifugation. Mais on peut y trouver le bacille tuberculeux sans qu’il y ait lésion rénale. Rist et Kindberg ont constaté la bacillurie sans lésions rénales dans des tuberculoses aiguës.
Quand les examens des crachats seront négatifs ou impossi-
bles par défaut d'expectoration, il faudra faire, le matin à jeun,
un lavage d'estomac qui ramènera souvent des mucosités Brun Rr æ