‹ Le Diagnostic de la Tuberculose par les Procédés de LaboratoireChapitre 13 sur 29 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Les examens chimiques et cytologiques complémentaires.

Ces examens souvent très précis peuvent apporter des éléments de présomption, mais en aucun cas ne sont concluants.

Albumino-réaction des crachats ou réaction de Roger. — Proposée par Roger et Lévy-Valensi en 1909, cette réaction ne saurait être considérée comme spécifique; on la rencontre, en effet, dans la pneumonie, la broncho-pneumonie, l’œdème pulmonaire, les cardiopathies mal compensées.

« Sa valeur, chez les tuberculeux, tient non pas à sa spécificité, mais à sa constance. » (Lévy-Valensi, Journal médical français, seplembre 19221. L'albumino-réaction est constante chez tous les tuberculeux pulmonaires. Dans les affections chroniques où la tuberculose prend le masque de l'emphysème, de La bronchite chronique ou de l'asthme, la présence de l'albumine permet de la soupçonner, son absence de l’éliminer.

IL y a aussi une valeur pronostique à tirer de celte réaction; il existe un parallélisme entre la quantité d’albumine et la gravité de l'atteinte pulmonaire, cette quantité régressant avec l'amélioration. La disparition de l’albumine chez les tuberculeux guéris, sa réapparition en cas de récidive semblent être démontrées.

La tyrosino-réaction. — $Se basant sur les travaux de Vanner (1903), Pissavy et Monceaux ont trouvé de la tyrosine

ro en) no

dans Les crachats de tuberculeux (Société des hôpitaux de Paris, 1921) et ont pensé qu'il serait possible dans le diagnostic de la tuberculose de créer une tyrosino-réaction des crachats. La discussion est en cours (Fiessenger et Blum) sur l'origine de cette lyrosine, et nous ne pouvons apprécier la valeur pratique de la réaction.

La réaction de Rivalta. — Cette réaction permet de distinguer les épanchements inflammatoires des épanchements d'origime mécanique (pleurésie séro-fibrinease de quelque origine qu'elle soit, péritonite tuberculeuse ou cancéreuse, hydarthrose inflammatoire). Elle n’a donc pas de valeur pour le diagnostic propre de la tuberculose.

La réaction urinaire de Moritz Weiss. — Basée sur l’augmentation de l’urochrome, son apparition dans les urines des tuberculeux serait d’un fâcheux pronostic. Les auteurs ne sont pas d'accord sur la valeur qu’il convient de lui attribuer.

Le dosage des chlorures dans les urines. — Au début de la tuberculose, l'augmentation des chlorures est à peu près cons-" tante et dénote une déminéralisation générale (Micheleau et Durieux).

Le dosage des phosphates, de la chaux ou de l'acidité urinaire peut être fait, mais ces recherches ne facilitent en rien le diagnostic.

La cytologie des crachats. — Étudiée par Bezançon et I. de Jong, elle montre que le crachat tuberculeux est caractéristique par l’altération de ses éléments; on y trouve des polynucléaires altérés, des cellules alvéolaires et bronchiques dégénérées. La présence des fibres élastiques est la signification anatomique de la désintégration pulmonaire.

Dans les épanchements d’origine tuberculeuse, les lympho-

cytes prédominent et leur nombre va en croissant au cours de

M ES la maladie, tandis que les polynucléés neutrophiles tendent à disparaître.

Le liquide céphalo-rachidien présentera une Iymphocytose parfois très marquée. Mais la lymphocytose des épanchements et du liquide céphalo-rachidien n’appartient-elle pas également à la syphilis?

Page 1