‹ Le Diagnostic du Bacille de la DiphtérieChapitre 19 sur 33 · COMPOSANTS · texte numérisé non relu

COMPOSANTS

Sérum. — Nous avons utilisé de préférence le sérum de cheval parce qu’il est toujours facile de s’en procurer en abondance et aseptiquement au moyen d’un trocard introduit dans la jugulaire. Ce sérum est préférable à celui du bœuf, parce que la séparation du caillot s'effectue plus

aisément et qu’on peut l’obtenir exempt de coloration.

L'emploi du sérum frais ou vieilli est indifférent : nos premiers essais ont été faits avec des flacons de sérums thérapeutiques périmés et nous ont donné de bons résultats. |

Sucre. — Rien de particulier à dire sur la solution de glucose à 30 % utilisée; certains auteurs, dans un but d'économie, ont voulu diminuer la quantité employée; nous avons toujours conservé la concentration primitivement adoptée.

Lorsqu'on se propose d'effectuer le diagnostic différentiel avec le corvnebacterium cutis, il faut employer une solution stérile de saccharose à 30%; on doit s'assurer que celte solution ne renferme bien que du saccharose et qu'elle n’a pas subi un commencement d’inversion; il

n'y a qu'à faire un essai à la liqueur de Fehling.

Teinture de tournesol. — On n’emploie pas la teinture de tournesol usuelle des laboratoires de chimie, dont il faut employer une trop grande quantité, ce qui dilue le

milieu, et qui renferme de l’alcool, dont on devrait la

en A

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débarrasser au préalable; on utilise de la teinture concentrée, soit la marque R A L, soit encore celle que l’on peut préparer facilement soi-même en partant de tournesol en pains qu'on épuise avec une petite quantité d’eau tiède (après lavage préalable à l'alcool bouillant); cette tein- Lure doit avoir une belle teinte bleu foncé bien franche; il faut rejeter celles qui présentent une teinte violet sale

qui donneraient des milieux gris et non bleu horizon.

Acide sulfurique. — La solution à 10 gr. p. 1000 peut être préparée en pesant de l'acide sulfurique pur à 66° Beaumé et en le diluant dans l’eau. Si l’on part de la

liqueur normale (à 49 gr. par litre), on la diluera ainsi :

Liqueur normale d’acide sulfurique... DONC

AAISTIÉS EE RU Q7S.--pour 100 cc

La solution est répartie en tubes et stérilisée.

Remarque importante : il faut employer la solution à 10 gr. pour 1000 et non à 10 cent. cubes pour 1000; la densité de l’acide sulfurique pur étant de 1,842, on aboutirait dans le deuxième cas à une solution à 18 gr. 42 par litre qui serait trop forte et qui, emplovée dans les proportions indiquées, donnerait un milieu acide, coloré en

rouge.

Choix des récipients. — Le récipient de choix pour ce milieu, celui que nous avons adopté dès nos premiers essais, est la boîte de Pétri; on évitera d’en prendre ayant le fond bombé et on les choisira à fond bien plat; dans le

cas contraire, le milieu n’est pas en couche uniforme,

mais il présente des parties où il est en couche trop mince. |

Cette inégalité de répartition présente deux inconvénients : 1° difficultés de l’ensemencement consistant en ce que les parties trop minces du milieu sont très fragiles et qu’elles se déchirent facilement au passage de l’anse de platine; 2° troubles dans l’évolution des colonies et de leur virage qui se trouvent entravés par suite de la dessi-

cation précoce du milieu en ces points.

Répartition. — On introduit dans chaque boîte de Pétri, soigneusement stérilisée au préalable, une quantité convenable du mélange sérum-glucose-tournesol (environ 11 à 12 cent. cubes pour une boîte de grandeur moyenne de 10 cent. de diamètre) variable avec la grandeur de la boîte.

Si l’on emploie une trop faible quantité du mélange, la couche obtenue est trop mince et présente les inconvénients signalés plus. haut; si, au contraire, on en emploie de trop, la coagulation est plus difficile à obtenir régulièrement et on risque d’avoir une boîte opaque,

moins propice à l’examen des colonies.

Coagulation. — Nous conseillons l’emploi d’un stérilisateur à air chaud; l’étuve Poupinel nous a donné toute satisfaction à cet égard.

Les boîtés sont réparties dans l’étuve en les plaçant bien horizontalement et en évitant de les empiler les unes sur les autres, sinon en chicane; ne pas en préparer trop

à la fois, mais procéder plutôt par fournées successives;

CN RO re

la surveillance en est plus aisée et le travail plus régulier.

La température doit être élevée progressivement et lentement : une fois la température de coagulation obtenue (température qu'on ne peut fixer d’une façon absolue, parce qu'elle peut varier avec la disposition de l'appareil et avec la place occupée par le thermomètre), on la main-

tient environ r heure à x heure 15.

Les boîtes sont sorties encore très chaudes, retournées brusquement et entr'ouvertes pour rejeter l’eau de condensation (environ : cent. cube pour une boîte de dimen-

sions moyennes).

Le milieu doit être bleu horizon très légèrement bleu verdâtre, de consistance ferme et élastique, non opaque; une anse triangulaire de platine promenée à sa surface doit glisser facilement sans entamer le milieu; choquée légèrement contre cette'surface, cette anse doit rebondir: ces moyens d'appréciation attestent la bonne préparation du milieu.

Si l’on ne dispose pas d’un laboratoire bien outillé, on peut préparer facilement un certain nombre de boîtes et en opérer la coagulation sur un bain-marie; les boîtes sont, dans ce cas, placées sur de petits taquets de bois reposant sur le couvercle métallique du bain-marie; on doit, dans ce cas, recouvrir les boîtes avec du papier à filtrer pour empêcher la condensation de la vapeur d’eau des boîtes sur la paroi intérieure des couvercles; ces grosses souttes d’eau, en retombant sur le milieu en cours de

coagulation, y produisent, en effet, des trous,

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