‹ Le Diagnostic du Bacille de la DiphtérieChapitre 21 sur 33 · ARLES · texte numérisé non relu

ARLES

Dans notre pratique personnelle, au laboratoire d’armée, les prélèvements étaient toujours effectués par l’un de nous; Aviragnet et Mlle Le Soudier attachent également de l'importance à ce sujet et ils estiment que ce soin revient au médecin traitant lui-même.

En ce qui concerne, spécialement les prélèvements à effectuer dans la gorge de malades atteints d’angines suspecies, de convalescents ou de porteurs, on utilisera des tampons de coton, montés sur tiges de fer valvanisé, très légèrement coudées, placés dans des tubes à essais bouchés au coton et stérilisés; la forme coudée de ces tampons permet d'effectuer à la fois des prélèvements d’exsudats bucco-pharyngés et rhino-pharyngés, comme il a été conseillé de le faire chez les porteurs.

Il importe dans cette opération des prélèvements: 1° d’éviter de prélever des bactéries banales qui seront plus tard

une cause de gêne pour les cultures; 2° d’opérer au lieu d élection eu égard à l'affection en cause.

Pour obéir à la première indication il suffit d'observer certaines précautions très simples dont il est facile de juger de l’opportunité dans chaque cas; opérer, en général, sur une gorge propre (emploi de gargarismes, faire moucher le patient) ; éviter soigneusement de prélever de la salive et de toucher avec le tampon la langue, les joues ou les lèvres; on évite ainsi le prélèvement de nombreuses bactéries saprophytes de la salive et de la cavité buccale dont certaines se montrent très gênantes dans les cultures faisant fermenter les sucres et liquéfiant même parfois le

sérum.

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“Pour se soumettre à la seconde indication, il faut suivre les recommandations d’Aviragnet et de Mlle Le Soudier,. que nous résumons ici sans insister autrement : pour les angines pseudo-membraneuses, on touche non pas la fausse-membrane, mais la muqueuse d’alentour; dans le cas d’angine érythémateuse, on opérera sur la face postérieure de la luette, le sommet de l’amygdale ou sur les piliers postérieurs; dans les coryzas suspects, on s’occupera non seulement du nez, mais aussi du rhino-pharynx; dans le croup sans angine, on ira jusqu'à la base de l’épiglotte ou l’orifice supérieur du larynx; chez les tubés, l'appareil pourra donner matière à ensemencement après son expulsion, dans les angines malignes, opérer comme pour les autres angines, l’ensemencement seul en sera plus soigné.

Une fois en possession des tampons, il n’est pas nécessaire de pratiquer de suite les ensemencements : le bacille diphtérique s’y conserve vivant et on peut les utiliser après 1 ou 2 jours. £

Ensemencements. — La pratique usuelle comporte l’ensemencement avec le tampon qui a servi aux prélève-

ments.

L. Martin, Aviragnet et Mile Le Soudier se servent de la spatule pour les prélèvements comme pour les ensemencements. L. Martin n’est pas partisan du tampon ; Aviragnet et Mile Soudier lui reprochent d’ensemencer une trop large surface de muqueuse et, par suite, de don-

ner lieu à des cultures trop chargées.

Nous employons une technique mixte : le tampon nous sert uniquement pour prélever, nous pratiquons les ensemencements sur les boîtes de milieu horizon avec une anse triangulaire de platine, de 1 cent. environ de côté. Ayant stérilisé au préalable cet instrument par passage dans la flamme, on laisse refroidir un court instant, puis on passe la branche horizontale sur le tampon; ensuite, d’un mouvement léger de va-et-vient, on promène délicatement sur toute la surface de la boîte en procédant par segments parallèles et sans jamais repasser deux fois à la

même place.

Les boîtes ensemencées sont mises à l’étuve à 37°, le

couvercle en dessous.

Ce procédé d’ensemencement à l’anse de platine triangulaire a été employé également par nous pour la recherche des méningocoques dans les exsudats rhino-pharyngés, des bacilles typhiques, dysentériques et autres, dans les matières fécales et il nous a toujours donné satisfaction en nous fournissant de belles boîtes où les colonies étaient bien isolées : il est bien préférable à celui qui consiste à frotter le tampon ou à déposer une goutte de matière en un point de la boîte et à l’étaler ensuite; dans ce dernier cas, cela fait perdre une portion de la surface

de la boîte qui se présente aussi sous un vilain aspect.

Choix du vase de culture. — Dans la description de notre procédé, nous n'avons jamais parlé que de boîtes de Pétri pour le milieu horizon; c’est que nous n’avons

jamais voulu entendre parler d’un autre récipient : tous )

LG

les résultats obtenus par nous et décrits dans nos diverses

publications ont été obtenus avec la boîte de Pétri.

Pour des raisons évidemment très plausibles, pendant la guerre, on a voulu remplacer la boîte de Pétri, d’abord par la boîte de Pinoy, puis par le tube à essais ordinaire, enfin par un tube spécial à faces planes et à section carrée ; il s’agissait alors de pouvoir expédier aux armées du milieu tout préparé et on ne pouvait évidemment pas envoyer des boîtes de Pétri qui se seraient cassées en route ou contaminées.

Nous avons cherché à nous servir des boîtes de Pinoy ou des tubes et nous y avons renoncé très rapidement ; autant le milieu horizon en boîtes de Pétri s’est montré, non seulement entre nos mains, mais encore en d’autres mains (Debré et Letulle, Orticoni, Grisez, Fortineau, etc.), fidèle, facile à employer, autant le tube nous a donné de déboires, et on comprend très bien maintenant que ce

“tube adressé dans tous les laboratoires aux armées, n’ayant pas donné satisfaction aux bactériologues qui l’ont essayé, ait provoqué le discrédit le plus complet sur la méthode.

Or, nous le répétons, la boîte de Pétri fait, pour ainsi dire, partie du milieu horizon ! Le tube avec milieu horizon est tout au plus bon au repiquage d'un germe déjà isolé et qu'on veut identifier; mais, alors, ce n’est pas là le but que nous nous étions proposé, puisque nous donnons notre milieu comme servant à la fois à l’isolement et à l'identification (lorsqu'il s’agit de malades atteints

d'angine, de convalescents ou de porteurs).

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