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IL. Diagnostic eæact en 4 à 36 heures, au maximum. Nous avons vu plus haut que lorsqu'il s'agissait de l’examen d’une gorge, on pouvait avoir le diagnostic exact en 24 à 36 heures. Quand l’examen bactériologique porte sur une dépendance du tégument cutané (œil, plaie, muqueuses diverses, etc.), l’ensemencement simultané sur milieu horizon glucosé et saccharosé donne également un dia-
gnostic ferme dans le même laps de temps.
IL. Appréciation de la richesse en bacilles. — L'usage du milieu horizon tel que.nous l’avons décrit permet d’apprécier le nombre des bacilles puisque les colonies, avec un peu d'habitude, sont très reconnaissables. On peut donc suivre, chez un malade, un convalescent ou un porteur, la richesse en bacilles que présente sa gorge, par suite apprécier l’évolution de la maladie, l’action du trai-
tement et tirer toutes conclusions utiles à la prophylaxie.
IV. Travail simplifié et rapide. — Où l’on voit bien sur: tout l’avantage de la méthode, c’est lorsqu'on a un grand nombre d’examens à effectuer; c’est là qu’on reconnaît combien le travail est simplifié, comment il s'exécute plus rapidement et avec une plus grande facilité qu'avec la méthode courante; je ne parle pas de la sûreté du diagnostic dont je me suis déjà occupé. Il nous est arrivé souvent d’avoir à effectuer 60, 100 ét même 150 examens; nous y passions relativement peu de temps, et encore nous examinions accessoirement les bacilles d’'Hofmann, chose qu'on n’a pas à faire dans un laboratoire de diagnostic
courant; l’examen de 60 individus nous demandait moins
d'une heure,
À l'examen des boîtes, une grande partie ne présente que des colonies blanches; dans la recherche des porteurs leur nombre est encore relativement élevé : elles sont éliminées; parmi celles qui ont des colonies rouges, l’examen à l'œil nu et à la loupe permet d'éliminer un deuxième lot de boîtes ne renfermant pas de colonies semblables à celles du bacille diphtérique; enfin, il ne reste que le dernier lot, celui qui renferme des colonies sus-
pectes.
Au bout de très peu de temps de pratique du milieu horizon, on acquiert une habitude telle qu’on pourrait faire le diagnostic de bacille diphtériqué par simple examen macroscopique des boîtes; on finit par connaître l’aspect de toutes Les colonies rouges; le seul diagnostic différentiel important à faire consiste à reconnaître le bacille diphtérique et les staphylocoques ; or, rien n’est plus aisé : l'aspect, la couleur, la consistance des colonies diffèrent tellement qu'un examen microscopique peut n'être qu'une confirmation presque superflue du diagnostic macroscopique; toutefois, malgré la sûreté du coup d'œil, cet examen doit nécessairement être pratiqué, car on n’a pas le droit de travailler à la légère lorsqu'il s’agit de la
santé humaine. '
V. Prophylaxie facilitée. — La prophylaxie de la diphtérie à grandement bénéficié de ce procédé de recherches: alors qu'au début de la guerre, on arrivait à isoler des effectifs importants parmi lesquels il y avait peu de por-
teurs de bacilles diphtériques et beaucoup de porteurs de
bacilles d'Hofmann, l'emploi. de cette méthode a permis de n’isoler qu'à bon escient les porteurs du germe pathogène authentique ‘dont le nombre d’ailleurs, en milieu contaminé, à été reconnu vraiment peu considérable, en comparaison des chiffres fournis antérieurement; de cette façon les mesures prophylactiques, ont retrouvé auprès des médecins et des autorités militaires le crédit qu’elles avaient fini par perdre; l'isolement intelligemment pratiqué des porteurs reconnus comme tels à propos de chaque cas de maladie à la suite de bons diagnostics a permis de maintenir les effectifs des armées dans un excellent état sanitaire; cela est surtout vrai en particulier pour les bataillons d'instruction composés de jeunes sujets en état de réceptivité par suite du changement de vie, d’habitudes et de climat, des fatigues qui étaient la conséquence de leur entraînement intensif, et qui nous arrivaient sou-
vent de l’intérieur avec quelques cas de diphtérie. q
VI. Base des travaux de recherches sur les diphtéries humaine et animale. — L'emploi du milieu horizon s’impose à la base de tous les travaux et recherches ayant pour objet la diphtérie humaine, les diphtéries animales, ainsi que l’étude des bactéries diphtéroïdes. N'y aurait-il pas lieu, à ce point de vue, de revoir un peu les travaux qui ont été faits dans ce sens il y à quelque temps et au cours desquels on a cru trouver des bacilles diphtériques dans de nombreuses occasions, sans qu'on fût absolument sûr s’il ne s'agissait pas de corynebacterium cutis ou même simplement de bacille d'Hofmann.
Tant que la classification du bacille diphtérique et des
PHRASE bactéries voisines n’était pas établie sur des bases sérieuses, tant qu’on ne s’est pas méfié de l’existence du corynebacterium cutis qui ressemble étrangement au bacille dipatérique, et enfin tant qu'on n’a pas été en possession d'une méthode de diagnostic pratique et rigoureuse, on
peut dire qu'il a pu y avoir des erreurs commises.
A la lumière des données actuelles relatives au racille dipht{rique et aux bactilte diphtérimorphes, le diagnostic différentiel de ces microorganismes doit reposer uniquement sur leurs réactions vis-à-vis des sucres (en pratique glucose et saccharose).
La méthode la plus rapide et la plus sûre consiste dans l'emploi du milieu horizon qui sert à la fois à l’isolement et à l'identification. Il y a lieu de faire une distinction suivant qu'il s’agit d'examiner des malades atteints d’an-
gine, des porteurs ou des autres localisations.
En effet, le corynebacterium cutis, qui se rencontre fréquemment sur les téguments, est très rare dans la gorge, où nous n’avons constaté sa présence que dans la proportion de 0,13 %; donc, pratiquement, le diagnostic entre ces deux germes n’est pas à faire lorsqu'il s’agira de frot-
tis de gorge.
Voici donc comment on procédera :
a) Angines. — On emploiera une boîte de milieu hori-
zon habituel (glucosé) qu’on ensemencera en suivant Îles
recommandations que nous avons faites.
b) Porteurs. — Lorsqu'il s'agira de rechercher les porteurs dans un milieu contaminé, il suffira d'employer une boîte de milieu horizon habituel (glucosé) pour deux sujets, en séparant les deux moitiés de la boîte avec un trait au crayon gras traçant un diamètre au fond de la
boîte.
c) Autres localisations possibles du bacille de la diphtérie (plaies, yeux, elc.). — Dans ce cas, on doit songer au corynebacterium cutis; On pourra recourir à deux méthodes, l’une rapide consistant à ensemencer simultanément deux boîtes de milieu horizon, l’une glucosée et l’autre saccharosée ; l’autre un peu moins rapide, mais plus rationnelle, consistant à passer sur milieu saccharosé les colonies suspectes obtenues sûr une première boîte glucosée.
Les boîtes seront ensuite examinées comme nous l'avons dit; on fait une préparation que l’on colore par la méthode de Gram et le diagnostic est effectué; c’est, on le voit,
d’une grande simplicité.