‹ Le diagnostic du cancer par les méthodes biologiquesChapitre 3 sur 11 · TRAVAUX ORIGINAUX · texte numérisé non relu

TRAVAUX ORIGINAUX

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par les Méthodes biologiques

par le Dr Louis MOREL,

Chef de Laboratoire à la Faculté de Médecine

L’utilité d’un diagnostic ferme et précoce du cancer n’est plus à établir depuis qu’on sait qu’au début le cancer est une affection curable, complètement et définitivement. Aussi, en même temps que de nouvelles méthodes thérapeutiques (1) venaient à l’assaut des* cancers inaccessibles interdits à l’exérèse, préparaient ou complétaient le traitement sanglant, de nouveaux procédés de diagnostic se sont multipliés dont les prétentions : précision et précocité, n’ont pas toujours été confirmées par les recherches de contrôle. Néanmoins, dans le nombre, il en est dont la valeur semble avoir résisté à plusieurs années d’expérience. Parmi ces méthodes d’examen, les unes mettent en action des procédés ch investigation physiques (radioscopie, radiographie, endoscopie, diaphanoscopie, etc.), les autres sont basées sur les réactions humorales , ce sont ces méthodes biologiques que nous allons envisager.

Disons par avance qu’il ne saurait être question de demander exclusivement à ces procédés un diagnostic de cancer ferme et précoce ; il n’y faut pas songer tant que nous ne posséderons pas une méthode spécifique. Mais déjà, l’adjonction à l’examen clinique (qui garde la première

(1) Irradiation, Radiumthérapie, Fulguration, Méthode de Coley, Trypsine, Vaccination, Electro-métaux, Sels de quinine, etc..

REVUE MÉDICO-THÉRAPEUTIQUE

place) des indications fournies par le laboratoire, permet à un observateur averti de poser le diagnostic de cancer, à coup sûr, dans 90 0 /O des cas. Et, si on s’entoure en plus des renseignements fournis par la méthode contradictoire (j’entends si on prend la peine « d’éliminer, par leurs réactions spécifiques, les maladies qui simulent le plus habituellement « le cancer : la tuberculose, la syphilis, les mycoses » (Herrenschmidt), on arrive à une précision diagnostique qui se rapproche de l’absolu.

Précision dans le diagnostic du cancer, ce premier desideratum est actuellement réalisé ou à peu près. Précocité dans le diagnostic : nous n’y sommes pas encore, et tout le mal vient de là. Qu’importe en effet de diagnostiquer un cancer, quand son extension (par contiguité ou par continuité) ou sa généralisation (par métastases) le rendent intangible ? On ne tirera le diagnostic précoce du cancer que d’un signe spécifique. Or, cliniquement il n’y en a pas. Et au point de vue biologique, la toxine, le ferment cancéreux restent à démontrer.

Nous devons donc nous contenter actuellement de méthodes biologiques indirectes de diagnostic du cancer : il en est de bonnes. Nous ne devons accorder de valeur à leurs résultats, qu’assemblés, c’est-à-dire contrôlés les uns par les autres. Nous devons enfin les interpréter cliniquement, car c’est à l’observation directe, même indécise dans son diagnostic, qu’il importe d’accueillir ou de récuser les indications du laboratoire.

A de rares exceptions près, les tumeurs malignes épithéliales et les tumeurs malignes conjonctivo-vasculaires réagissent de façon identique aux méthodes biologiques employées ; sous le nom de méthodes de diagnostic du cancer nous entendrons, par conséquent, des méthodes d’examen communes au diagnostic du sarcome et de l’épithélioma.

La plupart de ces méthodes sont utilisables quel que soit le siège du cancer ; quelques-unes ne sont applicables qu’à certaines localisations.

Nous étudierons donc successivement les méthodes communes à tous les cancers, et les méthodes particulières à certains, cancers.

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