‹ Le dialogue de Sainte Catherine de SienneChapitre 131 sur 287 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Comment pour montrer que les trois degrés du pont signifient les trois états de l'âme, Dieu dit à cette âme de s'élever au-dessus d'elle-même pour contempler la vérité.

Je t'ai appris déjà comment doivent se comporter ceux qui sont dans la charité commune, c'est-àdire ceux qui pratiquent les commandements, en observant les conseils en esprit. Je veux t'entretenir maintenant de ceux qui ont déjà commencé à gravir l'échelle et se sont engagés dans la voie parfaite, par la pratique réelle non seulement des préceptes mais aussi des conseils, suivant les trois états que je te montrerai et que je t'expliquerai en détail.

Les trois gradins que je t'exposai comme figurant, en général, les trois puissances de Tâme, représentent aussi les trois états de l'âme, dort le premier est imparfait, le second est parfait, le troisième très parfait.

Dans le premier, l'homme est, pour moi, un iiercenaire, dans le second, il se montre féal serviteur, dans le troisième, il est un fils qui m'aime, sans penser à lui. Ces trois états se peuvent rencontrer et se rencontrent séparément en des personnes diffé-

rentes, mais on peut aussi parfois les trouver réunis dans une seule. Ils sont dans une seule et même personne, quand celle-ci avance dans cette voie sans interruption, et s'élève de l'état servile à l'état d'affranchi et de létat d'affranchi à l'état de fils.

Elève-toi au-dessus de toi-même, ouvre l'œil de ton intelligence et contemple ces voyageurs en marche. Les uns s'avancent imparfaitement dans la voie des commandements, les autres parfaitement, quelques-uns s'exercent dans la voie des conseils. Tu verras d'où vient l'imperfection et d'où procède la perfection. Et tu comprendras combien grande est l'illusion à laquelle l'âme s'est exposée ellemême, pour n'avoir pas arraché, jusqu'à la dernière racine, l'amour-propre. En quelque état que l'homme se trouve, il faut qu'il tue en lui cet amourpropre !

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