‹ Le dialogue de Sainte Catherine de SienneChapitre 190 sur 287 · CHAPITRE Vili · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vili

Résumé de ce qui précède, avec une addition sur la correction du prochain.

J'ai donc, très chère fille, satisfait à ton désir en l'expliquant ce que tu me demandais sur la manière de reprendre ton prochain, sans te laisser tromper par le démon ou par ta faible vue. A moins de révélation expresse venant de moi et concernant une faute particulière, ta correction doit toujours demeurer générale. Elle doit être accompagnée d'humilité et observer la méthode que je t'ai indiquée, qui consiste à te réprimander toi-même en même temps que les autres.

Je t'ai dit ensuite et je te répète, qu'il n'est permis d'aucune manière, de juger les créatures en général, ni mes serviteurs, en particulier, en induisant l'état intérieur de leur âme des dispositions heureuses ou fâcheuses dans lesquelles ils se trouvent. Je t'ai donné la raison pour laquelle tu ne peux pas juger, et serais, si tu jugeais, trompée dans ton jugement. Ce que vous devez au prochain en ce cas, toi et les autres, c'est la compassion. Le jugement doit m'être réservé.

Je t'ai exposé encore la doctrine et le principe

fondamental que tu devais inculquer à ceux qui viendraient te demander conseil pour sortir deà ténèbres du péché mortel et suivre le chemin de la vertu. Enseigne-leur comme principe et fondement l'amour de la vertu par la connaissance d'euxmêmes et de ma Bonté envers eux, et demandeleur de mortifier et d'anéantir leur propre volonté, pour qu'elle ne se révolte en rien contre Moi. Indique-leur aussi la pénitence, mais comme un moyen, non comme le but principal, ainsi qu'il a été dit. La pénitence ne doit pas, non plus, être égale pour tous, mais se mesurer aux aptitudes, aux forces et à la condition de chacun. Suivant cette règle, les uns useront peu, les autres beaucoup, de ces moyens extérieurs.

Il ne t'est pas permis, ai-je dit, de reprendre le prochain d'une faute en particulier, mais seulement de façon générale, selon la manière que je t'ai indiquée. Je ne voudrais pas cependant que tu croies, que devant une faute extérieure bien caractérisée, tu ne puisses lui en taire la correction entre toi et lui. Tu le peux faire, et même, s'il s'obstine et refuse de s'en amender, il est permis de la faire connaître à deux ou trois personnes. Si cela encore ne suffit pas, tu peux dénoncer le coupable au corps mys tique de la sainte Église ^ Ce que j'ai voulu te dire, c'est que cela ne t'était pas permis, pour toute vision ou sentiment intérieur que tu aurais dans l'esprit. Encore que tu aurais été témoin du fait, il ne faudrait pas te hâter, à moins que tu ne

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