‹ Le dialogue de Sainte Catherine de SienneChapitre 203 sur 287 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Comment Dieu regarde comme dirigées contre lui-même les persécutions que l'on fait subir à l'Église et à ses ministres. Et comment cette faute est plus grave qu'aucune autre.

Si tu me demandes pourquoi le péché de ceux qui persécutent la sainte Eglise est plus grave que tous les autres, et pour quelle raison, les fautes de mes ministres ne diminuent en rien le respect qu'on leur doit rendre, je te répondrai : Parce que tout le respect qu'on leur témoigne, ce n'est pas à eux qu'il s'adresse, mais à ^loi, par la vertu du Sang dont je leur ai confié la dispensation. Sans cela, vous auriez autant de respect pour eux que pour les autres hommes, et rien de plus. C'est à cause de ce ministère qu'ils remplissent, que vous êtes obligés à ce grand respect : c'est à eux qu'il vous faut aller, non pas à eux à cause d'eux, mais à cause de la puissance que je leur ai donnée, si vous voulez recevoir les saints sacrements de l'Église; et, si pouvant les recevoir vous ne le vouliez pas, vous mourriez en état de damnation.

Et donc, ce n'est pas à eux, c'est à Moi que va cet hommage de respect, et à ce glorieux Sang qui est une même chose avec Moi, par l'union de la nature

divine et de la nature humaine. Si c'est à Moi que va le respect, c'est à Moi aussi que s'adresse Tirrévérence. Je te lai déjà dit, vous ne leur devez pas d'égards particuliers, pour eux-mêmes, mais à cause de l'autorité dont je les ai investis ; et. pareillement, en les offensant, ce n'est pas eux qu'on offense, c'est Moi-même. C'est ce que j'ai interdit, par ces mots : Ne portez pas la main su?- mes christs ^ . Non : Je ne le veux pas.

Qu'on ne s'excuse point en disant : « Je ne fais pas injure à la sainte Eglise, je ne me révolte pas contrQ elle, je n'en ai qu'aux vices des mauvais pasteurs.» Qui parle ainsi ment sur sa tète. Son amour-propre l'aveugle, et l'empêche d'y voir clair, ou plutôt, il voit bien, mais fait semblant de ne pas voir, pour étouffer les reproches de sa conscience. S'il était sincère, il verrait bien, et même, il voit bien que ce ne sont pas les hommes qu'il persécute, mais le Sang de mon Fils. A Moi l'injure, comme à Moi le respect ! Et donc à Moi aussi, tous les dommages, tous les mépris, tous les affronts, toutes les opprobres, toutes les réprobations dont mes ministres sont l'objet. Je considère comme fait i Mci-même tout ce qui leur est fait. Je l'ai dit et je le répète: Je ne veux pas que Von touche à mes christ;/ — C'est à Moi seul de les punir.

Les méchants prouvent ainsi leur irrévérence pour le Sang et le peu de prix qu'ils attachent à ce trésor c^ue je leur ai donné, pour le salut et la vie de

Page 1