‹ Le diamant de la vouivre (volume 2)Chapitre 17 sur 17 · BOIVIN · texte numérisé non relu

BOIVIN

Après celte lecture, le greffier, s'adressant au capitaine Prost, lui dit :

— A vous maintenant, parlez ! et il sera fait ainsi que vous l'aurez voulu.

Alors le capitaine s'écria en donnant à sa voix toute la puissance possible :

— Anlide de Montaigu, seigneur de l'Aigle, chevalier traître et félon ! un jour tu as dit au Cardinal de Richelieu en parlant du curé Marquis : Pour cet homme, il n'est qu'un genre de supplice, le supplice des manants, la corde. A toi donc la peine du talion. Antide de Montaigu, seigneur de l'Aigle ! noble, haut et puissent comte! à toi le supplice des manants! à toi la corde! Anligue de Montaigu ! sois pendu et

étranglé par la main du bourreau, jusqu'à ce que mort s'en suive.

Puis, promenant autour de la place un regard que peu de gens purent soutenir tant il était pénétrant, il ajouta d'un ton plus grave et plus solennel :

— La guerre est finie; la Comté est libre; vive la Comté ! et qu'ils soient à jamais punis ainsi que ce traître qui va mourir, tous ceux qui oublieront que nous sommes tous enfants de la Comté, et que nous devons à notre mère commune, jusqu'à la dernière goutte de notre sang. ■

Un instant après, justice était faite, et la foule, naguère si bruyante, s'écoulait silencieuse, vivement frappée de cette scène, et plus encore des dernières paroles du chef montagnard.

Pendant que le sire de l'Aigle expiait ses crimes si cruellement, un mariage était célébré dans la cathédrale de Dôle. Paqueretvô re-

cevait le nom et le titre de baronne de Binans^. Cette cérémonie n'avait que trois témoins : Le sire Arthur de Binans, Blanche de Mirebel si miraculeusement sauvés; et la vieille Pierrette, qui avait abandonné son rôle de sorcière, depuis le jour où elle avait vu enfin le bonheur rentrer dans la famille pour laquelle elle s'était dévouée avec tant de courage.

Le soir même, le capitaine Prost retourna à la' montagne; il lui tardait de répandre une larme sur la tombe, qui renfermait avec le secret de la robe rouge, les restes précieux de ceux qui lui laissaient pour tout héritage le soin de veiller seul désormais aux destinés de la Franche-Comté.

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