CONSERVATION DES DENRÉES ALIMENTAIRES
La Société Geigy fabrique actuellement un autre insecticide de la série D. D. T., le « Geigy 33 » spécial pour la protection des denrées, inodore et ga- ‘ranti inoffensif pour l’homme. ;
Les céréales, le café, le cacao, peuvent être protégés pendant des mois, contre les insectes par le mélange d’une partie de « Geigy 33 », vendu en poudre ou en émulsion concentrée, à diluer sur le lieu d'emploi avec mille parties du produit à conserver. On peut, en outre, pulvériser sur les murs et plafonds des silos et entrepôts trois parties du nouvel
insecticide dans cent parties d’eau.
F | . Lutte contre les Arthropodes parasites de la peau
Ÿ chez les animaux domestiques.
A) ACARIENS a) Les Ixodidés. — Les Ixodidés appelés commu-
nément tiques ou poux des bois, sontfde gros acariens qui, à certains stades de leur cycle évolutif, vivent dans les taillis et les broussailles, d’où ils passent sur un ou plusieurs hôtes successifs (hommes ou animaux), sur la peau desquels ils se fixent au moyen de leur rostre, pour se nourrir de leur sang. Leur importance est grande en Médecine vétérinaire, étant donné qu'ils inoculent aux animaux nombre d’agents infectieux dont ils sont les vecteurs; ils sont ainsi à l'origine des piroplasmoses, theilérioses, anaplasmoses, rickettsioses (équidés, ruminants et chiens), filarioses (chiens), etc...
Or, selon les officiers du « Sanitary corps » aux Etats-Unis, Margaropus annulatus, parasite « de homme, du bœuf à qui il transmet Babesiela Bigemina et Treponema Theileri, du cheval: du mou-
ton et du chien, peut être facilement détruit par le
DDC
ie {te
Gouck et SMITH. signalent l’efficacité d’une solution à 5 %, utilisée en lavages, et d’une poudre à 10 dans le traitement des tiques du chien. Dix jours après le traitement les : animaux portaient encore des tiques mortes.
Des expériences de protection des animaux domestiques (chien et bovins) contre la piqûre des tiques, par la poudre D. D. T., ont été pratiquées à l’Institut Pasteur d'Alger, en 1945, par E. SERGENT, A. DoNATIEN et L. PARROT dans le cadre de la prophylaxie des piroplasmoses bovines et canines. Dans ce but, ainsi que les auteurs le font judicieusement remarquer, la désinfestation des animaux parasités n’a pas un effet suffisant, étant donné que Paction risque d’être entreprise après la contamination, qui peut se produire dès que les tiques sont fixées. Il fallait donc savoir si le D. D. T. était à même de prévenir l’invasion des ixodes.'
Pour cela, dans une première série d’essais pratiqués sur des chiens, on opéra de la façon suivante.
Trois chiens non infestés, à poil ras, pesant respectivement cinq kilos furent placés chacun dans une cage à l’intérieur d’une stalle commune dont les tiques ne pouvaient franchir les parois. À une extrémité de la stalle, à égale distance de chaque ‘cage, on disposa des Rhipicephalus sanguineus adul-
tes, à jeun, capturés dans la nature.
Dans la première expérience :
Le chien n° 1 fut enduit de 24 c.c. de pétro'e sur tout le corps.
Le s e
En AD
Le chien n° 2 fut enduit d’une solution de D.D.T. dans le pétrole à 5 %. VE Le chien n° 3 ne fut pas traité.
Au même instant furent placés dans la salle 394 Rhipicephalus sanguineus.
Les jours suivants, les animaux examinés portalent respectivement :
Chien no! Gien! n02 Chien n°3 (pétrole) (D.1D. T.) . (lémoin)
Après 1 jour... “tua +0 0:54 Après 2 jours... . 14 2 #70
Aucun effet toxique ne fut relevé, mais le résultat était insufhsant; aussi dans une deuxième expérience où les mêmes animaux furent utilisés dans les mêmes conditions, employa-t-on :
Pour le premier chien, 180 cm° de pétrole:
Pour le deuxième, 180 em° de solution D, D. T. pétrole à 5 %;
Le troisième ne fut encore pas traité.
On plaçca en même temps 372 tiques dans la stalle. Sur le chien n° 2 (D. D. T.) on trouva une seule tique au cinquième jour, qui fut trouvée morte le lendemain, d’autres tiques mortes y furent découvertes par la suite.
Le chien n° 1 (pétrole) fut infesté à partir duquatrième jour.
Le chien n° 3 (témoin) : dès le premier jour.
La troisième expérience fut identique à la deuxième, à la seule différence que 453 tiques furent disposées dans la stalle, seulement dix-huit jours
après l’onction.
Le chien n° 2 (D. D. T.) fut infesté du vingtième jour (après le traitement) jusqu’au quarante-neuvième jour, mais un grand nombre de tiques ne parurent pas se gorger complètement.
Le chien n° 1 (pétrole) fut infesté du dix-neuvième au cinquante-quatrième jour. à Le n° 3 (témoin) du dix-neuvième au cinquantetroisième jour. | :
. Donc, une forte dose de solution a protégé un chien pendant quelques jours, mais pas au delà de dix-huit. |
Le pétrole pur n’a été vraiment eflicace que Jjus-
qu’au quatrième Jour.
. Les chiens n°° 1 et 2 des deuxième et troisième expériences ont subi des troubles cutanés assez grave, avec une intensité plus marquée pour le n° 2
(D. D. T.) qui, de ce fait, a perdu du poids.
Le
Trois expériences furent ensuite conduites sur deux petits veaux placés dans une stalle, non en contact entre eux, mais pouvant se transmettre les tiques. On introduisit dans la stalle des Hyalomma mauritanicum à jeun.
Première expérience : Les tiques furent introduites dans la stalle dès que le veau n° 1 fut enduit de 200 cm° de la solution pétrole-D, D, T. à 5 %.
Le veau n° 2 servit de témoin.
Au bout de seize jours d’examen, cet animal ne fut pas parasité alors que le témoin l'avait été dès
le premier jour.
Deuxième expérience : On utilisa le même veau
n° 1 sans le traiter à nouveau et un nouveau témoin
neuf. Le dix-septième jour après l’onction seule- :
mènt, on introduisit les:tiques porteurs de Theile-
ria dispar. Dès le lendemain, le veau n° 1 porta des
Hyalommas et présenta un accès de gravité moyenne de théilériose à T'heileria dispar. Le veau témoin porta dès le premier jour un nombre bien plus important de fiques et présenta à accès mortel de theilériose. :
La troisième expérience fut identique à la deuxième, mais les tiques furent introduites le septième jour seulement après le traitement (le l’un des deux veaux. |
À partir du deuxième jour et pendant cinq jours
le veau onctionné porta des tiques. Le témoin en
porta en nombre beaucoup plus massif du deuxième :
au vingt-quatrième jour. Ù
Donc, alors que dans tous les cas les veaux témoins sont immédiatement infestés, si les tiques sont mises en contact de veaux le jour même du traitement au D. D. T. elles ne se fixent pas. :
Le septième jour après l’onction, elles se fixent en petit nombre; le dix-septième jour en plus grand nombre. ;
Mais même au dix-septième jour, leur nombre est inférieur à celui porté par les témoins. On a noté sur les veaux traités, des troubles cutanés et généraux imputables en grande partie au pétrole de la
solution. En résumé, voici ce qui est à retenir de
NE
ces “pepe : Pour un chien de 5 kilos là dose de 180 .cm* de solution pétrole-D. D. T. à 5 % cause des lésions cutanés curables et préserve l’ animal de. la piqûre de tous les Rhipicephalus sanguineus mis à sa portée le jour du traitement; mais si les tiques sont mises en contact le dix-huitième jour après. elles se fixent. Une dose inférieure ne donne aucun résultat.”
La dose de 200 cm° de solution a provoqué des troubles généraux (frissons et douleurs) pendant 24 heures et de légères lésions cutanées (irritation des régions à peau fine avec chute des poils chez un veau et seulement légers troubles de l’état général chez un autre). Ces troubles sont en grande partie imputables au pétrole. Avec cette dose de 200 cm’, les tiques mises en contact le jour même de l’onction ne se sont pas fixées, mais les tiques déposées sept jours et dixsept jours après ont pu piquer l’animal. : |
Par conséquent, la solution de D. D. T. préserve les animaux traités de la piqûre de tiques mises en contact au moment du traitement, ce qui n’est pas dépourvu d'intérêt. Nous signalons d’ailleurs dans nos observations (I et IT) de quelle façon des chiens infestés ont été débarrassés de ces parasites, mais il ne fallut pas plus de huit jours pour que Pun d’eux (Observation n° il) se trouvant en milieu infesté soit de nouveau recouvert de parasites. [l est donc évident que, du point de vue de la prophylaxie des piroplasmoses, le D. D. T. n’est pas un
moyen sufhisant; il exigerait des applications beau-
hp trop fréquentes cé. qui ne. ra pas : sans in
convénient, et étant donné que la piqûre d’ une nl. “tique peut inoculer la théiléliose à un bœuf, le ré-.
sultat resterait. problématique. Voici done deux. es- ‘sais dans lesquels nous avons tenté d'établir Ja LE M
leur « ixodicide » du D. D. ie
: OBSERVATION I Chien Pointer de 2 ans 1 /2, pie-marron, appartenant à M. P..., à Toulouse.
Il nous est présenté le 18 mai 1946 au service de.
Parasitologie de l’Ecole de Toulouse. Il est littéralement recouvert de tiques, spécialement sur les oreilles dont le bord postérieur et le conduit auditif sont criblés. |
Une solution de D. D. T2 % est employée en
pulvérisation au moyen d’un appareil Kly-Tox; de
la poudre de D. D. T. à 5 % est répandue dans la niche par le propriétaire.
Le 22 mai, l’animal porte encore. de nombreuses
tiques. Il est alors frictionné avec la même solution employée à la brose, en insistant sur les régions les plus atteintes.
Le 30, l’animal est ramené à t PEcole déharrassé de tous ses parasites.
Le propriétaire que nous avons revu en janvier 1947 nous a déclaré que son chien, maintenu après le traitement en milieu non infesté, n’a jamais plus été porteur de tiques. |
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