HISTORIQUE
Profitant des travaux de BAEYER publiés en 1872. le Suisse ZEIDLER réalisa, en 1874, Ja synthèse du Dichloro-Diphényl-Trichloroéthane. La naissance de ce nouveau produit :n’eut aucun retentissement dans les milieux scientifiques de l’époque et ses propriétés thérapeutiques étant ignorées, il resta de longues années dans l’oubli.
Ce n’est qu’en 1939 que, sa toxicité pour les insectes et, en général pour tous les organismes à sang froid, ayant été reconnue par MULLER, de la Société Geigy de Bâle, il fut utilisé pour la première fois lors d’une invasion de doryphores en Suisse. En 1940 le procédé industriel de fabrication fut breveté par J. R. GEIGY qui donna à ce produit Je nom de « Gésarol » et des licences d’exploitation furent accordées en Suisse, en Allemagne, aux Etats-Unis et en Angleterre.
En 1941, des études sur les modalités de son emploi furent entreprises aux. Etats-Unis par R. C. Roark sur les parasites de l’homme, des animaux et des plantes. Les résultats, très satisfaisants, furent confirmés dans vingt-cinq stations expérimen-
tales agricoles. ,
En 1042, le principe actif e aëà Dieu c connu était appelé G. N. B. (Gésarol- Néocid- -Base) et aux Etats- Unis, la Société Geigy disposait de « Gesarol-Dust » à 3 % et de « Gésarol-Spray » à 5 % pour pulvérisations, qu’elle entourait d’une puissante propagrande. C’est alors que les autorités militaires des nations belligérantes se proposèrent d'utiliser le nouveau produit pour les besoins de l’armée, après les travaux du « Bureau of Entomology » de Londres. Aux Etats-Unis « The Bureau of Entomology ‘and plant Quarantine of the USDA > dans les
laboratoires d’Orlando et de Florida, firent en même
temps des recherches avec l’aide du « National Research Council » et du « Surgeon general’s office ». Lorsque les approvisionnements venus dé Suisse
furent épuisés, « The Cincinnate Chemical Works :
of Norwold » fut appelé à fabriquer ce produit
nommé alors < D. D: T.:5.A une conférence de
« Office of Scientific Research and Development » en mai 1943, un rapport détaillé des investigations d’Orlando recommanda une poudre à base de « D. D. T. » pour la lutte contre les poux dans les forces armées. D’autres préparations furent mises au point . pour la destruction des moustiques.
C’est en. 1943-1944 que le nouveau produit atteignit l’apogée de sa popularité que lui valut son utilisation dans ‘les épidémies de typhus d'Egypte, du Mexique et d'Italie: Dans la seule ville de Naples au 10 janvier 1944, toute la population (1.300.000 habitants) avait été traitée au D. D. T., on comptait alors dans la ville 311 cas de typhus,
il y en avait 99 le 4 février et seulement 39 le 18 février : l’épidémie était enrayée. Le plus grand mérite en revenait au « D. D. T. ÿ puisque les quantités limitées de vaccin permirent d’immuniser seulement les docteurs, les prêtres, les policiers, etc. soit 15.000 personnes. En Extrême-Orient, les pertes infligées aux troupes par la malaria furent, aussi, sensiblement réduites. \
Depuis, les spécialistes du monde entier n’ont pas cessé de s’intéresser à ce produit, envisageant les points de vue chimique, thérapeutique, et toxique dans des études de laboratôires et des réalisations industrielles. Il en est résulté des perfectionnements de technique qui ont permis une production moins onéreuse et une utilisation plus rationnelle. D’abord pareimonieusement réparti aux seuls besoins de l’armée, le « D. D. T. », connu de tous, occupe aujourd’hui sa petite place dans l'armoire à pharmacie fa-
miliale.
LT
s ETUDE DU DICHLORO-DIPHEN YL-TRICHLORO- METHYLMETHANE