‹ Le dilettante; ou, Le siège de l'Opéra; folie-vaudeville en cinq petits actes, à propos du siège de Corinth. Par MM. Theaulon, Th. Anne et GondelierChapitre 13 sur 39 · I-E BARON · texte numérisé non relu

I-E BARON

C'est VOUS qui l'avez dit , jugez de mon désespoir , le l>aron de Rémi val, le dilettante le plus déterminé, un homme que ne peuvent faire reculer toutes les doublures et toutes les demi-doublures des bouffes et de l'Opéra , un homme qui ne vit, qui ne respire que pour la musique italienne, le séide de Rossini, enfin n'a pas une place pour le siège de Corinthe l.i ce matin j'envoie à la caisse... rien... je vais demander une place à la petite comtesse ma voisine... elle allait envoyer chez moi pour en avoir une... Je vous demande s'il est possible d'être plus malheureux.

SAINT-FÈLIX.

Votre malheur ne nous console pas du nôtre!., c'est un abus révoltant.

LE BARON

Messieurs, il ne faut pas souffrir une pareille injure. Manquer le siège de Corinthe !.. assiégeons plutôt l'Opéra.

SAINT-FÉLIX

Parbleu l'idée est excellente.

liAVERDlERE. '

Moi je crois qu'il est plus sage d'attendre après-demairt.

LB BARON

Après-demain ! après-demain ! vous n'avez donc i)a.s de sang dans les veines.

LAVERDIERE.

J'en ai comme un autre, je m'en vantes

LE BARON

^ Et VOUS osez me proposer d'attendre à après-demain , vous Laverdière!.. ah ! que vous connaissez peu votre ami; musicalement parlant.

LAVERDIERE.

Est-il enthousiaste, ce cher baron!

LE BARON

Laissez-moi, RTonsieur, laissez-iuoi ; vous n'êtes pas né Dilellanle.

i,averdh:re, s'ccliaufTanl.

Je ne suis pas né dilettanle, moi l'inamovible du balcon cle rO|>éra , moi qui... Oh ! ce n'clait pas aulre l'ois comme aujourd'hui, je m'en vante, et de mou temps ou ne courrait pas à l'Opéra pour y admirer des pirouettes , ou y allait pour la musique.

Air ; Le luth galant.

De rOpéra , moi , j'ai vu les beaux jours , Tous les chanteurs criaient comme des sourds ; Eh bien .' on admirait leur voix pleine et sonore ; C'était là le bon temps.

LE BAnON.

Quel regret vous dévore»

On y criait jadis , et l'on y crie encore , On y criera toujours.

LAVERDIEIiE.

Oh! dieu de dieu ! quels souvenirs ça me rapelle , il me semble encore entendre le fameux Polinice quand il attaquait ce grand air. Z«eyZ/s f/^5 dieux ^ le successeur d'Alcidal ....

commeil vous; déchirait l'âme en passant par les oreilles ,

c'était superbe, je m'en vante. Ce n'est plus qu'aux Français qu'il y a encore quelques gaillards de Cette force-là... dana la tragédie.

( On entend dans la coulisse un cri jjerçant. )

TOUS

Ah ! qu'est-ce donc que cela ?

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