TRIOS
Adriani fFVgr/tar (Willaert) , Cyptiani de RorCj Archadele et Johannis Gero y cantiones triam vocum , aliaqae madrigalia trîsona diver- "Borum auctorum. Veiiet., 1565, 4".
Christiani Hollandi tricinîorum fasciculiis , éditas operà Polcheri Schwandorffenais. Monacliii,1573,4'».
Jacohi Floris modulorum aliqtiot tam sacrorum quam profan. cum tribus Tocib. liber uniis. Lov. 1S78. 4«.
MTJSIQtJE INSTRUMENTALE.
HortMlas cylbarœ valgaris, cum brevi introduotione quà q«is sno marte arCem pulsendae cytharae facillîmè addiscere possît. AntT. ISM, 4«, lat. et gall.
Joach, /^ani{0rj9firc^Thorida sire cantiones è quam plurimîs nostri aevi musica^m libris selectae. Arnbemiae , 1601 , -i». — Adriani Wil- Inerl Tillanellœ napolitsoiœy pars prima et seconda , Yenet.
Dit itf ee seer schoo boecxke em te leere
819 LETTRE A ffl. FÊTIS.
make alderhande Tabulataere wten discante.
Daer duer men lichtelyck mach leere spelen opt clavicordiu layte en fluyte. Gheprint Thantwerpen op die Lombaerde Veste in den Witten fialewint , by Jan Van Ghelen , ghesworen Boeckprinter der G. M. anno. 1568, 4°, dern. sig. 115«
Ouvrage curieux qui est en dialogue entre un maître et son élève. Il est orne de planches et de musique notée , gravées sur bois.
Thésaurus musicus continens selectissima Alberti Ripae, Valentini Bacfarci (Becfarci?) et aliorum praestantissimorum carmina , ad usum chelys vel testudinîs accommodata. Quibus adjectse sunt ingeniosae quaedam Fantasias, Pazzomezi'', Alemandes , Galliardœ , Bransles atque idgenus castera , recens in lucem édita Lovanii , Petr. Phalesuis sibi et. Joanni Bellero^ BîbL Anty.j 1674,8«» obU
Des chansons reduictz en tabulature de lut à deux , trois et quatre parties , avecq une briefve et famihaire introduction pour entendre et apprendre par soy-mesmes à jouer dudict lut.
Louv.y. Pierre Phalèse , çt Anvers , Jean BellerQ y 1578, 8« obi.—
Cette bibliothèque musicale qu^il serait pre»-
LETTKE A H, fÉTIS. 818
qaeîmpossîfole de rassembler aujourd'hui, pourrait être facilement augmentée , si déjà je n'ayais dépassé de beaucoup toutes les bornes permises d'une lettre. Pour la dresser j'ai eu moi-même besoin de recourir à autrui , et la Bihliotheca philoêophica f publiée en 1616 à Jéna , par Baul Bolduanus , ne m'a pas été d'un petit secours pour l'indicatio'n des ouvragées que je n'ai pas encore eu la bonne fortune de rencontrer. Je n'ai Toulu y insérer que des articles belges; mais, quelquefois incertain de leur origine, il m'a fallu m'en rapporter à mes conjectures et juger même d'après la physionomie des noms. Si j'ai failli , j'en bats ma coulpe d'avance. Je m'exposerais autrement à trop de sévérité , moi qui n'ai pas honte de tous éplucher et de reprendre !
Voilà bien de l'impudence ! Mais ne faut-il pas marcher avec son siècle , et , si petit qu'on soit, se calquer sur les grands hommes du jour, leçon vivante des contemporains et de la postérité !
Il est possible de déterrer encore quelque illustration belge aujourd'hui négligée , dans les états des cours de nos anciens princes et gouverneurs. Ainsi la chapelle de Charles-Quint , en 1547 , et une partie de celle des archiducs
914 UmS A M. FÉTIS.
Albert et Isabelle se troare dans les trophées de Brabant , t. III , pp. 106 et 124* Pour la chapelle de Charles-Quint on a mis à contribution le Catalogué totiu$ aulœ Cœsareœ» Colon. 1550. De» deux parts il faut seulement corriger quelques noms propres.
Je ne Tois pas non pins que vous ayei pris la peine de feuilleter Paquot* Il est fort lourd , d*accord , mais il est exact et conscientieux. Vou» trouvères dans ses mémoire$ des notices sur Corneille de Blockland , Orlando , iLasso y Clan-^ din«le«Jeune , Laurent de Vos , etc.
Et le chaste amant de la Meuse , le solitaire d'Ingihoul , Vhonnête baron de Yillenfagne n*a- ▼ait-il aucun secours avons offrir, aucune indication à vous donner ' ?En 1782, il prononça, à la séance publique de la SociHé d'Emulation, un discours sur les artistes liégeois , discours qui, revu , fait partie de ses mélaugeê de 1788.
' J'en dirai autant du dif court prononcé è Parb , par M. Tan Hulthem, dana una réunion d'artittea. Ce bU bliophile qui a encouragé tant de jeuno» talena , avait cru contoler M. létit d^avoir mancjué le grand prix de compotition , en lui envoyant une médaille qu^il avait fait frapper exprès et que H. Fétis refusa par modesHê,
LETTEE A I. YÊTIS. 815
Il y n^itioiiDe , d'après Renier , ùu peut-être , d'après Vffisiotre littéraire de la France^ Wazelin , Gilbert , Jean et Nixon , religieux de S'*Laarent. Il ajoute qu'au onzième siècle ii y avait des orgues dans le monastère de S* -Hubert, ce qui était encore rare , et des personnes inatmites pour les toucher. Oibert , abbé de Gembloox 9 se rendit célèbre par ses chants pour les offices de S*-Véron et de S*«-Waudru.
Rodulfe , qui introduisit , sur la fin de ce tiède 9 à S*.*Trond j où il était abbé , la nou* velle méthode de Gui d'Arezzo pour le chant ecclésiastique , avait composé un volume d*hym« nés , noté de sa main , pour les grandes solennités. Cet abbé rapporte dans la chronique de eon monastère , que Gontram , aussi abbé de 8^-Trond en 103d , avait une voix si estimée par sa force , son étendue et ison harmonie , qu'aux jours solennels on le faisait venir a Li^^ afin de présider au chœur des chantres.
Vient ensuite Técolâtre de Liège Francon, sur lequel M. de Yilienfagne rapporte le jugement de Bumey qui le considère comme rinventeur deç caractères musicaux pour le temps»
Au Xll* siècle , auquel appartiennent les re-
316 LETTRE A M. fÊTI9.
ligieax de S^-Laurent déjà deax fois cités , Etienne , abbé de S^*Jacqaes de Liège , profita 4e8 écrits de Francon et de Gui d'Arezzo et devint un musicien très-expert.
Henri Du Mont , né dans le pays de Liège en 1610 , maître de chapelle du roi de France et abbé de Silly, touchait supérieurement Torgue , et employa le premier , dans ses ouvrages , la basse continue. Louis XIY ayant voulu introduire la symphonie des violons dans la musique d'église j Du Mont qui pensait à peu près comme l'archevêque Hovius , s'en < défendit, en disant que le concile de Trente ne le lui permettait pas.
Henri-Guillaume Hamal , né à Liège en 1685 , élève de Pietkin , chanoine de S^-Materne et maître de musique de l'église cathédrale , fut surpassé par son fils aîné Jean Noël Hamal sur lequel M. de Villenfagne entre dans quelques détails. Le neveu de ce musicien , chanoine de Liège , hérita d'une partie de sou talent, M. de Villenfagne en fait encore Féloge dans ses mélanges de 1810. ,
Ses recherches sur l'ancien évêché de Liège contiennent aussi des renseignemens pour l'his-
LETTllE À H. FÉTIS. 317
tbire de la musique belge. Là figurent encore Francon , puis Jean Gnioz , de Ghâtelet , maître de chapelle de Tempereur Ferdinand I*', mort en 1^89;
Gérard Haym , cbanoine et chantre de Saint- Jean de Liège , mort en 1588 ;
Giles Haym , son neven , décédé en 1647 ;
Albert Gheine ', maître de musique de la collégiale de Saint-Martin ;
Lambert Pietkin , déjà nommé et qui florissait en 1674 ;
Nicolas Renekin , organiste dont Grétry prit des leçons d'harmonie et auquel il décerne l'épitl^ète de célèbre»
Un juif, aussi opulent que magnifique , fonda Topera à Amsterdam b 11 s'appelait François Lopez de Lis '.Vers le même temps les concerts du fameux comte de Bonneval à Bruxelles , attiv raient tout le beau monde et faisaient crever de jalousie le marquis de Prié et ses flatteurs *• '
En 1767 , la chapelle de Farchiduc Charles
I Ârchiv, V, 323.
' 76. VI , 204 , et mon article Bruxelles dans le Dict, de la Conversation.
StB i£lTA£ A H. ltlI9.
âe Lonraine 9 dont la mémoire est encore ai populaire parmi nous , était dirigée par Henri- Jacques de Croeset et composée de huit chaateurs ( deux hautes-contre , deux tailles , deux basses , deux enfans de chœur) ; la partie instrumentale comptait trois premiers violons, trois seconds violons, un alte- viola, un ténor de viole, deux organistes , deux violoncelles, une double basse, deux hautbois et flûteis traversières 9 un fagotiête et basson : à la suite se trouvaient un copiste , deux luthiers^et un souflOieur d'orgues. Il n'étaii dérogé en rien à cet arrangement, en 1789 ^ sous Marie Christine et Albert , excepté que le maître de chapelle était Ignace- Vitzthum , dont le fils a été long-temps timbalier a Topera de Bruxelles, et afiectait un cinisme singulier dans son costuma «t dana ses habitudes.
ûuUierai-je que Goethe £ait Thonne^r à» consacrer une page , irne page entière , au baron de Bagge, gentilhomme né en Âllemi^ifUB , d'autres disent dans le Hainaut , qui vint se fixer à Paris et s'y fit remarquer en affichant une grande passion pour la musique? Non seulement il voulut jouir des talens des arti&tes ; il pré-
UBTTU A M. iftTB; Ut
encore te mêler dam leurs rangs , H y briller 2i soa tour. Mais le succès ne rcpondk pas à son espoir et il appela sur lui hs ridicole que les Parisiens distribuent à si bon compte , et qui 9 ayec eux , ne se fait j^'imais attendre* Diderot représente le nev^ê de Rameau oorame la colonne des concerts de ce malencontreux amateur*
Je ferais gauchement de vous renvoyer a votre compétiteur M. JUesewetter qui a dressé BDe liste fort nombreuse de musiciens belges , quoique les lacunes que je vous ai marquées se trouvent aussi dans son ouvrage , et si je vou«lais être tx>mplet à mon tour, je terminerai» mon tableau par vous , Monsieur, dont le sieur LenAjear, tout fier d'être Montois , a dit avec plus de vérité que de poésie :
It mintensAt quel» tènt mta. câiaiits de am pays Us primai poini U lath éa pxQfMaaar f étii ?
Vous ave« remarqué avec justesse que la décadence du génie belge date de la fin XVI* siècle. CTest alors que 8*efiaeèrent les traits les plus heureux de notre caractère national. Albert et
990 LETTAE A I. liTIS.
Isabelle, dont on fait eficore tout les jours uii éloge , selon moi , très-irréfléchi , eurent mission d'énerver, d'abâtardir, d'aplatir la Belgique. Leur administration affectait une mansué- ;tnde extrême , et le peuple qui sortait des guerres civiles, étonné de se trouver tranquille, se laissait prendre à cette amorce. On extirpa tout doucement ses habitudes démocratiques ; les archiducs couvrirent le pays d*anoblis , de moines et de religieuse» , le commerce s'anéan- «tit peu à peu , et la propriété foncière se vengea en sournoise des humiliations que lui avait fait long-temps essuyer l'opulence mercantile. Le mal cependant ne se fit pas sentir tout d'un coup. Albert et Isabelle étaient effectivement de bmis princes , d'honnêtes gens qui ruinaient le pays au physique et an moral le plus paternellement du monde ; il est même possible qu'ils aient cru , en agissant ainsi , travailler à son bonheur. Mais il n'en est pas moins certain que le Belge subit alors uiie complète métamorphose 1. On ne put cependant lui ravir tous
> Je crois être le premier qui ai émis cette opinion ; j*en ai touché quelque chose au V« vol. du Dictionnaire de la converàation , article Belgique»
liETTRE A H. FÉTIS. 321
ses avantagea : quelques esprits heureux , surtout parmi les artistes , secouèrent de temps à autre Fengourdissement qui pesait sur la nation, et même on les encouragea plusieurs fois. Car, -si ombrageuse que soit la tyrannie , elle prend ' en gré un beau tableau , une belle peinture , elle pensionnera même un algébriste ou un physicien , mais les hommes de lettres en général lui font peur : ces gens -là remuent .trop d'idées , des idées trop vivaces : ils n'ont rien a en espérer^ que des persécutions ou des mépris.
Mais, avant cette époque , lorsque la réferme religieuse et le besoin d'innovations politiques faisaient battre tous les cœurs , tenaient toutes les passions en éveil , n'y eut-il pas une crise piquante pour la musique ? Vous n^en parlez .pas , sans doute parce que cette période n'a pas inspiré de grandes compositions musicales , de savantes partitions. Mais il n'y a pas que le contrepoint qui mérite qu'on l'honore. Ce temps fut celui de la chanson satirique , patriotique ; et de l'hymne religieux conçu dans Tesprit du protestantisme ; c'est alors que retentirent ces airs négligés , rudes , mais faits pour passer de
332 LfilTRE A H. tÉTIS.
bouche en boudie , pour servir d'expression derable à la haine, à ramonr^ au regret, à Tespërance , et que nons chantons peut-être encore à notre insu. Tel était œ chant femeux dont Saînt-lldegonde fut l'auteur et non pas Comhert j et qu'il composa , à ce qu'il parait , sur un air connu. On le lit dans le rarissime volume intitulé, Nieu geuse liede boecxke f sur le frontispice duquel sont gravés remblème et le cri des gueux et qui a été imprimé ii Bruxelles en 1605. On Vj met sur Fair de Chartres ^ Na de PF'yse van Chartres. M. H. Hoffmann qui^ cette année même, l'a réimprimé dans ses Hèrm Belgicœ, a dw[iné en musique un cantique tiré d'un «Souder Liedekene d' Anvers 1540 , espèce de recueil auquel ni vous ni M. £iesev(retter tous ne paraissez attacher de l'importance pour le sujet que vous traitiez* Heureusement M« Hoffmann annonçait en ISdQ que son savant ami M. G. G. F. Vivigens de Winterfeld comblerait cette lacune de l'histoire de la musique. M. J. F. Willems qui a fait des recherches trèsâmportantes sur nos chansons flamandes , nous en promet plusieurs.
Je m'étonne aussi que vous n'ayez dit mot de
UETTRE A M. ffol9. MS
BM oonfrériea, lennens , associatioiis et cldiiii^ bres de rhëtoriqoa dont les exeracet étaient presque toujours mêlés de musique. Et ^ par exemple , il y a plusieurs airs notés dans le re« eueil presque introuvable qui a pour titre :
Dewehdelyckê êoiutien ffetohert by in^/enieme eamponiêten van div^nen eameren van Retho^ rycken.
Enfin nos carillons , musique aérienne , concerta balaucés dans les nuages , étaient-ila indignes d'obtenir une place dans votre mémoire?
Jacob van Eycke les regardait , à bon droit , comme un de nos titres de gloire :
Qoid «ymphoniaeft elarot dioam arto magîttrot ?
Anti<{ii» lant est jàm minor Arcadi».
Qaando etiam celsit oampava è turribuâ mxm
Harmonico nnbes tacta canoro replent Et vaga tam prompto peragont teretitmata mota,
Ut lent» jures fila tonare ohelyt.
Ces vers ont été imprimés &i 16^1.
L'abbé P. J. Heylen , en traitant des inventions des Belges , consacre aux carillona un chapitre particulier y' et j sur la foi de Gramaye , il fait hMineur de leur premier usage à la ville
SM LSTTRE A M. ÏÊTIS.
d*AkMt en 1881 oa 1587. Ortelius prétend que l'inventeHr avait le cerveaa un peu fêlé : n'estce pas (mille pardons , je tous prie ) , nne condition pour exceller dans les arts ?
Anvers n'eut |in carillon qu'en 1540. Ërycia» Puteanus , dont le nom vulgaire.ëtait Henri de Put , et non F'an de Fuite y ce que je tire d'unO' de ses lettres autographes , et qui s'était attaché à cëlëhrer le triomphe du nombre sept dans Bruxelles , y compte en 1641 sept carilkmê.
Horas œre cient dimensns organa septem Organa dedaleia îrrequieta rôtis.
Puteanus , habile musicien lui-même , apprécie ensuite le mérite de cette sorte de musique , et place ces sept carillons à S^-Nicolas^ S^^'-Gudule , la Chapelle , le Sablon , S*«-Marîe-Madelaine , S'-Jean et N.-D. de Finis-terrœ, Il y avait encore un carillon au palais de la cour, et dans la tour dite des Frais perdus. Mais le nombre sept devait régner à tout prix.
' Rombaut a donné une liste exacte de toutes les cloches de S^-Gudule en 1777, y compris celles du carillon. Cet instrument n'est pas le seul dont j'aurais désiré que vous eussiez parlé.
tETTRE A H. FËTIS. ^35
Saurais roulu tous voir disserter sar tous , sur ienrs ressources et leurs effets. Ce sujet est encore presque neuf et par conséquent d'autant plus propre à tous intéresser. Dans une descrip* tion MS. d'Anvers qui est à la bibliothèque de Bourgogne , on dit que l'on conserrait , à la maison hanséatique d'Anvers d'anciens instrumens à vent dont les musiciens d'alors ne sa« vaient point se servir. Burney, en son voyage musical ^ s'entretient assez longuement de cet objet , et indique , parmi les artistes qui en 1775 étaient en réputation pour la fabrication des. instrumens, Yan Peteghem, père et fils, a Gand, et Yan den Elscbe. M. De YiUenfagne loue de son côté Pascal Taskin , de Spa , facteur de clavecins de la cour de France et garde des instrumens de la musique du roi.
Cette lettre écrite à bâtons rompus s'est effroyablement alongée. Yous me direz que je suis de la famille de cet abbé Trublet que Yoltaire a stigmatiisé d'un de ses ineffaçables traits. Que Toulez-vpns? à chacun sa vocation. J'aimerais pourtant mieux ressembler à mon ami Oldbuck , ce bibliomane selon mon cœur, qu'au •ec archidiacre de S*-Halo. Mais ce n'est pas de
TOHI II. 28
396 LETTRE A M. FEnS.
moi qu'il est urgent de s'occuper, c'est dé tous. Monsieur, de ce que vous avez fait , de ce que TOUS ferez encore , et seulement en finissant je m'aperçois bien de la complète inutilité de ma lettre.
J'ai l'honneur , etc.
P. S. Au moment où j'allais tous envoyer ce paquet 9 j'ouvre le septième volume des ^n* naiêê Belgiques des sciences y arts et liitérainresy et j'y retrouve, pp. 287-280, un artide d« M. N. Gomelissen que j'y avais lu avec un vif intérêt en 18âl , mais dont ma mémoire, quî ne rajeunit pas , il s'en faut , avait perdu totalement la trace en 1834. M. Gomelissen, qui sait tant de choses et a tant et si bien obser« vé, nous transmet trois épitaf^es recueillies autrefns à Rome. La première dans l'hospioe de Sainte*Marie delV Anima , est en l'honneur de Mare Houterma» de Bruges , mort en 11SS7 ^ âgé de 40 ans, et proclamé musieùrmin tut fem" poriê fadh princeps. Son épouse^ appelée en
latin •AMHiiui Guvadii», esi citée comniQ mttsices scientisêima. £lle décéda en 1572, âgée de 26 ans.
Le deuxième monument^ dans la même église , fut érigé à la mémoire de Philipjms Qiéimu9 , mort en 1597 , a 70 ans ; enfin le troùièmo , à Sainte-Marie in Campo Santo , est consacré à un certain Chrétien Ameiden , d'Oirschot , dans le Brabant hollandais j leqael finit sa carrière en 1605.
Mais ces personnages étaient-ils des masiciens pratiques ou des compositeurs? Réunissaient-ils ces deux genres de talens ? C'est ce que ces funèbres archives n'apprennent pas ; donc Tobaenration que j'ai déjà faite sur le yague de pareils renseignemens , subsiste»
Les épitaphes de M. Comelissen me rappellent que F. Sweertius , dans ses Epitapkia Jocoséria (Belgica), pag. 323 , rapporte celle de Brevet, soprano et chanteur du roi de France , artiste dont Is^ patrie ne me paraît pas pour cela constatée, carde ces épitaphes en flamand il y en a pour des personnages de toutes les nations. Quoiqu'il en soit , je vous la livre :
P0ST-8CRIPTUK.
Van BiKTiT den capuyn een (sic ) êangêr van de coninch van Vranhrych.
Hier leyt BiftTST den tweede Ampion ( AmphyoD) , Die door syn stem de menschen bewegen con :
Xaer ala Orpheus in aider Troawen haet , Om 4at door hem , liaer niet en qnam rebaot.
Dans ces sortes de recherches , quand on croit avoir tout dit, on trouve encore mille cho» ses à dire. Rombaut , déjà cité , nous donne , tom. I^ pag. 315, l'cpitaphe suivante qui était déjà détruite en 1779, mais qu'on voyait autrefois dans l'église de Ste-Gudule :
PliE MEHO&IiE PbSlTVM :
€antonim egregins Cardoi^ quem duxit in auras llobile Rothomagum , quique hic praestantibus olim SerTÎyit dominis ; nunc sacro cinctus amictA, Clauditur hoc aaxG j sibi cœlicolœ misereccant.
Gesty Cardot de Bellengues
natif de Roan , né en Tan MGGG quatre viqgt et trespassa en Tan MGGGG LXX XXV de Feburies.
Fait tout ce que tu Toudras Ayoir faict , quand tu mourras.
POST-SC&IPTUM. acf
Richard Yan Bellingen , plus connu tous lo nom de Cardot de Bellengues, était françaii comme on vient de l'apprendre j mais chanoine de Ste-Gudule à Bruxelles avant 1460 , dit le même Rombaut , tom. II, pag. 83. Il mourut dans cette ville qm était devenue sa seconde patrie.
Enfin Foppens, d'après Yalère André , fait de Cornélius Graphœus ou De Schryver, un chanteur de première force : canior exitniuê.
Assez , assez, autrement ce poat-acriptum excéderait bientôt ma lettre ; or , ce qui est permis aux jolies femmes qui écrivent à leurs amans, ne se passerait point aux hommes de peine df la littérature.