LEGS Ÿ, EU
Entre les mains d’un anesthésiste expérimenté, disposant d’une instrumentation moderne pour intubation trachéale et oxygénothérapie, le curare est sans danger.
Si l’action du curare entraîne des modifications de la physiologie respiratoire essentiellement par l’immobilisation des muscles, par contre on note parfois des incidents et même des accidents de l’appareil respiratoire. On a noté par exemple des phénomènes de spasme de la musculature lisse des bronches et du larynx — habituellement précoces, au début de l’injection. Ces accidents entraînent alors une dyspnée avec angoisse, pâleur, cyanose, parfois très impressionnantes, mais qui cèdent rapidement, parfois avec des doses plus importantes de curare.
L’atropine, ainsi que les anti-histaminiques de synthèse, paraissent avoir une action préventive, ce qui a fait admettre l'hypothèse que ces effets indésirables sont dus à une décharge d’histamine.
Le maintien d’un volume suffisant des échanges respiratoires est absolument indispensable au cours de toute curarisation. Ce problème est d’autant plus important qu’une réduction du volume respiratoire chez un malade anesthésié et curarisé peut facilement passer inaperçcue et entraîner de graves conséquences.
C’est pourquoi l'emploi du curare nécessite une instrumentation moderne, maniée par un anesthésiste averti.