ACTION SUR L'APPAREIL DIGESTIF
$ Administrés per os, les curares naturels sont à peu près
dénués d'activité. Injectées par voie parentérale, ces substances provoquent une nette augmentation de la sécrétion salivaire; à doses fortes, ils stimulent le péristaltisme intestinal. On a observé, chez le chien tué par le curare, la présence d’une muqueuse hémorragique au niveau du tube digestif.
Ces faits commandent donc une certaine prudence chez les malades présentant un syndrome hémorragique intestinal.
Les curares naturels n’ont pas d’action sur le foie.
7° CURARE ET HISTAMINE.
Plusieurs auteurs ont démontré (LANDMESSER; DRIPPS et COMROE) que les curares naturels possèdent des propriétés histaminoïdes et ont fait un rapprochement entre ces propriétés du curare et celles de la peptone. On aurait même observé de
Pat AIRE
véritables chocs histaminiques, avec broncho-spasme, hypotension, angoisse, dyspnée, pâleur, etc. (SIVADON).
Les anti-histaminiques de synthèse, ainsi que l’atropine, auraient une action préventive de ces incidents; la prostigmine, antagoniste « classique » des curares, ne joue que pour les effets musculaires.
‘Pour combattre de tels accidents, Mc INTYRE conseille de combiner l’action de l’atropine (1 mg), de l’éphédrine (5-10 mg) et de l’ésérine (0,7 mg) en solution isotonique injectée lentement par voie intraveineuse. Parallèlement, la respiration artificielle et l’oxygénothérapie seront immédiatement mises en œuvre.
La plupart des anesthésistes pensent que la curarisation en chirurgie aurait une action anti-choc. Cet effet, mal expliqué, pourrait s'exercer par l’action du curare sur les synapses; peut-être les curarisants auraient-ils même des propriétés antichoc directes ?
N'oublions pas que l’utilisation du curare permet de réaliser une sensible diminution de la dose d’anesthésique. On sait parfaitement que les curares ont une action potentialisatrice envers les anesthésiques, les barbituriques en particulier.
Quel qu’en soit le mécanisme, on note effectivement une nette régression du nombre de chocs post-opératoires chez les malades curarisés (KERN).