SCÈNE XIV
PROSPER, avec son parapluie, MARIANNE revenant sur ses pas.
MARIANNE
Maman ... maman ... Je ne sais plus de quel côté ili ont pris.
PROSPER
Ah ! mon dieu! c est mam'seïle Marianne!
MARIANNE
M. Prosper.
PROSPER
Que c'est heureux!., venez donc là... il y a place pour deux.
MARIANNE
Je vous remercie , M. Prosper... c'est seulement pour laisser passer l'orage.
PROSPER
Comme vous êtes déjà mouillée !
MARIANNE
Et vous donc!., vous allez vous enrhumer.
PROSPER
Oh! un rhurùe est bientôt passé!., et il y a des choses qui durent plus long-temps... mais vous n'êtes pas la assez à couvert... approchez-vous donc.
Marianne, se serrant contre lui.
(Ils s'avancent tous les deux ensemble au bord du théâtre , et restent immobiles y couverts par le parapluie. )
Ah! comme ça tombe... ils seront joliment trempés.
PROSPER
Ils ne seront pas si bien que nous... l'un près de l'autre... tenez c'est drôle... ça fait juste Paul et Virginie avec un parapluie.
MARIANNE
Paul et Virginie!., eh mais ! j'y pense, M. Prosper.. je ne devrais pas rester seule avec vous... après ce qu'on m'a dit.
prosper, très-ému.
Et qu'est-ce qu'on vous a dit ?
MARIANNE
Ah ! mon dieu ! comme vous tremblez !
PROSPER
Ce n'est pas de froid , Mlle Marianne,
Air : Avec vous sous le même toit.
Avec vous , sous le môme toit , Heureux qui peut passer sa vie :
Un autre, hélas! aura ce droit , Moi , je ne le dois qu'à la pluie.
Le beau temps funeste à mon coeur, Va nous chasser de ce refuge; Ah ! je voudrais pour mon bonheur , Voir recommencer le déluge.
MARIANNE
Ah! mon dieu! quel regard, et comme il m'a serré la main.
Air du trio du Calife.
PROSPER
Je n'y tiens plus , ô trouble extrême ,
Vous le voyez , c'est vous que j'aime , ' Oui , je sens là battre mon cœur I Et de tendresse et de bonheur.